OM-Rennes : Trois changements et un hold-up… Sampaoli dompte Genesio pour leur première
FOOTBALL•Le nouveau coach argentin a réussi sa première sur le banc marseillais en faisant entrer trois joueurs décisifs pour battre RennesCamille Allain avec AFP
L'essentiel
- L’OM s’est imposé face au Stade Rennais grâce à un but de Michaël Cuisance en fin de match.
- Entré en cours de jeu, le joueur du Bayern Munich a immédiatement salué le travail de son nouvel entraîneur Jorge Sampaoli.
- L’Argentin a gagné le duel des nouveaux entraîneurs face à Bruno Genesio, qui fêtait sa première à Rennes.
Certains vont crier au génie. On n’ira pas jusque-là. Oh non ! Car mercredi soir, on a pu douter de l’impact du coaching de Jorge Sampaoli en seconde période, tant ses hommes ont été dominés en fin de rencontre. Pour sa première sur le banc marseillais, l’entraîneur argentin s’est pourtant offert le scalp du Stade Rennais (1-0) grâce à un but inscrit dans les dernières minutes par le nouvel entrant Michaël Cuisance. Prêté par le Bayern Munich, le Français était dans le dur depuis son arrivée à l’OM. Mercredi, il a pourtant fait basculer un match longtemps indécis d’un coup de tête rageur à la 88e minute.
Ce but, les Marseillais le doivent à trois joueurs entrés en cours de match : Cuisance à la finition, Henrique pour le centre et Benedetto pour la petite louche juste avant. Alors, il n’est pas miraculeux ce coaching ? « Ça n’était pas simple de mettre en place les changements de structure. Mais il y a eu une grande adhésion à ces changements. Dans ce contexte, on ne peut pas tout faire en deux jours. Il reste beaucoup à corriger, on a notamment manqué de jeu vers l’intérieur », estimait l’Argentin après le match.
« Deux équipes convalescentes », selon Genesio
Avant d’exulter, comme le nouveau président Pablo Longoria en tribunes, Sampaoli avait usé ses chaussures dans sa zone technique, multipliant les allers-retours. On l’avait aussi vu beaucoup parler avec Dimitri Payet, à qui il a remis plusieurs fois un papier censé lui donner les consignes de jeu.
Au creux de cette seconde période indécise, c’était pourtant les Bretons qui semblaient mieux en place. En faisant entrer Truffert et Bourigeaud à la place de Maouassa et de Grenier, sorti blessé, Bruno Genesio avait dynamité son collectif. Inoffensifs pendant soixante minutes, les Rennais semblaient vouloir offrir trois points à leur nouveau coach. Ils y ont cru quand Martin Terrier a enroulé un amour de frappe du droit, repoussée par la transversale d’un Mandanda battu. « On ne méritait pas de perdre, le nul aurait été plus équitable sur la physionomie du match », estime Genesio, qui a vu « deux équipes convalescentes ».
« C’est un coach que tout joueur aime avoir parce qu’il aime attaquer »
Bien organisé dans un 5-3-2 inédit et plutôt séduisant en première période, l’OM semblait manquer de repères et de gaz au fil du match, subissant un pressing plus haut des Rennais. Le côté droit où Thauvin et Lirola avaient fait si mal était finalement bouché et les joueurs de Sampaoli ne trouvaient plus la solution. Au milieu de terrain, Kamara régnait mais ni Milik ni Thauvin ne parvenaient à tromper Gomis. Avant la délivrance signée Cuisance. « C’est un soulagement, ça fait du bien ». Buteur pour la première fois avec l’OM, le joueur du Bayern saluait immédiatement son nouvel entraîneur. « On a beaucoup de travail à faire, avec le coach, mais ce nouveau système va nous aider. On va plus attaquer et plus marquer, il va nous mettre en confiance. C’est un coach que tout joueur aime avoir parce qu’il aime attaquer, c’est ce qu’on aime dans le foot, ce qui fait plaisir ».
« La victoire est un pas vers l’avant. Avoir vu cette joie dans le vestiaire est un soulagement après dimanche (l'OM a été éliminé par Canet, une équipe de N2). C’est important de retrouver de la confiance et une identité de jeu. Je me suis senti enthousiaste, avec un peu de peur de ne pas être à la hauteur de ce club et de ce stade », a répondu son coach.
« En ce moment, c’est ce qui nous arrive tout le temps »
En face, c’était tout l’inverse. Battu pour la sixième fois consécutive, un record depuis 1986 selon Rouge Mémoire, le Stade Rennais continue de plonger. Son joli maillot floqué couleur or réalisé pour les 120 ans du club n’a pas eu l’effet escompté et l’arrivée de Bruno Genesio n’a rien changé. Fidèle au système de son prédécesseur Julien Stéphan, l’ancien Lyonnais alignait une équipe type, où Da Silva débutait sur le banc et Nzonzi portait le brassard de capitaine. « C’est frustrant. En ce moment, c’est ce qui nous arrive tout le temps. On essaye de changer la dynamique mais… Ce sont des détails qui font la différence », analysait le champion du monde au micro de Canal +.
Avec cette victoire, Sampaoli s’offre le droit de rêver. L’OM est repassé 6e et revient à deux points de Lens. Rennes conserve sa dixième place mais voit son objectif d’être européen s’éloigner. « Sur l’objectif final de la 5e ou 6e place, ça reste possible », estime Genesio.


















