Dopage : L’ex-médecin de la Sky a bien commandé de la testostérone pour améliorer les performances des coureurs

CYCLISME Le Conseil général des médecins britanniques a jugé Richard Freeman coupable de pratiques dopantes ce vendredi 

N.C. avec AFP

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Bradley Wiggins et la Sky sont au coeur d'une enquête sur les pratiques au sein de l'équipe au début des années 2010.
Bradley Wiggins et la Sky sont au coeur d'une enquête sur les pratiques au sein de l'équipe au début des années 2010. — Fabio Ferrari/AP/SIPA

L'ancien médecin de la Sky Richard Freeman, qui avait toujours nié avoir commandé de la testostérone pour en administrer à des coureurs, a été reconnu coupable ce vendredi de l'avoir bel et bien fait à des fins de dopage par le Conseil général des médecins britanniques, rapporte la BBC

Ce tribunal médical a statué que Freeman, qui était également le médecin de l'équipe britannique de cyclisme, avait passé ces commandes «en sachant ou croyant» que le Testogel, un médicament utilisé chez l'homme adulte pour remplacer la testostérone, «devait être administré à un athlète pour améliorer ses performances sportives». 

Des ombres sur les JO et le Tour de France

Ce verdict va soulever de nombreuses questions sur les pratiques passées de l'équipe britannique, qui a dominé les derniers Jeux olympiques, ainsi que sur les performances de l'équipe Sky, qui a remporté six Tours de France entre 2012 et 2018, grâce à Bradley Wiggins, Christopher Froome et Geraint Thomas.

Freeman avait reconnu 18 des 22 chefs d'accusation concernant la commande du produit, mais avait nié l'avoir acheté pour l'administrer à un coureur. Il a affirmé que la testostérone avait été commandée pour traiter les problèmes d'érection du directeur technique de la fédération Shane Sutton, ce que ce dernier a démenti. 

Freeman également mis en cause par l'Agence britannique antidopage

Freeman, dont le procès est ouvert depuis maintenant deux ans, est également mis en cause par l'Agence britannique antidopage (Ukad), qui l'accuse de « possession de produits interdits » et de « perturbation ou de tentative de perturbation du contrôle antidopage ». Dans un rapport publié en 2018, les parlementaires britanniques avaient accusé la Sky (aujourd'hui équipe Ineos) d'avoir utilisé des corticoïdes pour améliorer les performances de ses coureurs et non pour les soigner, notamment sur le Tour de France 2012 remporté par Bradley Wiggins.

Le tribunal siégera à nouveau la semaine prochaine pour déterminer les sanctions auxquelles Freeman devra faire face et s'il sera jugé inapte à continuer à exercer la médecine.