FC Nantes: «Oui, j'aurais été content de terminer ma carrière à Nantes...», avoue Vincent Bessat

INTERVIEW L'ancien milieu de terrain du FC Nantes (2011-2015) fait désormais les beaux jours de Caen. Vincent Bessat accueille les Canaris, ce vendredi (18 h 30)...

David Phelippeau

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Le milieu offensif de Caen Vincent Bessat.
Le milieu offensif de Caen Vincent Bessat. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Il ne fera pas de sentiments avec le club qu’il a tant aimé. Ce vendredi (18 h 30), Vincent Bessat accueille le FC Nantes avec son nouveau club de Caen. Interview avec l’ancien chouchou de la Beaujoire (2011-2015).

Comment expliquez-vous votre excellent début de saison (Caen est 3e de L1) ?

Notre état d’esprit et beaucoup de travail. A Lorient [défaite 2-0], on a fait preuve d’un peu de relâchement et on était dans un certain confort, et là, on est devenus une équipe quelconque. A l’inverse, quand on voit l’état d’esprit qu’on a en ce moment, on peut embêter beaucoup d’équipes et faire une belle saison. Par ailleurs, à la tête de l’équipe, on a un coach et des dirigeants qui sont sur la même longueur d’ondes et qui nous aident à aller tous dans le même sens. Il n’y a pas de guéguerre d’intérêts.

Avez-vous l’impression de retrouver le FC Nantes de vos années (2011-2015) ?

Quand je suis arrivé dans ce groupe caennais, j’avais l’impression de retrouver celui du FCN à mon arrivée. Un groupe sain, demandeur de travail et qui dégage une certaine humilité.

C’est quoi la méthode de votre coach Patrice Garande ?

Marquer des buts. Aller vers l’avant et avoir un bloc haut pour récupérer le ballon et pour ne pas avoir des kilomètres à faire quand on le récupère. On se crée beaucoup d’occasions. Tout n’est pas parfait, mais pour le moment ça nous sourit.

Si vous devez comparer la méthode Garande avec celle de Der Zakarian ?

La méthode de Der Zakarian a fait ses preuves. C’est donc normal qu’il soit convaincu de sa façon de faire, mais c’est une autre philosophie de jeu que Garande. Der Zakarian est porté vers l’aspect défensif, un bloc compact mais trop bas peut-être pour avoir beaucoup d'occasions de but. Le maître mot de Garande, c’est de marquer des buts. C’est un régal pour les joueurs offensifs. Au début de la saison, on pêchait offensivement. Garande n’a pas mis en cause les attaquants, mais les défenseurs. Il leur a imposé de monter le bloc. A Nantes, c’était différent.

Que retenez-vous de vos quatre ans à Nantes ?

La montée en L1, les deux maintiens, ce que les supporters m’ont fait lors du dernier match (contre Lorient) alors que je ne jouais même pas. Ce ne sont que des très bons souvenirs même si tout n’a pas été toujours parfait.

Pourquoi les supporters nantais vous ont-ils tant aimé ?

Grâce à mon état d’esprit, mes qualités de détermination sur le terrain. J’ai toujours été poli et abordable en dehors du terrain. Cette relation avec ce public restera gravée dans mon cœur.

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Vous auriez aimé finir votre carrière au FC Nantes ?

Ce club est extraordinaire, les infrastructures top, le stade magnifique et les supporters ne demandent qu’à jouer le haut de tableau de L1. Oui, j’aurais été content de terminer ma carrière là-bas…

En voulez-vous à des gens d’être parti alors que vous souhaitiez rester ?

Joker. Enfin, j’en veux à une personne et tout le monde la connaît.

Avez-vous suivi le débat autour de l’absence de joueurs de couloirs à Nantes cette saison ? Et qu’en pensez-vous ?

C’est logique. On a terminé en 4-4-2 losange en fin de saison et ça se passait très bien. Beaucoup de joueurs sont partis, et ils ont recruté en pensant à ce système. Ça s’est mal passé donc il n’y a plus d’ailiers. Ça ne m’a pas fait sourire. C’est un peu leur problème, mais ils auraient pu prévoir autre chose à mon avis…

Hâte d’être à vendredi soir ?

Je suis excité par ce match. J’avais coché l’aller et le retour quand le calendrier est sorti. Je n’ai aucune rancœur particulière, juste le plaisir de revoir mes anciens coéquipiers et de jouer contre eux, et évidemment de marquer car je suis un compétiteur…

Vous avez tourné la page sans trop de rancœur…

C’est le foot qui est comme ça. On n’est pas tombés d’accord contractuellement en fin de saison. J’étais déçu car, moi et ma famille, on se sentait bien à Nantes. J’ai trouvé du bonheur ailleurs, c’est comme ça.

En fin de saison, le club n’a pas souhaité vous augmenter de manière importante pour vous conserver. De savoir maintenant que certains Canaris avoisinent les 90 000 euros mensuels (voire plus), ça vous inspire quoi avec le recul ?

C’est bien, c’est beau. Ils doivent mériter ça. Un mec comme Lorik Cana a joué dans des grands clubs : Marseille Paris etc. Moi, je n’ai jamais demandé 100 000 euros par mois. J’étais à des années-lumière de ça. Le président Kita peut en témoigner. En début de saison, quand ils ont voulu me prolonger, s’ils m’avaient donné deux ans de contrat au même salaire, je prolongeais. Le problème est qu’on a attendu, attendu… Des clubs m’ont offert trois ans de contrat avec un salaire plus important. A mon âge, je dois prendre ça en compte. Le président Kita a sans doute pensé que je n’avais rien d’autres derrière et que je jouais à l’intox. Ce n’était pas le cas.