FC Nantes : Ce qu’il faut retenir du numéro d’équilibriste de Franck Kita

FOOTBALL Durant une heure, le fils du président Kita a balayé tous les sujets d’actualité du club, et même les plus brûlants

David Phelippeau
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Franck Kita, directeur général délégué du FCN.
Franck Kita, directeur général délégué du FCN. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
  • Franck Kita a fait la conférence de presse de reprise ce jeudi matin.
  • Le directeur général délégué du FCN n’a éludé aucun sujet, même les plus chauds.

Il se savait attendu sur de nombreux sujets. Alors qu’une petite dizaine de supporteurs (avec une banderole « On ne lâchera jamais, Kita out ») faisait face à cinq ou six gendarmes à l’entrée de la Jonelière, Franck Kita, le directeur général délégué du FC Nantes, s’est présenté devant une vingtaine de médias. « Cela me fait plaisir de vous voir… », a-t-il lancé d’emblée, avec le sourire. Pendant près d’une heure, sans jamais vraiment s’agacer, en « dribblant » les questions parfois aussi bien que Ludovic Blas dans les petits espaces et en répétant à l’envi que le club n’était pas à vendre, FK a fait le point sur tous les dossiers chauds et même les brûlants.

La contestation grandissante, il n’en a cure

Comme il l’avait déjà affirmée, Franck Kita affirme ne pas se préoccuper de la contestation grandissante. La banderole en arrivant à la Jonelière ? « C’est un petit mot de bienvenue. Je n’en ai compté que quelques-uns qui contestent, ce n’est pas grave. Je suis très content d’être là aujourd’hui. Il y aura toujours des gens insatisfaits. […] C’est la vie, il y a des problèmes, il faut les affronter. » Le DG ne craint pas pour sa sécurité, même lors des prochains matchs de préparation qui se tiendront dans la région. Avec un poil d’arrogance, il a lancé : « Si j’ai envie d’aller aux matchs amicaux, j’irai. Si je veux me balader en ville, j’irai. […] C’est notre quinzième année ici, il n’y a pas grand-chose qui peut nous faire peur. »

Franck Kita serait « très triste de partir »

Mais quel plaisir peuvent-ils prendre à poursuivre dans un club où ils sont honnis par de plus en plus de gens ? « Moi, j’adore ça [le club, le foot]. Le président aussi. On a ça, en nous, c’est incroyable. Cela me rendrait très triste de partir, car j’adore ce club profondément. On est passionnés. Franchement, dans une saison comme la dernière, on voit les vrais hommes. C’était incroyable ! On ne peut vivre ça nulle part ailleurs. Franchement, je vais vivre ça où ? »

Il a confié ne pas du tout se « projeter ailleurs » [qu’au FCN]. Un peu maso non ? « On n’est pas maso, on est passionnés ! » Avant d’en faire (un peu) beaucoup : « J’adore le club car avec toutes les émotions vécues depuis quinze ans, ça devient passionnel, charnel… »

L’hommage à Kombouaré pour la saison passée

Avec Antoine Kombouaré sur le banc, le FCN, qui s’est maintenu sur le fil en barrages, a réalisé une jolie remontada (7e de L1 sur la période avec le Kanak) « Une saison comme ça, on en vit une ou deux fois dans une vie. Antoine [Kombouaré] est arrivé et il a repris les choses en main, il a aligné les astres. » Interrogé deux fois sur le fiasco Raymond Domenech, FK s’est juste contenté de dire : « On aurait peut-être dû prendre Antoine Kombouaré plus tôt… »

Il fait amende honorable sur le déterrement de cercueil

Le DG du FCN est revenu sur l’épisode du cercueil avec l’inscription FC Kita dessus, qui avait été enterré par des supporteurs, puis déterré une semaine après par des collaborateurs des Kita et des salariés. « Il y a eu des erreurs des deux côtés. Il y a eu déterrement, mais l’enterrement... Vous ne vous rendez pas compte de l’impact que cela peut avoir sur certaines personnes de voir son nom sur un cercueil. »

Avant de reconnaître que le déterrement n’était pas l’idée du siècle. « Mais, si on veut que les choses se calment, il faut faire un mea culpa. Je m’excuse, le président s’excuse, on a fait des choses pas bien, c’est évident, ou on n’aurait pas dû faire certaines choses. Mais essayons d’être constructifs, d’aller de l’avant, le club n’est pas à vendre, on va rester là, autant que ça se passe bien. »

Un budget en baisse la saison prochaine

Lundi, le club va passer son grand oral devant la DNCG. « Comme d’autres clubs, on a contracté des prêts, a confié FK. Mais entre les supporteurs qui ne peuvent pas venir au stade, la situation liée au Covid-19… le budget a sensiblement baissé. On est passé à 65 millions d’euros de budget contre 75 la saison dernière. Il faudra faire attention un peu plus à tout. Mais comme on ne fait jamais de folie, rien ne va changer. » Le DG a avoué que le club avait perdu « de 40 millions d’euros » cette année.

Il tresse des lauriers à Mogi Bayat

Mogi Bayat, agent belge, est le directeur sportif officieux du club depuis plusieurs années. « Tous les clubs ont un réseau préférentiel d’agents. C’est un excellent agent qui a un grand réseau. Mais sur les derniers joueurs qu’on a fait venir [Cyprien et Descamps], ce n’est pas lui l’agent. » FK a parlé de Mogi « comme un ami qui travaille bien, qui nous a pris de bons joueurs et qui en a vendu [certains] à un bon prix ». On Avant de conclure : « Vous lui donnez trop d’importance. »

Randal Kolo Muani ? « On ne souhaite pas le vendre »

L’attaquant nantais, qui jouera avec les espoirs les JO à la fin du mois, ne veut pas prolonger et arrive en fin de contrat dans un an. Le joueur, formé au FCN, veut partir en Allemagne (Francfort). La direction du FCN en demanderait beaucoup trop pour Randal Kolo Muani (au moins 12 millions d’euros maintenant), libre de signer où il veut dans un an… Une surenchère qui pour l’instant aurait découragé les prétendants. Franck Kita : « C’est un très bon joueur. On ne souhaite pas le vendre, on fait tout pour qu’il reste. Mais c’est le football, le mercato, tout est possible. Si on n’arrive pas à le prolonger, autant qu’il reste encore un peu… » Quitte à le laisser partir libre dans un an, vraiment ?

Il affirme que « le club n’est pas à vendre »

« C’est notre quinzième saison et on me pose plusieurs fois par an des questions sur la vente. Et à chaque fois, il ne se passe rien. Je ne regarde rien, je ne suis pas vendeur. Après on est dans le foot, on peut toujours être à l’écoute. Encore faut-il qu’il y ait une offre intéressante. Et puis, on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on aura après… »

Quant au Collectif nantais [société créée dans le but de racheter ou de s’associer pour un futur rachat] de Philippe Plantive, dirigeant de Proginov, et Mickaël Landreau, ex-gardien de but du FCN, Franck Kita n’en pense pas grand-chose, mais n’en dit pas de mal non plus. « Je ne regarde pas ce qui se passe, je ne lis pas les interviews. Mais c’est bien pour le club qu’il y ait autant d’amoureux du FC Nantes. Le reste, ça ne me fait ni chaud ni froid. »