Roland-Garros : Les Français, les night-sessions, Nadal… 10 questions plus ou moins sérieuses avant la quinzaine

TENNIS Parce qu’il faut bien commencer à faire monter la tension à deux jours du début de Roland-Garros

W.P et N.C
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Roland-Garros: Night sessions, jauges...Comment se déroule l'édition 2021? — 20 Minutes
  • Roland-Garros approche à grands pas. 20 Minutes se pose dix questions qui animeront la quinzaine
  • Deux certitudes, néanmoins : les Français vont se planter et Nadal va gagner

Oui, cette année de tennis est étrange et oui, on pense plus à l’Euro 2021 qu’à la terre battue d’Auteuil. Mais Roland-Garros reste Roland-Garros, et on aurait tort de négliger notre tournoi du Grand Chelem à nous, même si, petite nouveauté, on connaît d’avance les futurs vainqueurs des tableaux hommes et femmes :  Rafael Nadal et Iga Swiatek. Mis à part ce détail sans importance, il reste beaucoup de questions autour de ce Roland 2021. On en a choisi dix, comme ça, au pif. Vous nous en direz des nouvelles.

Federer va-t-il gagner un match ?

Sans manquer de respect à la légende, même les plus enthousiastes n’osent anticiper un parcours honorable de Roger Federer à Roland cette année. Il faut dire que son retour sur terre battue après une pause interminable ne laisse guère place à l’optimisme (défaite 6-4, 4-6, 6-4 contre Andujar à Genève), pas plus que le discours du Suisse. Car si ce dernier n’entend pas faire de la figuration Porte d’Auteuil, il a aussi bien fait comprendre que sa priorité était de monter en puissance en vue de son tournoi fétiche, Wimbledon, où il « veut être à 100 % ». Ceci étant dit, le Suisse jouira d’un premier tour paisible contre un qualifié et évitera l’humiliation ultime d’une élimination au premier tour à Paris. L’honneur est sauf.

Quelqu’un va-t-il s’abonner à Amazon pour voir du tennis à huis clos ?

A priori, pas plus que de Français qui avaient eu le courage de se lancer dans l’aventure Telefoot pour regarder de la Ligue 1 à huis clos. Mais sait-on jamais. Pour rappel, Amazon diffusera les dix matchs en night session programmés à partir de 21 heures, jusqu’à la dernière, le 9 juin (la seule avec du public). Dit comme ça, ça ne fait rêver personne. SAUF QUE. Qui dit night sessions, dit meilleures affiches de la journée et donc gros noms. Les adeptes des joutes sur le court 14 et Simonne-Mathieu ne verront probablement aucun inconvénient à ne pas voir Nadal et Djokovic avant la seconde semaine, mais les mordus de la course au GOAT ne le verront pas de cet œil et devraient céder à la tentation du nouveau diffuseur.

Quel Russe ira le plus loin ?

Comme chaque année, pas Daniil Medvedev, dont on saluera quand même la récente prouesse : peu ami avec la terre battue, trop salissante pour sa majesté, le Russe a gagné un match sur ocre avant Roland-Garros. Ok, c’était à Madrid donc ça compte à moitié, mais petit événement tout de même. Non, le Russe qu’on attendra de pied ferme chez nous, c’est Andrey Rublev, tombeur de Nadal à Monte-Carlo. Certes, celui-ci a eu du mal à confirmer sa finale sur le rocher ces dernières semaines, mais battre Rafa sur terre-battue = +100 % de street-crédibilité, c’est la règle. On surveillera quand même de près la hype Karatsev, finaliste en Serbie après avoir tapé Djokovic en demies et Karen Khachanov qui, s’il ne perce pas autant qu’escompté, est toujours assez fort pour éliminer deux ou trois Français.

A qui va s’en prendre Benoît Paire ?

Malgré le retour du public, Benoît Paire a toujours autant de mal à gagner des matchs. Une victoire à Madrid contre Basilashvili ne suffira pas à nous faire croire que le naufrage de l’Avignonnais est seulement dû à un manque d’ambiance. Il faudra donc trouver une nouvelle excuse après s’être fait tartiner en trois manches par Casper Ruud au premier tour à Roland. Le vent ? L’arbitre qui a mal interprété une trace à 1-1 15-A dans la première manche qui l’aurait sorti d’un match dans lequel il n’avait de toute façon pas l’intention de rentrer ? Surprends-nous, Benoît.

Benoît Paire prend en photo la marque d'une balle qu'il estimait bonne lors du 1er tour du Masters 1000 de Rome le 10 mai 2021.
Benoît Paire prend en photo la marque d'une balle qu'il estimait bonne lors du 1er tour du Masters 1000 de Rome le 10 mai 2021. - Gregorio Borgia/AP/SIPA

Verra-t-on un mousquetaire au deuxième tour ?

