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« Il a fait des bons points »… A la rencontre des amis boulistes de Djoko

Roland-Garros : « Il a fait des bons points »… A la rencontre des amis boulistes de Djokovic

PULITZERUn jour après la partie de pétanque improbable de Novak Djokovic au bois de Boulogne, « 20 Minutes » est parti sur les traces des amis boulistes du Serbe, à quelques minutes à pied de Roland-Garros
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Novak Djokovic est venu jouer à la pétanque au bois de Boulogne avec des habitués dimanche, et il a fait équipe avec William, considéré comme un très bon joueur.
  • Le numéro 1 mondial est apparu détendu et en forme, malgré sa nuit blanche après son match contre Lorenzo Musetti.
  • D’après les habitués, le Serbe a l’habitude de venir dans le coin lorsqu’il n’a pas de match, pour faire quelques exercices avec son entraîneur.

De notre envoyé spécial

Il faut se laisser guider par un lointain bruit de claquement pour repérer l’endroit dans l’immensité du bois de Boulogne. Un îlot de gravier où les arbres jouent le rôle d’ombrelles aux heures où le soleil vous chauffe le crâne et où les bancs ne remplacent pas les chaises de plage dans l’âme des puristes du cochonnet.

« Le sens du jeu change tout le temps, donc c’est mieux que sur un banc ». Ici, à un quart d’heure de Roland-Garros, les amateurs de pétanque ont vu défiler des grands noms : Henri Salvador, Eddy Mitchell, Christophe et donc Novak Djokovic, venu disputer une partie à l’improviste dimanche.

Le cliché à deux pas du Chatrier

Loin du luxe ennuyeux du court Philippe-Chatrier, de ses chapeaux Panama et des loges plus souvent vides que l’inverse, l’endroit respire le cliché à plein nez, entre alcool, odeur de cigarillo et racisme ordinaire, le seul maghrébin de la meute se faisant appeler « couscous ». « Ici on joue, on parle, on rigole et on boit un peu quand même. Mais pas trop, il faut pouvoir jouer », plaisante Jacques, qui revendique un palmarès long comme le bras.

La buvette, si on peut l’appeler comme ça, a élu domicile dans le coffre de la voiture d’un dénommé Roy, une grande gueule pas bien méchante qui la joue un peu caïd. « Si tu nous donnes un bon billet, on te fera peut-être un bon reportage ». La note de frais pot-de-vin, sans façon.

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« J’essayais de le guider, de lui dire où jouer »

Bien plus conciliant, Antonio, ancien chauffeur retraité d’origine portugaise, accepte de nous orienter vers un dénommé William, dix ans d’ancienneté dans le coin et désigné par beaucoup comme « un crack » pour son insolente facilité à tirer. Djokovic ayant émis le souhait de jouer « avec le meilleur », c’est tout logiquement que les deux hommes ont collaboré le temps d’une partie d’une demi-heure.

« Ça s’est fait naturellement, mais ça n’a rien à voir avec le fait d’être le plus fort ou pas, non, non, balaye modestement William. Je lui ai proposé de jouer avec moi, il m’a dit ok. Personne n’a trouvé à y redire. Pendant la partie, j’essayais de le guider. Je lui disais où jouer. »

De l’aveu de ceux qui l’ont vu passer dimanche en compagnie de sa femme, le numéro 1 mondial n’avait pas l’air du tout emprunté par sa nuit blanche. « Il était en pleine forme même », promet un vieil homme, dont le seul regret est d’avoir oublié l’heure à laquelle le Serbe s’est couché samedi. « Il nous l’a dit, mais ça ne me revient pas. C’est l’âge… » « Ca été une journée tranquille, promettait quant à lui Djokovic, lundi soir, comme pour couper l'herbe sous le pied à qui voudrait penser que sa sortie pétanque du dimanche ait pu causer la blessure au genou qui l'a affaiblie contre Francisco Cerundolo, en 8e de finale. J'ai dormi une grande partie de la journée, dimanche. J'ai fait beaucoup de travail de kiné, beaucoup d'exercices dans l'eau, pour réduire la tension des articulations et des muscles. »

« Arrêtez un peu avec Djokovic, y’en a marre ! »

Et son niveau aux boules, alors ? Moyen +, rien à envier aux joueurs occasionnels, un cran en dessous des plus forts. « Il a fait des bons points », reconnaît d’ailleurs son coéquipier, tout en soulignant la dualité « cool et compétiteur » de Djokovic. « Il était détendu mais on sent l’envie de gagner », nous dit un autre. Pas pour déplaire à la foule conquise par le personnage, à la fois drôle et disponible pour une grosse séance de selfies, au point où l’on ne parle que de lui, 24 heures après son apparition. De quoi légèrement agacer Roy. « Arrêtez un peu avec Djokovic, y en a marre ! »

Antonio n’était pas de la fête dimanche, mais il a l’habitude de voir le numéro 1 mondial traîner par là. « J’avais déjà fait des photos avec lui il y a deux ans, montre-t-il fièrement sur son portable. Et avant le tournoi, je l’ai vu avec ses gardes du corps. Il aime bien venir ici, sur la pelouse en face pour faire des petits exercices, des jeux de réflexes avec son entraîneur. Il court un peu aussi, parfois. C’est surtout les jours où il n’a pas match qu’on le voit. Si tu reviens, peut-être que tu le verras. » Le rendez-vous est pris, et ça tombe plutôt bien : dans le feu de l’émotion, on en a oublié de demander si Djoko avait gagné ou perdu.