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Les chiens des joueuses, nouvelles stars de la baballe jaune

Roland-Garros 2026 : « Ash », « Bella », « Tsonga »… Les chiens des joueuses, nouvelles stars de la baballe jaune

Good boyA la mode sur le circuit WTA, les chiens volent la vedette aux joueurs à Roland-Garros. L’organisation du Grand Chelem parisien s’est mise à la page pour accueillir Bella, Ash et compagnie
Roland-Garros 2026 : l'hécatombe des favoris ouvre la porte à l'imprévu
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Roland-Garros accueille désormais de nombreux chiens de joueuses de tennis, avec sept accréditations délivrées en début de tournoi pour une dizaine d’animaux, dont le cavalier King Charles d’Aryna Sabalenka ou encore le teckel Bella d’Anna Kalinskaya.
  • Le tournoi a assoupli son règlement pour répondre à la demande et propose depuis cette année un service de garde de chiens qui les promène au bois de Boulogne.
  • Les joueuses expliquent que leurs chiens leur apportent un soutien émotionnel important.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Rencontre inhabituelle dans les couloirs du court Suzanne Lenglen, où un caniche brun au poil parfaitement coupé gambade fièrement sous nos yeux. Elle, puisqu’il s’agit d’une chienne, devance sa « dogmom » Anastasia Potapova, qu’elle accompagne partout. Et par « partout », on entend même sur ses genoux en conférence de presse pour une session gratouilles entre les oreilles au milieu d’un pamphlet de maman contre le boycott des joueurs. « C’est une chienne très calme, qui se comporte bien », se félicite la tombeuse de Coco Gauff samedi, loin d’être une anomalie à Roland-Garros.

La numéro une mondiale Aryna Sabalenka a également posé ses valises à Paris avec son cavalier King Charles, Ash, accrédité pour la quinzaine. Ils étaient sept à détenir le sésame pour une dizaine de quadrupèdes dans l’enceinte du stade au début du tournoi.

« L’accréditation, c’est un petit geste mignon, sourit Kildine Chevalier, directrice des relations et des services aux joueurs à la FFT. C’est comme quand les joueuses ont un bébé, elles aiment bien avoir une accred' pour leur bébé. On fait pareil pour le chien parce qu’on pense que c’est aussi un membre de la famille. »

Eh oui, Ash a sa propre accréditation pour Roland-Garros 2026, le petit veinard
Eh oui, Ash a sa propre accréditation pour Roland-Garros 2026, le petit veinard - Capture d'écran

Rencontre tendue entre les chiens de Sabalenka et Andreeva à Indian Wells

La Bélarusse y tenait d’autant plus qu’elle vient de faire son entrée dans le cercle des propriétaires de chiens après avoir remporté un pari avec son coach à l’été 2025 : si elle gagnait l’US Open, elle pouvait avoir son chien. Elle a gagné l’US Open, elle a eu son chien. Même histoire pour Mirra Andreeva heureuse mère chien de Rassy, sauf que le gain était conditionné à une place dans le top 20. Trop facile. Si l’on en croit la jeune joueuse russe, les présentations entre les deux animaux de compagnie à Indian Wells ont été houleuses. « Ma chienne était un peu du genre à l’intimider. Je pense que c’est parce qu’elle a peur et qu’elle devient un peu plus protectrice, elle se met alors à grogner et parfois même à aboyer. Donc oui, ça a été une rencontre rapide, mais un peu agressive. »

A Roland-Garros, la « doglife » est plus apaisée si l’on se réfère à Anna Kalinskaya, dont le teckel à poil blond Bella a été aperçu en tribune sur le Suzane Lenglen après sa victoire au premier tour contre Loïs Boisson. « Je n’ai pas vu de chien se battre avec celui d’une autre joueuse », nous dit-elle. Selon la rumeur, le sien s’entend très bien avec Mander, le protégé de Marta Kostyuk, qui a aussi eu droit à son cameo sur l'écran du Chatrier après la victoire de l'Ukrainienne contre Swiatek. « C’est très bien pour les joueurs et pour nos chiens d’être ici, tous ensemble, sans trop de stress. Avant, [le tournoi] n’était pas tellement ouvert aux chiens. »

Maintenant, on peut voir le toutou de Potapova boire dans un verre d’eau au restaurant des joueurs, après avoir sagement attendu au bord des courts à l’ombre du soleil pendant l’entraînement matinal de sa maîtresse. Car contrairement aux autres chiens, ils sont dressés pour ne courir derrière aucune balle. « Bella est habituée, elle sait qu’elle doit attendre quand je m’entraîne », nous dit Kalinskaya.

