Tour de France: Les grandes questions de l'édition 2012

CYCLISME A la veille du départ de la Grande Boucle, «20 Minutes» décrypte les enjeux importants de cette 99e édition...

A.D

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Bradley Wiggins (à gauche) et Cadel Evans lors du dernier Critérium du Dauphiné, à Lamastre, le 5 juin 2012.
Bradley Wiggins (à gauche) et Cadel Evans lors du dernier Critérium du Dauphiné, à Lamastre, le 5 juin 2012. — Claude Paris/AP/SIPA

Thomas Voeckler peut-il faire un nouveau top 5?

Soyons honnêtes, l’Alsacien n’a aucune chance de rééditer son exploit de l’an passé. Blessé à un genou, il a été perturbé pendant sa préparation et savoure son plaisir de pouvoir prendre le départ, samedi à Liège. «Il y a dix jours, lorsque je me suis arrêté sur la Route du Sud, je ne pouvais plus plier la jambe. Alors, être au départ aujourd’hui, c’est déjà une petite victoire sur moi-même. Le reste ce ne sera que du bonus.» Dans ces conditions, le quatrième du dernier Tour essaiera d’abord de remplir son rôle d’équipier: «On va dans un premier temps essayer de s’accrocher et si je suis juste, ce qui serait logique, je bosserai pour Pierre même sur des étapes de plaine.» Si l’on ajoute que le peloton va le surveiller du coin de l’œil après sa performance de l’an dernier, on peut logiquement affirmer qu’une place d’honneur au général tiendrait du miracle.

Mark Cavendish va-t-il rafler tous les sprints?

«Je ne vise pas le maillot vert. J’ai d’autres objectifs que le Tour de France.» Le Cav est clair: il veut le titre olympique à Londres. Il arrive donc sur la Grande Boucle avec l’envie de remporter quelques étapes, bien sûr, mais surtout dans l’idée de se préserver. Et quand on sait que la majorité des étapes présente un profil accidenté, on imagine mal le coureur de l’Ile de Man en sortir indemne. Des sprinteurs comme Sagan, Rojas ou même son coéquipier Boasson Hagen semblent mieux armés sur ce type de terrain. Pour le reste, le peloton compte tout de même quelques purs sangs dont il faudra se méfier. André Greipel, Tyler Farrar, Grega Bole, Matthew Goss ou Marcel Kittel ne demandent qu’à lui mordre les mollets.

Qui peut perturber le duel Wiggins-Evans?

Très peu d’arrivées au sommet, plus de 100km en contre-la-montre (101,4 pour être exact), ce Tour de France 2012 est taillé pour des rouleurs-grimpeurs. Bradley Wiggins et Cadel Evans, en plus d’être de cette trempe, ont la chance d’avoir une équipe complète autour d’eux. Le maillot jaune devrait se jouer entre le dernier vainqueur du Dauphiné et le vainqueur du Tour 2011. Malgré tout, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Et Hesjedal (vainqueur du Giro), Nibali ou Van Den Broeck sont autant de clients capables de créer la sensation en montagne. Il faudra s’accrocher et creuser des écarts considérables pour espérer titiller Wiggins et Evans. A moins de compter sur une chute ou une fringale.

Qui sera pris pour dopage?

Alors qu’un seul coureur a été pris par la patrouille l’an passé (Kolobnev), cette édition 2012 démarre dans un climat de suspicion avec «l’affaire» Europcar. L’équipe de Thomas Voeckler est la cible d’une enquête préliminaire, ouverte depuis août 2011, concernant une possible utilisation de corticoïdes. Mais le dernier produit en vogue en 2012 est un amincissant, l’Aicar. Un produit qui provoque une dilatation des vaisseaux sanguins et une augmentation de la combustion des graisses et des glucides. Bon à savoir avant de se pencher sur une épreuve dont six des huit derniers vainqueurs ont été concernés par des affaires de dopage.

Quelles seront les révélations?

Nous sommes à Bagnères-de-Luchon, le mercredi 18 juillet, aux alentours de 18h30. Seul, il vient d’engloutir l’Aubisque, le Tourmalet, l’Aspin et le col de Peyresourde. Il file dans la descente, vers la victoire de sa vie. Wouter Poels, jeune coureur néerlandais, lève les bras au ciel. Il a résisté aux meilleurs, conservant quelques dizaines de secondes d’avance sur Alejandro Valverde et Frank Schleck, partis en contre. Son équipe (Vacansoleil) peut se réjouir, cette victoire d’étape lui offre le maillot à pois. Fabuleux. Nous avons jeté notre dévolu sur Wouter, comme nous aurions pu mettre en lumière les Français Thibault Pinot, Arthur Vichot ou Julien Simon. Ou encore Kruijswijk (autre Néerlandais) ou Kiserlowski (Croate). Mais après les barbelés d’Hoogerland l’an passé, Vacansoleil avait droit à un autre moment de gloire.