Cruel constat pour le quatuor vieillissant : le plus fort des quatre est aussi celui dont le physique est le moins fiable. Richard Gasquet a retrouvé un peu de son tennis et est le seul capable de passer des tours sur des tournois au meilleur des cinq sets. Mais a-t-il la caisse pour survivre au défi physique d’Hugo Gaston d’entrée de Roland ? Pour les autres, on est encore moins optimiste. Tsonga ne sait pas s’il retrouvera un jour son niveau, Gaël Monfils est en pleine dépression et Gilles Simon a retrouvé le plaisir de jouer sans pour autant gagner. Bref, on risque bien de perdre tous nos Mousquetaires au bout de trois jours.

Est-ce qu’il y aura de l’ambiance ?

Ce ne sera pas la folie habituelle, évidemment, mais ce sera déjà autre chose que les tristounettes journées de grisaille d’octobre dernier, quand la vue des allées vides balayées par le vent et la pluie donnaient plus envie de se réfugier sous la couette que d’aller voir du tennis. Déjà, la météo sera bien meilleure, en tout cas pour les premiers jours, ce qui aide toujours à faire monter la sauce en tribunes.

Pour la question du nombre de spectateurs, il y aura presque deux tournois. La première semaine, à peine plus de 5.000 personnes seront autorisées sur le site, avec une jauge maximale de 1.000 chanceux sur le Chatrier, le Lenglen et le Simonne-Mathieu. Mieux que rien, mais pas de quoi pousser un Gasquet sur les rotules après deux heures de jeu au cinquième set. Ce sera mieux en deuxième semaine, avec 5.000 spectateurs pour le Chatrier et le Lenglen, et 3.500 pour le Simonne-Mathieu. Là, ça va commencer à ressembler à quelque chose. Dommage, il n’y aura plus de Français pour voir ça.

Nadal va-t-il gagner Roland Garros ?

Oui (on l’a dit plus haut, il s’agirait de suivre un peu).

Qui pour « la belle histoire de ce Roland » ?

Ah, que serait un Roland sans le ou la petit(e) jeune qu’on n’attendait pas, avec Nelson qui va interviewer le papa ou la maman dans les tribunes ? Après Hugo Gaston l’an dernier ou Diane Parry celle d’avant, on mettrait bien une piécette sur Arthur Rinderknech. Plus si jeune (25 ans), mais l’Alsacien connaît une progression linéaire et arrive Porte d’Auteuil sur une belle lancée. Quart de finaliste à Marseille, il vient de récidiver à Lyon, en sortant Jannik Sinner en route, s’il vous plaît. Et puis son tableau (Cilic puis Federer) est une invitation à la folle aventure.

Une femme va-t-elle enfin gagner deux fois d’affilée ?

Alors que Rafa Nadal dispose à lui seul de 40 % des réserves mondiales d’argent métal grâce à ses 83 coupes des Mousquetaires, pas une joueuse n’a réussi à garder son titre à Roland depuis Justine Hénin, qui avait fait le triplé 2005-2006-2007. Iga Swiatek peut-elle le faire ? On aurait tendance à dire oui, et même plutôt à se demander si cette fois, elle va perdre un set, surtout après sa démonstration à Rome. Mais il ne faut oublier qu’il y avait de nombreuses absentes lors de la dernière édition (Barty, Osaka, Andreescu, Williams, Bencic). On a hâte de revoir la Polonaise, en tout cas, après son inattendu et impressionnant récital d’octobre.

Iga Swiatek, 19 ans, a remporté son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros, le 10 octobre 2020.
Iga Swiatek, 19 ans, a remporté son premier tournoi du Grand Chelem à Roland-Garros, le 10 octobre 2020. - MARTIN BUREAU / AFP

Que vont bien pouvoir faire les journalistes japonais pendant 15 jours ?

Le coup dur. On se met à la place de nos confrères japonais, qui se sont coltiné 9.700 km en avion et tous les tests qu’on imagine en cette période, pour apprendre à leur arrivée à Paris que leur plus grande star ne leur accorderait pas un mot de la quinzaine. Naomi Osaka, numéro 2 mondiale, a annoncé un boycott général des médias parce qu’ils sont méchants, posent toujours les mêmes questions et aiment faire pleurer les joueurs (en résumé). Petite consolation, le tirage au sort a attribué papy Jo Tsonga à Yoshihito Nishioka. Ça fera au moins un 2e tour à se mettre sous la dent.