FC Nantes : L’avenir du club peut-il encore s’écrire avec Waldemar Kita ?

FOOTBALL Les Canaris ont sauvé leur place en Ligue 1 dimanche soir, mais le mal est toujours aussi profond au club

David Phelippeau

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Waldemar Kita.
Waldemar Kita. — Sylvain THOMAS / AFP
  • Les Canaris ont réussi, dimanche soir, à se maintenir en Ligue 1, mais l’avenir du club n’est pas rose.
  • Le président Kita, à la tête du club depuis quatorze ans, est de plus en plus isolé et est détesté par de nombreux supporteurs, qui veulent qu’il parte.

Le FC Nantes est peut-être à un tournant de son histoire, mais surtout dans une impasse. Les joueurs ont assuré le maintien en Ligue 1, dimanche, en tremblant, mais ce verdict sportif, inespéré il y a quelques semaines, n’éclipse pas le mal profond qui ronge le club nantais depuis maintenant deux décennies. La Socpresse avait entamé le travail de destruction d’une référence nationale à la hache. En 2007, Waldemar Kita a poursuivi l’entreprise de démolition en tronçonnant au fil des quatorze années de présidence l’ADN du FCN. Aujourd’hui, l’institution est en péril. Demain, il sera trop tard. « Il faut que ça change, ça ne peut plus durer… », nous confiait un salarié, soulagé après le maintien dimanche soir mais soucieux pour l’avenir.

Un président honni de beaucoup de supporteurs

« Mais qu’est-ce qu’il va arriver la saison prochaine s’il continue ? Il va se passer quelque chose de grave, ce n’est pas possible autrement… » Au sein même du FCN, l’éventualité d’un statu quo à la tête du club angoisse. Le retour probable du public dans les stades pour les mois à venir accroît l’inquiétude. « La fracture est irrémédiable entre Kita et certains supporteurs, on est inquiets quand on voit la tournure des événements dimanche soir », souffle une source anonyme à la mairie de Nantes. Après la défaite (0-1) contre Toulouse, des personnes cagoulées ont pénétré dans l’enceinte du stade pour s’en prendre à des salariés du club. Waldemar Kita et son fils Franck avaient quitté les lieux quelques minutes avant. « Ces excès de violence ne sont pas tolérables et sont condamnables, estime Ali Rebouh, adjoint aux sports à la mairie, qui doit discuter des conventions d’occupation liées de la Jonelière et du stade de la Beaujoire avec les dirigeants nantais dans les prochains jours. Cela ne résout rien. » Le FCN devrait déposer plainte.

Pourquoi cette violence juste après l’acquisition du maintien ? L’agression a semble-t-il été provoquée lorsque certains supporteurs nantais ont appris que le cercueil du « FC Kita », enterré il y a un peu plus de huit jours, avait été déterré par la direction du FCN et des proches collaborateurs ! Selon les informations de 20 Minutes, des salariés et des directeurs et directrices de service étaient aussi présents sur les lieux. Certains ont aidé à creuser, d’autres se sont contentés de regarder la scène. Une action, qui serait à l’initiative de l’agent Mogi Bayat, jugée comme une provocation ultime par les ultras.

Un avenir sportif très flou

Les Canaris enchaîneront bien une neuvième saison d’affilée dans l’élite à partir de l’été prochain. En ayant obtenu le maintien, Antoine Kombouaré a deux ans de contrat automatiquement. Dimanche soir, après la défaite (0-1) face à Toulouse, il a néanmoins laissé planer le doute quant à son avenir au club… Avec un sourire malicieux, il a lancé sur une éventuelle future collaboration avec sa direction lors du prochain mercato : « Je sais que ce n’est pas toujours facile [ici]. Quand je viens là, je viens en terrain connu. »

Par ailleurs, quel visage aura la future équipe ? Un départ des joueurs à forte valeur marchande est inévitable. Imran Louza, dont l’agent est Mogi Bayat, pourrait rejoindre Watford. Le joueur a même été aperçu ce lundi à Londres avec ses agents, selon RMC. Kolo Muani, qui ne prolongera pas à Nantes et à qui il reste un an de contrat, veut rejoindre l’Allemagne, malgré un intérêt de Lyon.

Grâce à une fin de saison canon, Ludovic Blas est très courtisé (en France et en Espagne). Et Alban Lafont, dont l’option d’achat a été levée il y a quelques semaines par le FCN, pourrait aussi faire ses valises. Avec une perte de près de 40 millions d’euros cette saison, Waldemar Kita, lâché par certains sponsors (Manitou et Maisons Pierre), a besoin de liquidités pour renflouer ses caisses. La vente de ces joueurs lui offre cette possibilité.

En coulisse, un repreneur potentiel s’active

Waldemar Kita est-il vendeur ? Après quatorze ans à la tête du club, le président nantais est à l’écoute d’une éventuelle offre de rachat. A priori, aucune sérieuse n’est encore arrivée ces dernières semaines sur son bureau. A notre connaissance, un dossier se prépare depuis plusieurs mois. Il a été rendu public en février. Il s’agit d’un projet sur lequel planchent notamment l’ancien gardien de but des Canaris Mickaël Landreau et Philippe Plantive, dirigeant de Proginov (sponsor du FCN). En début d’année, pour ne pas le trahir, le chef d’entreprise a prévenu le président Kita qu’il essayait de fédérer des entreprises locales, dont certaines sont partenaires du club. Les principales associations de supporteurs sont associées et tenues au courant de l’avancée du projet.

Vendredi, selon les informations de 20 Minutes, Philippe Plantive et peut-être Mickaël Landreau vont inviter les médias pour expliquer où en est le dossier. Une société commerciale regroupant différentes entreprises locales serait sur le point d’être créée. Objectif de la conférence de presse de fin de semaine : médiatiser cet élan économique local à la surface financière forcément bien insuffisante, dans le but d'attirer un très gros investisseur pouvant rassembler assez de fonds pour racheter le FC Nantes.