SIG : Qui est Lassi Tuovi, le plus jeune coach de Betclic Elite ?

BETCLIC ELITE A 34 ans, le coach finlandais de la SIG dirige certains joueurs plus âgés que lui

Thibaut Gagnepain
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Lassi Tuovi va débuter sa deuxième saison sur le banc strasbourgeois.
Lassi Tuovi va débuter sa deuxième saison sur le banc strasbourgeois. — FREDERICK FLORIN / AFP
  • L’entraîneur de la SIG Strasbourg, Lassi Tuovi, est le plus jeune technicien de la Betclic Elite.
  • « Cette saison, avec Georgi Joseph, j’ai même un joueur qui est plus âgé que moi », s’amuse-t-il.
  • « Il arrive très tôt à analyser les faiblesses de l’adversaire. On le voit à n’importe quel temps mort, toutes ses infos font sens », note l’intérieur de la SIG Léo Cavalière à propos de son entraîneur.

Traits fins, coupe proprette, allure de premier de la classe… Samedi, Lassi Tuovi débutera officiellement une nouvelle saison sur le banc de la SIG. Avec toujours cette étiquette un peu particulière collée au front : celle de plus jeune coach du championnat de France de basket. A 34 ans, le Finlandais fait presque figure d’anomalie dans le paysage de cette Betclic Elite. La moyenne d’âge des 18 techniciens se situe à presque 50 ans, avec un doyen, Jean-Denys Choulet (Roanne), qui va bientôt souffler sa 63e bougie.

« Cette saison, avec Georgi Joseph, j’ai même un joueur qui est plus âgé que moi », s’amuse l’entraîneur strasbourgeois. Ça ne l’inquiète pas, il y est habitué. Voilà près de 17 ans qu’il a rejoint le bord du terrain, après une honnête carrière de joueur – « niveau N1-Pro B », selon lui – stoppée par une blessure au genou. C’était à Lappeenranta, dans son pays natal où il est assez vite devenu assistant en sélection nationale. Pas de n’importe qui, Henrik Dettmann, médaillé de bronze en 2002 alors qu’il dirigeait l’Allemagne.

« J’ai eu un peu de chance car j’avais besoin de compléter mon diplôme et il cherchait un coordinateur vidéo », rembobine avec modestie Lassi Tuovi. Onze ans plus tard, il assiste toujours le maître finlandais en sélection. Plus en club, mais lui doit son arrivée en Alsace. C’était à l’été 2016. « J’avais très vite été impressionné par sa maturité et sa connaissance du basket », se souvient Martial Bellon, président de la SIG, qui l’avait laissé en place malgré la rapide séparation (dès février) avec Dettmann.

« Mais à la fin de la saison, on ne pouvait pas le garder car Vincent (Collet) était aussi pris par une compétition internationale et le staff aurait été trop réduit pour la préparation. Je lui avais dit de signer ailleurs un an et qu’on le reprendrait après », poursuit le président. C’est comme ça que le Finlandais est revenu dans le Bas-Rhin à l’été 2018 après une parenthèse à Gravelines-Dunkerque (« A nice experience »). Pour poursuivre son apprentissage.

« Parfois, on le voit à son visage qu’on va prendre ! »

« Ça a été très spécial de travailler avec Vincent Collet et Henrik Dettmann, soit deux légendes », reprend-il toujours avec le même enthousiasme. « J’ai appris énormément des deux. En termes de technique, le coaching de Vincent est un art alors que Henrik sait parfaitement transmettre son leadership. »

Et lui dans tout ça ? « Il arrive très tôt à analyser les faiblesses de l’adversaire. On le voit à n’importe quel temps mort, toutes ses infos font sens », détaille l’intérieur de la SIG Léo Cavalière en parlant d’un entraîneur « très humble, qui sait responsabiliser le groupe en lui faisant confiance mais qui peut aussi le ton ». « Parfois, on le voit à son visage qu’on va prendre ! », rigole encore le joueur.

« Il est très respecté par son groupe et il sait le fédérer. C’est quelqu’un de très agréable, avec une excellente éducation et un gros bosseur. Il ne compte pas ses heures », prolonge Martial Bellon sans trouver de défaut à son jeune coach. « Si, Lassi doit encore progresser dans son management. Il le sait ! » Peut-être pour emmener la SIG encore plus haut que la saison dernière, sa première complète en tant que n°1 après avoir remplacé Vincent Collet au cours de la précédente.

Lors du dernier exercice, le trentenaire a redonné un certain statut au club alsacien avec deux Final 4, en Jeep Elite et en Ligue des Champions. « On va faire le maximum pour réaliser aussi bien, annonce-t-il. Nous ne sommes pas les favoris mais des challengers. » Ça lui réussit plutôt pas mal depuis presque deux décennies.