Euro-2021 : Avant de parler JO, les Bleues en ont « marre » des autres médailles et veulent aller chercher l’or

BASKET L’équipe de France féminine reste sur quatre médailles d’argent de suite aux championnats d’Europe

Thibaut Gagnepain

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Iliana Rupert et les Bleues sont les grandes favorites de l'Euro organisé à Strasbourg et à Valence (Espagne).
Iliana Rupert et les Bleues sont les grandes favorites de l'Euro organisé à Strasbourg et à Valence (Espagne). — AFP
  • Les Bleues débutent leur Euro jeudi à Strasbourg, avec un match contre la République tchèque.
  • L’objectif est simple et avoué pour ce championnat d’Europe : les joueuses de l’équipe de France de basket veulent uniquement le titre !
  • Pas la peine d’évoquer avec les Bleues les Jeux olympiques de Tokyo, fin juillet, la compétition est tabou le temps de l’Euro.

Les Jeux olym… quoi ? Le terme est aujourd’hui tabou pour l’équipe de France féminine de basket. Dans cet été 2021 qui doit mener la planète sportive à Tokyo, les Bleues ont, elles, une autre compétition à gérer. Leur championnat d’Europe débute ce jeudi à Strasbourg, avant l’éventuel Final 4 à Valence, en Espagne.

D’ici-là, pas question de parler de ce calendrier hors norme. Toutes les joueuses le répètent, comme si le mot avait été passé. « Il faut se concentrer sur le moment présent. On pensera à la suite après. nous devons nous focaliser sur la première étape », insiste la meneuse Alix Duchet, en écho aux mots de sa sélectionneuse. Depuis plusieurs mois déjà, Valérie Garnier annonce qu’il y aura « deux mi-temps » avec ces deux grands rendez-vous et qu’il est « hors de question de choisir » l’un ou l’autre.

« Marre de repartir avec une couleur de médaille pas souhaitée ! »

« En mai, juin 2020, on a d’abord eu un petit moment d’inquiétude par rapport au fait d’enchaîner deux compétitions car on sait comment on sort d’une première », a avoué la technicienne ce lundi. « Puis quand on s’est vu avec les joueuses en novembre, on a décidé d’en faire une opportunité. On peut performer sur deux compétitions. Dans un accord total avec les filles, on est centré uniquement sur l’Euro. »

Où les partenaires d’Endy Miyem ne cachent pas leur unique ambition : le titre. « Oui, nous sommes dans le rôle des favorites. Bien sûr, l’objectif est d’aller chercher l’or, confirme, sans fausse modestie, Alix Duchet. Tout le monde en a marre de repartir avec une couleur de médaille pas souhaitée ! » Soit l’argent lors des quatre dernières éditions de ce championnat d’Europe après le bronze de 2011. Le dernier sacre remonte, lui, à 2009.

Sandrine Gruda était déjà de l’aventure. Douze ans plus tard, l’intérieure rôde encore sous les paniers. Elle vient même de devenir la meilleure marqueuse de l’histoire des Bleues en portant le record de points inscrits à 2.578. Et ce n’est pas fini, surtout au sein d’un groupe France qui a rarement semblé aussi fort. Les joueuses de Valérie Garnier restent ainsi sur… onze victoires d’affilée depuis leur défaite en finale de l’Euro 2019 contre l’Espagne.

« La prépa s’est bien déroulée à tous les niveaux mais ce n’est pas la réalité de la compétition », tempère la sélectionneuse, consciente qu’un cas de Covid-19 pourrait, par exemple, bousculer l’équilibre. La sélection espagnole peut en témoigner, elle qui risque d’être privée d’Alba Torrens, testée positive au virus samedi.

« On est dans une bulle sanitaire et on respecte les règles. Nous avons déjà joué toute la saison avec cette menace, on sait ce que ça représente », relativise l’intérieure Iliana Rupert sans cacher sa hâte d’entrer dans le vif du sujet, jeudi face à la Croatie. « La dernière vraie compèt' date du TQO [en février 2020] et on vient de passer toute une saison sans public. Tout ça nous motive. On a envie jouer devant des spectateurs [limité à 3.600 à Strasbourg], porter le maillot bleu et remporter ce titre. »

Alors il sera temps de penser aux JO. Avec peut-être un groupe remodelé, certaines jouant peut-être plus gros que d’autres pendant cet Euro. Comme l’Américaine de naissance Gabby Williams, qui sera en concurrence avec l’autre joueuse naturalisée française, Bria Hartley, pour le moment blessée. « Ce n’est pas une question pour moi, je suis concentrée sur l’Euro et on verra ensuite », balaie l’intéressée avant que Valérie Garnier ne conclue : « On tirera des enseignements entre les deux compétitions et on s’adaptera aux états de forme. »