FC Nantes-OL : « Sur mon troisième but, je ne savais plus ce qu’il se passait ! », se souvient Bessat

INTERVIEW Le FC Nantes accueille l’OL, samedi, dans le cadre des 16es de finale de la Coupe de France. Il y a cinq ans, l’ancien Canari Vincent Bessat, Lyonnais d’origine, signait un triplé contre Lyon

David Phelippeau

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Vincent Bessat, après un de ses trois buts, le 20 janvier 2015.
Vincent Bessat, après un de ses trois buts, le 20 janvier 2015. — GEORGES GOBET / AFP
  • Les Canaris retrouvent les Lyonnais en 16e de finale de la Coupe de France, samedi soir (20 h 55).
  • Il y a cinq ans, presque jour pour jour, Nantes battait l’OL dans cette même épreuve et au même stade de la compétition grâce à trois buts de Vincent Bessat.
  • L’ancien Nantais (2011-2015) raconte cette soirée magique pour lui.

En état de grâce. Il y a cinq ans presque jour pour jour, le 20 janvier 2015, l’ex-Canari Vincent Bessat envoyait à lui tout seul le FC Nantes en 8e de finale de la Coupe de France en signant un triplé à la Beaujoire face à Lyon… sa ville de naissance. Aujourd’hui, celui qui est en grosses difficultés sportives à Limassol à Chypre [il n’est même pas inscrit sur la liste des joueurs pouvant jouer un match officiel] n’a pas oublié cette soirée magique pour lui. « J’espère que ça sera la même issue samedi pour Nantes [FCN-OL, samedi à 20 h 55, en 16e de finale de la Coupe de France] », souffle aujourd’hui le milieu de terrain de 34 ans. Interview.

Nantes-Lyon en 16e de finale de la Coupe de France, samedi, à la Beaujoire. Ça vous rappelle quelque chose ?

Oui. Juste après le tirage, j’ai reçu dans tous les sens des vidéos de mon triplé, des messages. Pourtant, je ne suis pas très branché réseaux sociaux. C’est le seul triplé de ma carrière. Je ne suis pas un grand buteur, vous savez. Ce qui est fou c’est que certains grands goleadors n’en réalisent même pas dans leur carrière.

On vous en parle souvent de ce triplé ?

Sur Lyon, étant Lyonnais, quand on me parle de foot, on me parle forcément de cette soirée. Ce scénario était improbable. Déjà, que je marque un but, c’était plutôt rare, mais mettre un hat-trick comme ça… On en parle souvent à mon père, qui vit à Lyon. Certains de ses collègues par exemple. Ce qui est fou c’est que ce soir-là, Lyon n’avait pas son équipe bis. C’était l’équipe type du moment [Lopes, Gonalons, Lacazette, Fékir etc.].

Vous vous souvenez parfaitement de vos trois buts ?

A force de voir les vidéos, je me souviens de tous comme si c’était hier. C’était une super soirée, c’était ma soirée. Une de mes plus belles de ma carrière. Je me souviens de plein de choses : les buts, l’après-match avec les coéquipiers, l’interview sur Eurosport, le petit tacle de Kita [président du FCN] qui m’avait à moitié démonté… par rapport à la saison que je faisais et le fait que je n’avais pas toujours été bon. Du Kita quoi !

Et la chanson spécialement inventée pour vous («Et Vincent Bessat, et Vincent Bessat… ») avait évidemment résonné ce soir-là ?

Oui. De manière générale, c’était grandiose d’avoir une chanson à son nom. Ce n’est pas courant dans les stades et encore plus à Nantes… Ce sont des faits de carrière qui te marquent à vie. On la chante encore. A Chypre, un de mes coéquipiers l’a trouvé sur YouTube, il l’a mise parfois dans le vestiaire.

Qu’avez-vous fait du ballon ?

Johan Audel me l’avait ramené signé par tout le monde. Je ne savais même pas que quand tu marquais un triplé, tu pouvais récupérer le ballon à la fin. Il est actuellement au chaud chez moi.

Et le maillot du match ?

J’avais fait venir pour ce match des jeunes par le biais d’une personne que je connaissais. J’ai donné le maillot à un des petits. Mais, en fait, je l’ai récupéré car le jeune l’a encadré et ajouté des articles de journaux en dessous sous un plexiglas.

Vous êtes vous senti invincible ce soir-là ?

Même pas. On pense ça car j’ai signé un triplé. Au final, je n’ai jamais senti de sensations particulières sur cette rencontre. Après, c’était un top match contre Lyon avec une saveur particulière pour moi. Je me souviens en revanche que je ne savais même pas comment fêter mes buts. Le premier, ça va. Le deuxième, tu sais encore moins quoi faire et le troisième, tu ne sais plus ce qu’il se passe (rires).

Quel est celui que vous préférez ?

Le troisième [centre de Nkoudou et reprise de volée du gauche]. Je suis friand de mettre des volées comme ça. J’en mets beaucoup à l’entraînement des comme ça, je suis content de l’avoir réussie en match. Je le marque en plus devant la tribune Loire, ça avait donc une saveur particulière. De toute façon, ça sera toujours particulier avec cette tribune.

Vous avez été recalé par le centre de formation de Lyon, vous, le Lyonnais. Y avait-il ce soir-là un esprit de revanche ?

Non pas du tout. Aucune amertume contre le club de Lyon. J’ai fait un essai, je n’ai pas été pris à ce moment-là. Je n’avais pas le talent requis pour intégrer l’équipe lyonnaise de ma génération. Ça s’est fait ailleurs [centre de formation de Toulouse] et je me suis construit ailleurs. J’estime qu’au regard du joueur que je suis vraiment, j’ai réalisé une super carrière [Metz, Boulogne, Nantes, Caen puis Chypre]. J’aurais aimé jouer au Real Madrid, mais à un moment donné, il ne faut pas se voiler la face non plus. Je suis arrivé sur la pointe des pieds dans le foot et je vais en ressortir sur la pointe des pieds. J’avais un rêve, c’était de jouer à l’étranger, alors certes, ce n’est pas l’Angleterre, mais j’aurai vécu une expérience en dehors de la France.

Quels souvenirs gardez-vous de vos années nantaises (2011-2015) ?

Avec Serge Gakpé, Issa Cissokho ou Rémi Gomis et d’autres, on a vécu une époque extraordinaire. Je souhaite vraiment à tous les joueurs de vivre ce genre d’expérience. Tout n’a pas été tout beau, tout rose, loin de là. Mais, on a eu une cohésion de groupe incroyable, peut-être par la force des choses et notamment l’histoire Bangoura [Nantes avait été interdit de recrutement pendant deux mercatos]. En tout cas, ce fut la plus belle époque de loin de ma carrière avec une remontée en Ligue 1 [2013].