JO 2021 – Natation : « A la fin, j'ai fait hara-kiri »... Grousset pas trop déçu de sa médaille en chocolat sur 100 mètres

JEUX OLYMPIQUES Le nouvel espoir du sprint tricolore n’était pas si loin du podium sur la course reine

Julien Laloye
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Maxime Grousset juste avant le départ de la finale du 100m à Tokyo.
Maxime Grousset juste avant le départ de la finale du 100m à Tokyo. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Sentiments mêlés dans l’Aquatics center de Tokyo pour la natation française. Toujours pas de trace d’un podium et la perspective de plus en plus angoissante des premiers Jeux sans médaille depuis 1996 qui se rapproche, mais une relève qui n’est pas si loin du gros coup. Ainsi, Maxime Grousset, dernière Formule 1 sortie des stands de la Fédé sur 100 mètres, l’épreuve phare de la discipline.

« A la fin, j’ai fait hara-kiri »

Qualifié d’un poil de dixième pour la finale, le Calédonien a choisi la stratégie « à fond à fond à fond » dès le premier 50, entretenant jusqu’aux 75 mètres l’idée d’une troisième place exceptionnelle pour un garçon de 22 piges encore loin du niveau olympique il y a six mois. Puis Chalmers, aspiré par la loco Dressel, l’a déposé, comme le Russe finalement médaille de bronze. « J’ai regardé le tableau, j’ai vu 4e, j’étais très content, a réagi le nageur originaire de Nouvelle-Calédonie. J’étais un peu frustré d’être si près du podium mais pour aller chercher la 3e place, il aurait fallu que j’élève mon niveau d’un cran et c’était compliqué. »

L’idée derrière ça ? Auteur de son deuxième chrono sur la distance (47’72), deux jours après avoir explosé son meilleur temps en série (47’52), Grousset n’a pas encore la nage pour trouver le fameux deuxième souffle des 75 mètres, celui qui différencie les très gros champions des autres. « On s’était dit avec mon entraîneur [Michel Chrétien] qu’il fallait que je tente quelque chose, j’étais à l’extérieur donc je suis parti à fond, très fort. A la fin c’était normal, on faisait hara-kiri on était au Japon. J’ai craqué et c’est ce qui fait que Chalmers me dépasse largement sur la fin. Parce que j’ai plus d’énergie ».

Une marge de progression importante

Heureusement, l’affaire se travaille, et Alain Bernard explique par exemple dans l’Equipe du jour qu’il a longtemps attendu le déclic de ce fichu dernier quart de parcours. Aucun nageur tricolore n’était allé si haut en finale olympique depuis Yannick Agnel en 2012, preuve que le potentiel est là.  « J’ai pu me confronter à eux, et je crois que je fais partie des meilleurs maintenant. Je suis super fier de moi, il me reste un tout petit cran pour passer au-dessus et faire des podiums, ce n’est rien ». Et pourquoi pas dans le 50 m nage libre, dans lequel il est aussi engagé à Tokyo ? Le garçon a surtout travaillé le 100m, mais à la vitesse où il descend les chronos… On saura dimanche.