JO Tokyo 2021 : La fin d’une époque dorée pour le relais français de natation

NATATION Pour la première fois depuis Athènes, les nageurs tricolores ne sont pas sur le podium du relais phare de la compétition, le 4x100m

Julien Laloye
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Florent Manaudou et les Bleus n'ont pas pu monter sur le podium du 4x100m à Tokyo.
Florent Manaudou et les Bleus n'ont pas pu monter sur le podium du 4x100m à Tokyo. — Insidefoto/Sipa USA/SIPA
  • Le relais français du 4x100m restait sur trois médailles de rang aux Jeux.
  • Le quatuor composé de Grousset, Manaudou, Mignon et Mettela, a terminé 6e de la finale à Tokyo.
  • Un résultat qui marque à la fois la fin d'une époque et le début de la reconstruction.

 

De notre envoyé spécial à Tokyo,

C’était bien ce que ça a duré. Et ça a duré un bail. Trois breloques olympiques de Pékin jusqu’à Rio, et au milieu, une série d’invincibilité historique dont il faut bien prendre la mesure, maintenant qu’il fait froid dehors. Quatre ans sans perdre une finale, trois championnats d’Europe, deux championnats du monde, et le titre de Londres, en 2012. On se souvient encore des journalistes américains venus féliciter Alex Boyon pas loin aux commentaires. « You deserve it guys ». La plus grande nation du combo bonnet/slip de bain qui ploie sous le joug d’un petit pays d’irréductibles nageurs. Le relais sur le podium à vie, c’est fini, mais interdit de penser que nous ne gagnerons plus jamais.

Un départ canon de Grousset a fait espérer

Pour tout dire, lundi matin à l’Aquatic Center de Tokyo, notre petit cœur cocorico y a cru jusqu’à mi-parcours, et même un peu plus, avant la petite désillusion finale (6e place). Maxime Grousset, la dernière porsche sortie du garage du sprint français, ne s’est pas démonté dans la vague de l’ogre Dressel, bouclant le premier passage en deuxième position. « J’ai senti que je le rattrapais, il était dans le dur sur la fin ». Voyant ça, Florent Manaudou, qui aborde ces jeux avec une décontraction du tonnerre, s’est mis en mode vintage, lui qui ne charbonne plus sur l’aller-retour depuis des lustres. Un chrono en 47.6, canon au vu de ses derniers standards, pour rester dans le coup. « Honnêtement, je ne pas pensais pas que Max allait être aussi proche de Caleb, donc je voulais donner le relais pour que Clément se cale dans la vague de l’Américain ».

Clément, c’est Clément Mignon, médaillé d’or à Londres, sorti de sa brève retraite pour un dernier challenge. Après son relais, la France a rétrogradé un peu, sans plus. Mais Mettela n’est plus dans l’aspiration, et le Guyanais, en galère avec son épaule depuis deux ans, n’a pas la force de revenir. « Le point faible, c’était moi. Vous pouvez cracher sur moi, je vous le permets mais pendant un jour ou deux pas plus ! Je n’ai jamais cru que je reviendrais au haut niveau pendant un an. J’étais au fond du gouffre, limite envie d’arrêter de nager. Forcément, je n’ai pas trop travaillé le crawl. »

« On a recréé une dynamique »

Ce n’est pas vraiment le délire des copains, plutôt contents d’avoir remis le relais 4x100 sur la carte après trois années difficiles. « On aurait pu accrocher un petit podium donc il y a un côté amer, estime Mignon. Mais après Rio, le relais s’est désagrégé, il a battu de l’aile et au final, en quatre à six mois, on a recréé une dynamique plus que correcte​ mais qui ne suffit pas pour ramener une breloque. On est aux balbutiements, ça ne peut qu’aller plus vite ». Même sentiment du côté de Manaudou, pas plus affecté que ça d’avoir vécu sa première finale olympique sans carotte au bout.

« Franchement, on n’a pas de regrets à avoir. Je crois qu’on a déjà fait 3.11 pour être champions du monde, à Barcelone ou à Kazan. Ce relais on le disait mort depuis deux/trois ans, on est en finale olympique, on se battait pour une médaille, c’était bien. Je suis fier des trois gars qui l’ont fait avec moi ». On s’en contentera.