FC Nantes : C’est quoi ce « collectif nantais », avec notamment Landreau, qui projette de participer au rachat du club ?

FOOTBALL Ce vendredi, Philippe Plantive, chef d’entreprise, et l’ancien gardien Mickaël Landreau ont présenté le « collectif nantais », une société destinée à participer à un rachat du FC Nantes

David Phelippeau

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Mickaël Landreau et Philippe Plantive, dirigeant de Proginov.
Mickaël Landreau et Philippe Plantive, dirigeant de Proginov. — D.P. / 20 minutes
  • Ce vendredi, le « collectif nantais », une société destinée à participer à un rachat du FC Nantes, a été présenté par Philippe Plantive, dirigeant de Proginov, et Mickaël Landreau, ancien Canari.
  • Soit le « collectif nantais » rassemble assez d’argent pour discuter seul avec Waldemar Kita, soit il trouve un nouvel investisseur à qui s’associer.
  • Le président Kita n’a pas souhaité faire de commentaires et a affirmé qu’il « n’est pas vendeur à ce jour ».

Ils planchent sur ce projet « depuis six mois ». Ce vendredi, au siège de son entreprise, à la Chevrolière, Philippe Plantive, dirigeant de Proginov, a présenté le « collectif nantais », un projet de rachat du FCN. Pendant plus d’une heure et demie, accompagné de l’ancien joueur Mickaël Landreau et de Thibault François, président de Fastea Capital, a d’abord exposé son projet puis a répondu aux différentes interrogations. Retour sur cette conférence de presse auquel une trentaine de journalistes étaient présents.

C’est quoi ce collectif nantais ?

Le « collectif nantais », c’est une société destinée à participer à un rachat du FC Nantes. Philippe Plantive, patron de Proginov, et Mickaël Landreau, ancien joueur, sont à l’initiative de sa création. Fabrice Bocquet, ancien directeur général de Lorient, dont le nom n'est jamais sorti, les accompagne. « Les supporteurs sont presque à la genèse de ce projet », reconnaît Plantive. Moqués et malmenés par certains fans nantais depuis plusieurs mois, certains sponsors du FCN ont décidé il y a quelques mois de réfléchir à une « alternative » à Waldemar Kita, actuel propriétaire du club.

Le dirigeant de Proginov, porteur du projet, a fait part au président nantais en février de sa démarche. Pour des raisons juridiques, le ticket d’entrée au collectif a été fixé à 100.000 euros minimum, et les sommes seront placées sous séquestre auprès du Crédit Mutuel, banque partenaire du club. Plus de 2,5 millions ont pour l’heure été récoltés. Un business plan sur 5 ans a été élaboré. « Objectif : 20 millions d’euros ! », avoue Plantive.

Qui en fait partie pour l’instant ?

Philippe Plantive a énuméré les entreprises entrant dans le fonds local d’investissement : Millet Menuisier (sponsor du FCN), Artipole (sponsor du FCN), Proginov (sponsor du FCN), Prolaser (La Boissière-des-Landes en Vendée), LNA Santé (sponsor du FCN), Beillevaire (maître fromager), Fastea Capital, avec le soutien de Piveteau Bois et du Crédit Mutuel. D’autres sociétés pourraient se joindre à cet élan local, notamment des vendéennes. « Je suis souscripteur de cette collecte de fonds, précise Mickaël Landreau. Avec d’autres anciens joueurs comme Nicolas Ouedec, Nicolas Savinaud, Nicolas Gillet, Frédéric Da Rocha et Christophe Pignol. »

C’est quoi son objectif ?

L’objectif premier est résumé par Philippe Plantive : « Il est d’appuyer un projet de succession à Waldemar Kita. On ne peut pas imaginer être à la tête d’un club et être en opposition avec ses supporteurs et avec les élus du territoire. » Le dirigeant de Proginov poursuit : « Soit nous avons récolté suffisamment d’argent pour discuter seul avec Waldemar Kita, soit on fait en sorte que Waldemar Kita trouve un nouvel acquéreur, mais ce dernier doit savoir que s’il arrive en terres nantaises, il y a une union sacrée qui l’attend composée des supporteurs, de clubs amateurs d’entreprises et de collectivités. »

Le « collectif nantais » veut « sortir des schémas traditionnels du foot et revenir à ce qu’on faisait avant ». Landreau, qui a déjà beaucoup travaillé sur l’organigramme et la future organisation sportive du club, insiste sur l’esprit de ce projet : « Actuellement, ce n’est pas le FCN que j’ai connu. Ce qui me rend malheureux, c’est que le club ne peut pas être que de l’argent ou un homme. […] Aujourd’hui, notre responsabilité est de faire un projet cohérent en lien avec une formation, des valeurs de collectif, de jeu. Notre projet sportif sera autour de ça. »

Leur projet est-il réaliste ?

Certains diront que c’est une pure utopie, d’autres seront charmés. En attendant, Philippe Plantive, qui n’a plus parlé à Waldemar Kita depuis février, lui a lancé plusieurs appels pendant la conférence de presse. « Waldemar, si tu nous entends, on veut te dire que ce projet est sérieux, à quoi bon continuer à investir à perte dans le FCN ? » ou encore « on veut dire à Waldemar Kita que ce projet, c’est bon pour lui, le foot français est dans une impasse, et lui, il a une pression énorme. Il a mon téléphone, il peut m’appeler. »

Avec plus de 2,5 millions d’euros récoltés par le « collectif nantais », les responsables du projet sont forcément loin du compte. Même si le dirigeant de Proginov rêve d’une solution seulement locale («il y a une belle utopie pour nous, c’est que le territoire s’autosuffise ») – ce qui semble extrêmement irréaliste –, on voit mal comment cet unique regroupement local pourrait arriver à racheter le FCN. Seule la venue d’un investisseur mastodonte, associé au « collectif nantais », pourrait permettre de rassembler les fonds suffisants. Mais à entendre Plantive, il faudra que ce poids lourd s’accommode de l’élan local. « On ne veut pas qu’un autre projet hors-sol s’installe au club. On ne vendra pas notre âme au diable au prétexte qu’un investisseur aurait de l’agent. Nous n’irons pas dans une équation pourrie. »

A ce sujet, Landreau, ayant davantage conscience des réalités économiques du football actuel, s’est montré plus prudent et pragmatique : « Un investisseur, il faut aussi le respecter. Il investit pour un projet avec des finances saines et veut un retour sur investissement. Tout cela se discute. Il faudra coconstruire avec lui, c’est-à-dire écrire une histoire en commun pour qu’on évite le cas de Bordeaux [King Street, le propriétaire, s’est désengagé du club]. »

Waldemar Kita est-il vendeur ?

Le président nantais n’a forcément pas intérêt à dire qu’il veut vendre un club duquel il est président depuis quatorze ans. Son entourage nous a fait parvenir, ce vendredi après-midi, un communiqué dont les contours étaient prévisibles : « Waldemar Kita n’a pas de commentaire. Il est et reste le propriétaire du FCN. Il a encore beaucoup de projets et d’ambition pour ce club auquel il est très attaché. On remarque qu’il n’y a de toute façon à cette heure aucune offre de reprise sérieuse, et de toute façon, il n’est pas vendeur à ce jour. » Mais peut-être demain alors ? Sans doute. En coulisses, las, de plus en plus isolé et poussé par certains de ses proches à lâcher, WK, qui ne porte pas dans son cœur Mickaël Landreau, est bien à l’écoute si une offre sérieuse atterrit sur son bureau…