A l’US Open, les crottes de la discorde

L’organisation du tournoi a toujours autorisé la présence de chiens de petite taille, mais elle a fini par assouplir son règlement pour répondre à la demande. Le Grand Chelem parisien propose depuis cette année un service de garde de chiens pour délester les joueuses et joueurs de leur animal quand c’est nécessaire. Les promeneurs les emmènent se dégourdir les papattes au bois de Boulogne, juste derrière le stade, ce qui permet par ailleurs de limiter le risque de voir les chiens faire leurs besoins à Roland-Garros. Des points de récolte de sacs à déjection sont tout de même mis à disposition comme sur la terrasse du players', au cas où.

Car comme le rapportait un article de L’Equipe datant de l’US Open 2025, la tolérance aux petites boules de poils s’arrête à leurs crottes. « A Cincinnati, il y en avait partout et ils faisaient leurs crottes sur la pelouse où les joueurs s’échauffaient. » « On n’a pas eu de problèmes d’hygiène pour le moment, se satisfait Kildine Chevalier. Ça se passe plutôt bien. »

Les sacs à crottes et le point pick-up sont des nouveautés au Players', à Roland-Garros (oui, on me voit dans le reflet)
Les sacs à crottes et le point pick-up sont des nouveautés au Players', à Roland-Garros (oui, on me voit dans le reflet) - W.Pereira

Nadal, Tsonga... quand les chiens ont des noms de joueurs

Les chiens sont partout et dans toutes les conversations à Roland-Garros. Les journalistes réguliers finissent par s’y attacher au point de prendre des nouvelles en conférence de presse. Dans la foulée de sa victoire au premier tour contre Benjamin Bonzi, Alexander Zverev a donc fait un point sur l’état de santé de son teckel Mischka, victime d’un accident sur un parcours de golf il y a plusieurs semaines. « Il n’a que huit mois, et ne comprenait pas qu’il devait rester dans la voiturette. Il était tenu en laisse et a tout simplement sauté alors que la voiturette était en mouvement. Il s’est cassé quatre os et les deux hanches. […] Maintenant, tout va bien, il marche à nouveau, il bouge à nouveau. Mais il boite un peu. »

La présence de chiens dans le microcosme tennistique n’est pas nouvelle. On se souvient de Christopher Chip Rafael Nadal, le chien de Serena Williams, plus petit que son nom, ou de ceux d’Arantxa Sanchez-Vicario… Roland et Garros. La nouveauté réside dans la prolifération. Au passage, saviez-vous que celui de l’Américaine Hailey Baptiste s’appelle Tsonga ? « Il y a de plus en plus de chiens, c’est la tendance », observe Kalinskaya.

Et si avoir un chien aidait à gagner?

Une mode qui semble porter chance car un grand nombre de propriétaires canins sont toujours en lice à Roland-Garros. « Je me sens beaucoup plus sereine, plus calme, plus maître de moi, déclarait Aryna Sabalenka en interview à Tennis Channel. Quand je sens que je vais m’énerver contre mon équipe, je caresse Ash et ça me fait du bien. »

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« [Ma chienne] m’apporte une joie supplémentaire, surtout quand on rentre dans la chambre, abonde Anastasia Potapova. Elle est à mes côtés. L’atmosphère est différente quand elle est là. J’essaie de l’emmener à chaque fois, tant que je peux. Il y a des pays où ce n’est pas possible, comme l’Australie, l’Asie. Jusqu’à Wimbledon, elle sera avec nous. »

Anna Kalinskaya tient à peu près le même itinéraire avec Bella, qui la suit sur le maximum de tournois : « Elle a commencé à voyager quand elle avait quelques mois, elle dort beaucoup dans l’avion. Je vérifie toujours si elle peut m’accompagner, car je ne veux pas qu’elle aille en quarantaine. Je vous promets qu’elle n’ira jamais en quarantaine. Je veux qu’elle soit à l’aise. » On ne s’en fait pas pour elle.