FC Nantes-TFC : Comment Antoine Kombouaré a réussi son opération sauvetage chez les Canaris

FOOTBALL Débarqué début février à la Jonelière pour sauver un club moribond, le technicien kanak a réussi son défi

David Phelippeau
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Antoine Kombouaré.
Antoine Kombouaré. — AFP
  • Le FC Nantes, 18e de Ligue 1, a réussi à se maintenir en Ligue 1 après les barrages gagnés contre Toulouse.
  • Antoine Kombouaré, arrivé en février pour sauver le club, a réussi un défi qui était loin d’être gagné d’avance.

« Quel que soit le contexte j’ai envie de sauver le club. Je ne connais pas le résultat, mais en tout cas, j’ai très envie. » Lors de sa présentation à son arrivée le 11 février, Antoine Kombouaré martelait sa détermination à maintenir un FC Nantes, 18e, et déboussolé après le passage éclair et médiocre de Raymond Domenech sur le banc. Un salarié raconte les premiers mots entendus dans la bouche de Kombouaré. Ils font écho à ceux prononcés devant la presse. « Je dois tout à ce club, je suis né ici. Je me dois de le maintenir. On va le faire. »

Et pour y arriver, le technicien, âgé de 57 ans, choix numéro 1 de Franck Kita et Philippe Mao, le directeur technique du club, marque d’emblée son autorité. Lors de la première séance d’entraînement, il est acerbe avec les joueurs arrivés en retard en raison de la pagaille provoquée par la neige qui s’est invité exceptionnellement sur Nantes ce jour-là, et par les embouteillages dus à la présence d’Emmanuel Macron dans la cité des ducs. Alors que son prédécesseur n’attachait pas d’importance à un retard de deux ou trois minutes à l’entraînement, Kombouaré ne transige pas avec ça. « Il a apporté une énorme rigueur qui manquait à ce groupe… » , reconnaît un proche du vestiaire.

Kombouaré intransigeant avec la discipline

Peu de temps après son arrivée, il réduit son groupe et écarte Basila, Ndilu et Augustin qu’ils ne jugent pas au niveau. Les trois sont priés de s’entraîner en réserve jusqu’à la fin de la saison. Il tranche aussi dans le vif un mois après en renvoyant aussi en réserve Batista Mendy parce qu’il n’assiste pas à un repas obligatoire organisé en l’honneur de l’anniversaire d’Abdoulaye Touré. Un autre proche du vestiaire : « Kombouaré prône le respect de l’institution et l’intérêt collectif. Dès son arrivée, il a parlé de trois axes forts : travail, professionnalisme et respect. Si un joueur ne lui semble plus dans le projet, il le dégage… » Comme il l’a fait avec Kader Bamba, qui aurait eu des mots acerbes vis-à-vis de la qualité de ses séances. Le milieu offensif s’est ensuite entraîné pendant une semaine avec la réserve et n’est jamais revenu dans le groupe pro en match. Certains cadres ont bien essayé de dissuader le coach de se priver de Bamba, Kombouaré est resté inflexible.

« Kombouaré a su secouer le cocotier aussi… », estime cet habitué du vestiaire nantais. Il a su transmettre « sa vitalité », « sa rage de vaincre » et « son envie de laisser ses tripes sur le terrain ». Dès le premier match (victoire 1-3 à Angers), son dynamisme devant son banc tranche tout de suite avec la passivité de Domenech ou Gourcuff. Même s’il ne se matérialise pas vraiment au classement, le redressement des Canaris sera spectaculaire après son arrivée (6 victoires avec le Kanak en 14 journées contre 3 succès seulement avec les trois autres coachs en 24 journées). De la 25e journée (succès à Angers) à la 38e journée, le FCN de Kombouaré se classe septième de L1 avec une fin en boulet de canon (quatre succès sur les cinq derniers matchs). Kombouaré est un sanguin. Son aversion pour les défaites le fait déraper après un revers (1-2) contre Nice à la Beaujoire début avril. Excédé après le match, il finit par défier physiquement Nicolas Pallois, qui lui demande de se calmer. Il faut l’intervention notamment de joueurs pour que les deux hommes n’en viennent pas aux mains.

Il a trouvé son onze au meilleur moment

Arrivé à Nantes avec une étiquette de pompier de service qui lui avait valu, notamment à Toulouse (octobre 2019-janvier 2020), des sarcasmes sur les réseaux sociaux et dans certaines émissions de grande écoute (Bande de confs sur Canal+), le Kanak tente de s’affranchir de cette image dès la première conférence de presse en refusant de prononcer le mot « opération commando ». « Son » FCN ne sera finalement pas vilain à regarder jouer, surtout lors des cinq ou six derniers matchs. Le 4-4-2 (ou 4-2-3-1) qu'il concocte et reconduit chaque week-end stabilise l’équipe sur le plan défensif et donne plus d’allant offensif. Kombouaré sort Touré et Girotto du onze et fait entrer Chirivella et Castelletto à leurs places. Louza est replacé à son poste de milieu relayeur à côté de Chirivella. Il utilise mieux les qualités de vitesse de Kolo Muani en l’associant à Coulibaly. Malgré un changement peut-être hasardeux lors de la défaite de Montpellier, Antoine Kombouaré a su donner de la cohérence à l’expression collective des Canaris durant sa mission. Jusqu’à ces barrages gagnés et cette place conservée en Ligue 1… sur le fil. Dimanche à l’issue du match retour, le capitaine Alban Lafont a rendu hommage à son entraîneur : « Je pense que sans Kombouaré, on ne serait pas arrivé à se maintenir ! »