Roland-Garros 2026 : Battre Djokovic, le déclic qu’il manquait au « troisième homme » João Fonseca ?
do brasil•João Fonseca a renversé Novak Djokovic pour se qualifier en 8es de finale de Roland-Garros. Le jeune Brésilien vient-il d’écrire l’acte fondateur d’une grande carrière ?William Pereira
L'essentiel
- João Fonseca, 19 ans, a créé la surprise en battant Novak Djokovic en cinq sets lors d'un match marathon de 4h53 au 3e tour de Roland-Garros.
- Cette victoire marque un tournant pour le jeune Brésilien qui réalise trois premières : découvrir le court Philippe Chatrier, battre un top 5 mondial et se qualifier en deuxième semaine d'un Grand Chelem.
- Djokovic reconnaît le potentiel du jeune joueur brésilien. « Je pense qu'il peut être le prochain grand et gagner des Grands Chelems ».
De notre envoyé à Roland-Garros,
Une claque, deux claques, trois claques. João Fonseca a aligné trois aces consécutifs à plus de 210 km/h pour achever Novak Djokovic et offrir à ce thriller extraordinaire du 3e tour de Roland-Garros une fin digne de ce nom. Dans ce qui s’impose comme le match de la quinzaine, le Djoker a d’abord dominé avant de baisser en régime, laissant à son jeune adversaire l’opportunité de faire parler sa puissance brute, et notamment ce coup droit dévastateur dont on n’a pas fini d’entendre parler. Tu parles d’un coup fort.
Avec l’élimination du Serbe, le tableau masculin a perdu son dernier détenteur de Grand Chelem, mais il vient peut-être de gagner un futur vainqueur en puissance, ce dont les observateurs doutaient de plus en plus ces derniers temps à mesure que le Brésilien peinait à franchir le cap du grand espoir. Djokovic, lui, n’a pas eu besoin de plus de 4h53 à s’enquiller des sacoches de sorcier dans la figure pour s’en convaincre.
« Il a de toute évidence le potentiel pour y arriver. Il faut que les choses se mettent en place. Mais c’est un joueur très professionnel, de ce que j’ai vu au cours des deux dernières années où il a été sur le circuit. Il a ce qu’il faut pour le succès : le talent, la puissance, et le soutien de toute la nation brésilienne – et à juste titre ! Je pense qu’il peut être le prochain grand et gagner des Grands Chelems ».
La revanche du jouflu surcoté
Fonseca n’est pas encore tout là-haut, il reste quelques marches abruptes à franchir. Mais en battant le Goat, il signe un acte fondateur ou, a minima, balaye les doutes hérités d’une saison sur terre battue moyennasse, à peine sauvée par un quart de finale encourageant à Monte-Carlo perdu de justesse contre Alexander Zverev. « En Australie, je me suis blessé et j’ai perdu le rythme et les doutes ont commencé. » Vendredi, il a enfin sorti la tête de l’eau.
Entre les deux, il a dû se farcir des procès en surcotage et même des commentaires grossophobes, car c'est bien connu, avoir des joues empêche de bien jouer au tennis. « Chacun a son opinion, sa personnalité, ses plaintes. On doit respecter les personnes qui ne m’aiment pas ou sont jalouses. J’essaye d’être le moins possible sur les réseaux. Je connais les attentes. Le travail dur, l’espoir, le courage, je connais. Tout ça est le fruit du travail. »
Fonseca a fait trois bonds en avant aujourd’hui. D’une, il a découvert le court Philippe Chatrier, de deux, il a battu un top 5 mondial pour la première fois de sa carrière, et de trois, il s’est qualifié pour la première fois en deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem. Le tout, avant de fêter ses 20 ans au mois d’août. Il savoure mais ne se voit pas arrivé malgré les éliminations de Djokovic et Sinner. « Ça fait plus de chances pour les joueurs plus expérimentés comme Zverev et Ruud. »
Fonseca pourra-t-il enchaîner avec deux matchs en cinq sets dans les pattes ?
Lui estime ne pas en être encore là. « Je viens de me qualifier pour un quatrième tour de Grand Chelem pour la première fois de ma vie. » João Fonseca ne peut pas se prononcer, il ne connaît pas ses propres limites. Les deux matchs en cinq sets qu’il vient de jouer le font basculer dans l’inconnu.
« Physiquement je dois me reposer, je n’ai pas tant d’expérience que ça dans ces matchs en cinq sets, je ne sais pas jusqu’où je peux aller. » Où qu’il aille, il sera accompagné de supporters brésiliens, toujours aussi prompts à transformer n’importe quel court parisien en version miniature du Maracanã, dans l’espoir que leur champion soit le successeur tant attendu de Guga. Comme le dirait João Fonseca : « ça ne coûte rien de rêver ».



















