FC Nantes-Lyon : « Il y avait toujours un mais… », Bessat raconte sa carrière d’éternel insatisfait

FOOTBALL L’ancien Canari, né à Lyon, qui a arrêté sa carrière de joueur l’été dernier, évoque ses désirs professionnels pour l’avenir

David Phelippeau

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Vincent Bessat en 2013 à Bordeaux.
Vincent Bessat en 2013 à Bordeaux. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Vincent Bessat (35 ans) aura un œil attentif, dimanche soir, sur le match entre son ancien club, le FCN, et sa ville natale, Lyon.
  • L’ancien milieu de terrain a arrêté sa carrière de footballeur l’été dernier car il n’avait « plus envie ».
  • Il est en projet de reconversion pour accompagner des footballeurs.

Depuis cet été, Vincent Bessat (35 ans) tourne le dos à sa carrière de joueur. Quand il évoque les souvenirs d’un parcours commencé au centre de formation de Toulouse et fini à Chypre il y a dix mois, l’ancien Canari ( 2011-2015) ne plastronne pas. « Même si je n’étais pas un très grand joueur de foot » ou « un joueur lambda comme moi », lâche-t-il lors de l’entretien. Le natif de Lyon ne se départit jamais de son franc-parler, ni de sa modestie. Il n’aime pas tricher non plus. Cet été, le milieu de terrain a donc dit stop alors qu’il lui restait une année de contrat avec le club chypriote d’ Apollon Limassol. « Je n’avais plus d’envie, plus de plaisir. C’était le moment de rentrer, ça sentait la fin pour moi. »

Déjà, sous le maillot caennais (2015-2018), sa passion pour le ballon rond s’étiole au fil des mois. « J’ai eu un regain d’envie quand je suis parti à l’étranger [en 2018]… » Sa famille s’accommode parfaitement de sa nouvelle vie chypriote. « C’était kiffant ! » Après une première saison « avec un temps de jeu important », la seconde commence de travers. « On était trois à mon poste et il y avait trop de joueurs étrangers. » L’Apollon envisage un prêt « dans des clubs de seconde zone », le joueur ne l’entend pas cette oreille. « Si j’étais plus jeune, je serais parti… » Vincent Bessat se contente des entraînements la semaine et regarde ses partenaires jouer le week-end. « Mais, j’ai été traité comme un joueur normal », souligne-t-il. Jusqu’à l’accord pour la rupture du contrat qui viendrait presque comme un soulagement…

Un projet de reconversion auprès de son ancien agent

« Jouer au foot ne me manque pas du tout, avoue-t-il aujourd’hui. J’ai juste fait un futsal avec des potes et j’ai pris du plaisir car c’était avec eux. » En fait, « son exigence envers moi-même » a eu raison de sa passion. « Pendant toutes mes années de footballeur, j’ai rarement été très satisfait de mes prestations, développe celui qui s’oblige à faire quatre séances de sport par semaine. On m’a éduqué avec beaucoup de rigueur. Il fallait toujours que tout soit carré. » Le fameux triplé contre Lyon le 20 janvier 2015, « j’en garde un goût d’amertume ». « Un joueur lambda comme moi aurait dû être aux anges, mais, pas moi. J’avais perdu le ballon sur le deuxième but lyonnais. » A l’image de toute sa carrière jalonnée d’insatisfactions. « Il y avait toujours un mais… » En contrepartie, « je me nourrissais de cette exigence, cela a été un moteur pendant des années », avoue celui qui garde notamment un souvenir ému de « son épopée nantaise avec la montée en L1, avec le groupe qu’on avait et l’alchimie avec le public ».

Aujourd’hui, Vincent Bessat, qui garde un œil très attentif au FCN et qui sera un téléspectateur assidu du FCN-Lyon de dimanche soir (21 h), s’inscrit depuis plusieurs mois « dans un projet de reconversion d’accompagnement de joueurs de foot ». C’est son dernier agent Ismaël Lambin qui l’a convaincu de suivre cette voie, pourtant pas nécessairement dans ses objectifs initiaux. L’ancien pro, un diplôme de gestion de patrimoine en poche, sait où il veut aller et surtout où il veut emmener ses joueurs. « Je veux qu’ils n’aient plus qu’à penser au football. Je veux les accompagner comme moi j’aurais voulu l’être. J’ai manqué de certaines choses. » Le soutien, il ne l’imagine « pas seulement quand tout va bien, mais aussi quand tout va mal ». Vincent Bessat veut faire profiter de son expérience. « Je pense que ça peut les sécuriser, ils savent ce que j’ai vécu. Les joueurs ont besoin d’un suivi au quotidien, et surtout de personnes à leurs côtés qui veulent servir leurs intérêts avant de se servir eux-mêmes. »