20 Minutes : Actualités et infos en direct
FOOTBALLComment le PSG a sombré et laissé City prendre le dessus

PSG – Manchester City : Comment Paris a sombré et laissé les Citizens prendre le dessus

FOOTBALLTout avait bien commencé pour le PSG, avant un naufrage express
PSG - Manchester City : le débrief express du match
William Pereira

William Pereira

Au Parc des Princes,

Mercredi au Parc des Princes, Manchester City et le Paris Saint-Germain ont contredit deux idées reçues. La première voulait que les Skyblues soient fragiles mentalement et rarement capables de renverser un match – deux fois de suite qu’ils gagnent 2-1 en C1 après avoir été menés tout de même. La seconde, que les belles soirées européennes du PSG s’étendent toujours sur 90 minutes quand les premières sensations sont bonnes. Ce fut notamment le cas à Barcelone et Munich. Pas mercredi, où les joueurs de Pochettino ont été lâchés par leurs récentes bonnes habitudes en C1. La question du pourquoi et comment du naufrage éclair se posent forcément. Car on doit bien avouer n’avoir pas tout vu venir du haut de notre perchoir du Parc des Princes.

Tout d’abord, et n’en déplaise à la mauvaise foi de Riyad Mahrez (d’après lui, « on n’a pas non plus vu un très grand Paris en première période. Ils n’étaient pas si dangereux »), les Parisiens ont réalisé la première période parfaite. A part un frisson sur la première prise de balle de Bernardo Silva côté droit et un gros cadeau de Foden à Keylor Navas juste avant la pause, les Citizens n’ont rien eu à se mettre sous la dent. Pire, ils ont surtout brillé par leur capacité à éviter la surface de réparation comme le ferait une équipe de handball, une misère que la beauté des permutations et de la chorégraphie globale ne suffisaient pas à cacher.

De l’intérêt d’avoir le ballon

Paris est alors parfaitement en place. Tout le monde défend, en commençant par les deux flemmards de devant qui nous surprennent à couper des lignes de passe dans le rond central pour mieux se projeter. Un travail encore mieux exécuté par les trois milieux de terrain, dont la couverture de terrain est immense. Soit pour couvrir les couloirs abandonnés par Neymar et – plus rarement – Di Maria, soit pour couvrir les défenseurs centraux lorsque ceux-ci s’aventuraient plus haut à la relance. Le rythme imposé par City est lent, Paris est dans un fauteuil, réussit tout ce qu’il entreprend au milieu et, comble de la réussite, termine la première période avec à peine moins de possession que les Anglais.

« « On a eu des soucis pour garder la balle », concédera d’ailleurs Pep Guardiola en conférence d’après-match à propos de cette première mi-temps. « Ensuite, c’était mieux à tous les niveaux. On a mieux joué avec et sans le ballon. On avait la volonté d’être patients et dangereux. » »

Mauricio Pochettino soutient aussi l’idée que tout s’est joué sur la capacité – puis l’incapacité – des Parisiens à remettre en question l’hégémonie adverse dans le jeu. « Notre approche du jeu était très bonne, on réussit à dominer. Mais après, on ne réussit pas à garder la même intensité avec la balle. » Difficile de déterminer quand commence cet « après ». Pour Guardiola, il prend racine en fin de première période. Pour Poche, à l’heure de jeu. Notre impression bascule plus du côté de l’Argentin.

Courir derrière la baballe, ça use

Car s’il est vrai que le bloc parisien a rapidement reculé au retour du vestiaire, il n’y avait pas de quoi crier à la menace bleu ciel avant le but foireux de Kevin de Bruyne. Riyad Mahrez, le dit lui-même après avoir retrouvé un semblant d’honnêteté intellectuelle : « On a de la chance sur les deux buts, même mon coup franc passe entre deux joueurs ». « Même si on a eu des difficultés dans d’autres matchs, on a été plus costauds, on n’a pas pris de buts. Aujourd’hui on prend deux buts vraiment bêtes », regrettait Marquinhos au micro de RMC Sport. Paris avait-il les moyens physiques pour résister une demi-heure de plus face à la montée en puissance de City ? Les jambes de Mbappé semblent dire que non et le capitaine parisien assume la même chose à demi-mot. Difficile selon lui, de courir derrière le ballon et jouer juste ensuite.

Cas d’école avec Di Maria, deux minutes avant l’égalisation : Fideo s’arrache pour récupérer un ballon pas loin de sa surface, mais la projection qui suit est mauvaise, et la balle en profondeur pour Mbappé est facilement anticipée par Ederson. « On a eu des difficultés à jouer plus profond et empêcher l’équipe adverse de jouer plus en profondeur », confirme Pochettino. Plus le temps avançait, plus vite le ballon revenait dans la défense parisienne. Comme contre le Bayern, direz-vous. Moins que contre le Bayern, même. Ce n’est pas un hasard si les deux buts sont inscrits d’en dehors de la surface. Et si Keylor Navas ne s’était pas endormi sur la frappe de De Bruyne, on serait peut-être en train de parler de la victoire parisienne ou de match nul. « C’est le football », philosophe Mahrez. L’explication est peut-être aussi simple que ça.

Sujets liés