Tour de France : Cette double ascension du Mont Ventoux a fait mal, même à l’intouchable Pogacar

TOUR DE FRANCE La double ascension du Mont Ventoux lors de la 11e étape du Tour de France a fait très mal au peloton, même à l’intouchable maillot jaune Pogacar

Adrien Max
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La double ascension du Mont Ventoux a fait mal au peloton.
La double ascension du Mont Ventoux a fait mal au peloton. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • La 11e étape du Tour de France entre Sorgues et Malaucène voyait le peloton gravir deux fois le Mont Ventoux. 
  • Cette double ascension a fait très mal à de nombreux coureurs, dont le maillot jaune Pogacar. 

De notre envoyé spécial à Malaucène,

Elle s’annonçait difficile, elle a fait mal. La 11e étape du Tour de France entre Sorgues et Malaucène (Vaucluse) a été marquée par la double ascension du Mont Ventoux. Et le géant de Provence a causé des dégâts.

Julian Alaphilippe a fait très forte impression en passant en premier le sommet, et en réalisant une superbe descente dans laquelle il a été flashé à près de 100 km/h. Mais c’était sans compter cette deuxième ascension qui lui a été fatale. Il s’est fait rattraper par le groupe maillot jaune avant même d’atteindre le chalet Reynard, avant d’être largement distancé dans la fin de l’ascension tant il semblait à l’arrêt. Pas étonnant quand on se souvient que le Français s’interrogeait sur cette fameuse double ascension la veille.

Légère défaillance de Pogacar

Plus étonnant, la légère défaillance de Pogacar, intouchable jusqu’alors. Le jeune Vinedegaard a placé une attaque dans la partie la plus pentue du Ventoux, creusant jusqu’à 30 secondes d’écart avec le maillot jaune au sommet. « C’est intéressant, Pogacar a montré depuis le début qu’il avait une jambe au-dessus de tout le monde. Tout le monde s’attendait à ce qu’il attaque à 4 km du sommet et pour prendre 1 minute sur ses adversaires, ça n’a pas été le cas. C’est lui qui en a perdu au sommet », a analysé Julien Jurdie, directeur sportif d’AG2R la mondiale. Même si le temps perdu au sommet a finalement été récupéré dans la descente vers Malaucène.

Le coureur de Julien Jurdie, Ben O'Connor, second au classement général avant le début de cette étape, a lui subi de plein fouet la double ration de Ventoux. « Au pied du Mont Ventoux, les sensations étaient excellentes. On était vraiment confiants, le message c’était "Ben est super". On s’est dit qu’on allait passer un beau final. Les kilomètres passaient, c’était toujours correct et d’un coup, panne de jambes. Et là, il restait 10 km, le scénario s’inversait, on s’est dit que ça allait être long jusqu’en haut. On s’attendait même à un scénario pire », a expliqué le directeur sportif. Ben O'Connor glisse finalement à la 5e place, avec près de six minutes sur le maillot jaune.

« C’est le parcours, il faut s’adapter »

Et ne parlons pas de David Gaudu, victime d’une énorme défaillance, et de vomissement à l’arrivée. « La double ascension ? Si on est devant c’est une bonne idée, si on est derrière c’est une mauvaise idée. C’est le parcours, il est comme ça, il faut s’adapter. Que vous le montiez deux fois, ou le Ventoux, et un autre gros col… Ça fait des belles images. Le parcours est tel qu’il est, il faut passer les difficultés. On n’a pas réussi aujourd’hui, c’est comme ça », s’est contenté Marc Madiot.

Le seul a avoir finalement avalé cette double ascension du Ventoux sans trop de difficulté est le belge Wout Van Aert, impressionnant lors de la deuxième ascension, la plus difficile. Il a remporté cette 11e étape avec plus d’une minute d’avance sur le deuxième, le français Kenny Elissonde.