VIDEO. FC Nantes: Le soir où Nicolas Savinaud a terminé un match au poste de gardien de but...

FOOTBALL Le 14 février 2006, lors d’un FCN-Troyes (match de samedi à la Beaujoire), un joueur de champ de chaque équipe avait fini la rencontre dans la cage...

David Phelippeau

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Nicolas Savinaud sur sa ligne au moment du penalty.
Nicolas Savinaud sur sa ligne au moment du penalty. — Capture d'écran

Le 14 février 2006, le FC Nantes accueille Troyes (match de samedi à la Beaujoire) en match reporté de la 24e journée de L1. Pendant 77 minutes, le duel entre Canaris et Troyens ne soulève guère l’enthousiasme. Mais, en quelques minutes, tout va basculer dans l’extraordinaire et l’irrationnel.

Personne ne voulait aller dans la cage côté nantais

78e : le gardien troyen Le Crom stoppe irrégulièrement (selon l’arbitre) Diallo. Carton rouge et coup franc. Troyes ayant effectué tous ses changements, c’est Enza Yamissi qui enfile le maillot de gardien et les gants. Dans la foulée, Keserü marque le coup franc (1-0).

Sept minutes plus tard, de l’autre côté du terrain, Landreau fauche l’attaquant troyen Gigliotti. Penalty et carton rouge pour le gardien de but nantais. Comme l’ESTAC, Nantes a réalisé tous ces changements. C’est donc Savinaud qui se transforme en gardien de but. « Personne ne voulait y aller, explique, neuf années plus tard, Nicolas Savinaud. Tout le monde se cachait. En plus, Da Rocha, qui enfilait souvent les gants en fin d’entraînement, n’était plus sur le terrain [sorti à la 65e]. Donc, malheureusement, je m’y suis collé. »

Les conseils de Landreau à Savinaud ne suffisent pas

Avant de rejoindre la tribune et que le penalty ne soit tiré par Nivet, Landreau distille quelques conseils à son coéquipier et meilleur ami. « Il me dit d’attendre le plus possible avant de partir. Et d’aller sur ma gauche. » Nivet tirera sur sa droite… « C’est toute la science de Mika Landreau sur les penaltys, chambre Savinaud, hilare. Il m’a donné une fois un conseil, et ce n’était pas le bon. »

Sur sa ligne, tel un pantin désarticulé, Savinaud tente de déconcentrer le tireur. Sans succès. Nivet égalise. Les caméras captent les sourires de Savinaud et Landreau, amusés par la situation. « Ça n’avait pas fait rire tout le monde, notamment la direction, dévoile Savinaud. Mais, bon, il y a prescription maintenant. » L’ancien milieu de terrain/défenseur nantais - « j’ai joué ainsi à tous les postes sauf attaquant » - ne sera plus mis à contribution ensuite. « J’ai peut-être eu un six-mètres à tirer, mais c’est tout… »

En 2013, l’attaquant Diguiny de Vannes a arrêté un penalty

Malgré une dernière frappe de Keserü bien capté par Enza Yamissi, le FCN et Troyes se quittent à 1-1. Savinaud n’a pas revu les images depuis 2006. « Ça m’a marqué car ça n’arrive pas souvent ce qu’il s’est passé ce soir-là. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Je me revois avec mon maillot un peu large… Je n’ai même pas plongé sur le penalty. Je n’ai rien fait. Oui, ça restera un grand regret de ne pas l’avoir arrêté. L’attaquant Nicolas Diguiny, avec Vannes, l’a fait un jour [en 2013, à Metz (1-1]...» Savinaud n’a pas réussi cet exploit qui aurait fait entrer encore un peu plus cet FCN-Troyes dans l’histoire du football français.