JO 2021 - Beach-volley : Service haut dans le ciel, effets de malade et réception compliquée... C'est quoi le skyball ?

JEUX OLYMPIQUES L'Italien Adrian Carambula est un spécialiste du service dit skyball

Antoine Huot de Saint Albin
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L'Italien Adrian Carambula est le spécialiste du skyball, ici lors des JO de Rio, en 2016.
L'Italien Adrian Carambula est le spécialiste du skyball, ici lors des JO de Rio, en 2016. — Marcio Jose Sanchez/AP/SIPA

Du sable, des shorts, un ballon, un filet, du soleil, un DJ et des pulsations cardiaques (très) élevées. C’était, un peu, le résumé de nos connaissances en beach volley avant le début de ces Jeux olympiques de Tokyo. Alors, lorsqu’on a vu la vidéo du service de l’Italien Adrian Carambula circuler sur les réseaux sociaux, on a, comme beaucoup, esquissé un sourire. Ça nous a rappelés nos plus belles heures de volley à l’UNSS, à essayer de toucher le plafond du gymnase en servant.

Mais, si on est devant notre poste de télévision et Adrian Carambula au parc Shiokaze, c’est qu’il y a une raison. « On l’appelle Mister Skyball sur le circuit », nous avoue, en parlant de l’Italien, Selim El Heni, international tunisien qui évolue à Paris. « Skyball » ? Oui, comme le nom de ce service si spécial où on envoie le ballon à des dizaines de mètres de hauteur, proche de Thomas Pesquet, pour que le réceptionneur soit dans le pétrin le plus total.

Du vent, du soleil et c’est gagné

« C’est un service vraiment spécial où tu tapes tellement haut que la trajectoire du ballon est difficile à lire pour le réceptionneur, développe El Heni. Carambula met énormément d’effets, ça rend son service très efficace, très dur à interpréter. Si tu joues le match à midi, avec le soleil vraiment haut, ça rend encore plus difficile à réceptionner, le positionnement des bras est compliqué. Et si tu rajoutes du vent… L’efficacité de ce service dépend aussi des conditions météo. »

Sur le premier match de Carambula et des Italiens, pas de soleil à l’horizon, mais des spots de lumières capables de vous aveugler en moins de deux secondes. Un ballon qui passe dans la lumière et hop, une éclipse. Et, pour le vent, rappelons qu’un typhon a perturbé le déroulement de certaines épreuves. Pour le plus grand bonheur de l’Italien, sûrement.

Un toucher de balle particulier

Sur le circuit, Adrian Carambula est l’un des seuls joueurs à utiliser régulièrement ce type de service. Le seul, aussi, à réaliser deux-trois aces par set (ce qui est très rare en beach volley) grâce à ce « skyball ». « Il ne fait pas ce type de services pour le fun, il lui arrive de l’utiliser pour des balles de set, quand le match est très serré », reprend le Tunisien. Comme à 19-19, dans le deuxième set face aux Américains, après avoir perdu la première manche. « Pour le réceptionneur, c’est compliqué. Tu te mets sous le ballon, mais vu que le ballon tourne énormément, il peut atterrir deux mètres derrière toi. »

Evidemment, novices que nous sommes, on s’est posé la question : si c’est aussi efficace, pourquoi d’autres joueurs n’utilisent-ils pas cette technique si spéciale au service ? « La difficulté, c’est la constance, répond Selim El Heni. Chaque joueur international pourrait le faire de temps en temps, mais il faut vraiment apprendre à mettre beaucoup d’effet. En France, on a deux trois joueurs qui le font, mais ne lancent pas aussi haut que l’Italien. Carambula a en plus un toucher de balle très particulier. »

Alors, les autres se contentent des moins spectaculaires mais tout aussi efficaces services flottants ou services tennis. A ce petit jeu, c’est un Norvégien, Anders Moll, et un Brésilien, Evandro, qui sont les meilleurs, capables, eux aussi, « de trouver des angles improbables », conclut Selim El Heni. Vous n’avez pas le monopole du ciel, Mr. Skyball.