US Open : L.A Fernandez et Auger-Aliassime en demies, le tube de la fin d'été est canadien

TENNIS La surprenante Leylah Fernandez et le talentueux Felix Auger-Aliassime, tous deux canadiens, sont en demies de l’US Open.

William Pereira
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Leylah Fernandez et Auger-Aliassime
Leylah Fernandez et Auger-Aliassime — SIPA

Il n’y a plus de Français à l’US Open. En revanche, il y a encore deux Canadiens – Félix Auger-Aliassime et Leylah Annie « L.A » Fernandez – dans le dernier carré, et ils mettent suffisamment le feu à Flushing Meadows pour qu’on en touche un ou deux mots. Le premier cité, déjà connu du public averti, a profité de l’abandon de la hype du tableau masculin, Carlos Alcaraz, pour passer les quarts. Quant à la seconde, sortie de presque nulle part, elle s’est défaite en trois sets de la dernière semi-représentante de la France, Elina Svitolina, ajoutant un autre gros nom à son tableau de chasse à New-York. Ensemble, ils entendent offrir à leur pays le titre le plus important depuis celui des Raptors en NBA,​ il y a deux ans.

FAA, le cap enfin franchi

Voilà quelques années que Félix Auger-Aliassime est annoncé au sommet du tennis mondial. A tel point qu’on pourrait se tromper sur son âge. 23, 24 ans ? Du tout. A seulement 21 ans, le Canadien marche sur les traces d’un illustre aîné puisqu’il est devenu le plus jeune demi-finaliste de l’US Open depuis Juan Martin del Potro, quelques jours après s’être imposé comme le plus jeune à avoir enchaîné deux quarts de Grand Chelem depuis l’âge d’or de l’Argentin​. Il faut d’ailleurs peut-être accorder plus d’importance à cette seconde statistique. Des one shot en majeur, il y en a toujours eu. La régularité, elle, est plus précieuse. Et si Daniil Medvedev, son illustre adversaire au prochain tour, sera son premier gros adversaire de la quinzaine (Alcaraz n’a pas pu lui offrir la lutte tant espérée), FAA aura eu le mérite de ne pas se prendre les pieds dans le tapis jusqu’ici.



L.A Land

On pense ne pas se tromper de beaucoup en pensant que le parcours de L.A Fernandez reste trop léger pour mériter une adaptation hollywoodienne, mais l’histoire reste belle. Leylah Fernandez (un titre ATP 250 à son actif) enchaîne les perfs depuis le début de la quinzaine. Elle a d’abord envoyé Naomi Osaka en congé sabbatique avant de s’offrir une autre remontada, contre Angelique Kerber. Face à Svitolina, c’est elle qui a failli être renversée : après avoir d’abord mené d’un set puis d’un double-break dans la dernière manche, la jeune Canadienne a vu l’Ukrainienne fondre sur elle. Mais elle s’est reprise à temps pour remporter le tie-break et la mise avec. Pour accéder à la finale, il lui faudra sortir un nouveau numéro de son chapeau : se dressera devant elle la tête de série n°2, Sabalenka.

Toni Nadal, l’homme providentiel d’Auger-Aliassime

Les progrès de FAA coïncident étrangement avec l’arrivée d’un renfort notable dans son staff, Toni Nadal. L’oncle de Rafa a débarqué au printemps et se rend disponible à chaque tournoi majeur où il distille ses précieux conseils au Canadien. Ce dernier a évoqué cette semaine l’importance de la présence de l’Espagnol à ses côtés.

« Je pense qu’il m’a aidé à améliorer peut-être la cohérence de mon jeu, la qualité de mes mouvements, ma concentration. Je pense principalement que la grande chose dans l’ensemble est la conviction et la confiance qu’il apporte à moi-même et à toutes les personnes impliquées dans mon équipe. […] Toni nous apporte sa vision, il nous rassure, nous explique que c’est possible, que nous pouvons faire de bonnes choses si nous travaillons dans la bonne direction. »

Fernandez, le double pour garder les pieds sur terre

Etre soudainement sous les feux de la rampe, « les premiers jours, c’était vraiment un peu difficile », a reconnu Fernandez. « J’ai eu beaucoup de chance d’avoir des matchs de double le lendemain, pour garder les pieds sur terre. Maintenant, je sens que je suis un peu plus habituée. » Ça tombe bien, car depuis lundi et son élimination au côté d’Elin Routtlife, elle n’a plus de match en double. « J’ai une super équipe autour de moi qui m’aide à garder la tête froide et à ne penser qu’à mon prochain match, sans m’attarder sur toutes les bonnes choses qui m’arrivent », a-t-elle assuré, laissant l’impression qu’au fond ce n’est pas si difficile.