Federer à la retraite, Euro et JO à huis clos… 2021 pourrait bien être pire que 2020

SPORT Vous avez trouvé l’année 2020 pourrie ? Attendez de voir la suite…

J.L et B.V

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Roger Federer lors du tournoi de Shanghai, le 10 octobre 2019.
Roger Federer lors du tournoi de Shanghai, le 10 octobre 2019. — HECTOR RETAMAL / AFP

« On se considère comme des réalistes, mais en termes philosophiques nous sommes des pessimistes. » Empruntons au chef-d’œuvre qu’est la saison 1 de True Detective cette citation pour lancer notre nouvelle année à la rédaction des sports de 20 Minutes : si 2020 a été nul, n’attendez pas beaucoup mieux de 2021. Voici une liste, non exhaustive, des trucs qui pourraient être pires l’année prochaine. Blame it on the Covid, on est prêts à passer douze mois de plus privés des émotions qu’on chérit le plus. Avec vous ?

Pochettino est enfin l’entraîneur qu’il fallait au PSG

Le coup dur qu’on n’avait pas vu venir, juste avant les fêtes. Le PSG lourde son entraîneur Thomas Tuchel et fait confiance à un ancien de la maison, Mauricio Pochettino. Vu sa réputation, ce couillon est foutu de faire courir les joueurs parisiens ou même pire d’arriver à faire jouer l’équipe correctement.

RIP notre fin de saison à suspense en Ligue 1, qu’on commençait doucement à envisager entre le big 3 Lille-Lyon-Paris, le PSG va rouler sur tout le monde et finir comme d’hab avec 10 points d’avance et un Mbappé à 30 pions. Alors c’est sûr, on y gagnera sans doute au change quelques belles soirées européennes, disons au moins deux, mais franchement, ça intéresse qui, ça ?

Thibaut Pinot en forme juste avant le Tour de France

Concernant le leader de la Groupama-FDJ, on s’était juré de ne plus y croire. Trop d’injustice, trop de chagrin à digérer à chaque fois. Pour 2021, c’était Gaudu ou rien. Et puis l’addiction qui revient sans prévenir. D’abord une victoire au Tour de Provence, sans opposition, puis une démonstration sur la dernière étape du Paris-Nice, ou même les mobylettes slovènes courbent l’échine. Rideau jusqu’au Critérium, où le Pino empanaché qu’on aime s’envole avec Pogaçar pour boucler la course sur le podium.

Oublié Démare et les sprints massifs, la France du vélo est retombée amoureuse de son champion. Elle sait pourtant la déception qui l’attend, dès le premier contre-la-montre en Mayenne. Pas de but à Laval, mais une grosse déconvenue pour Pinot qui rend trois minutes à Roglic et Pogaçar. « Je traîne une bronchite depuis le départ, je n’ai plus les jambes. » L’histoire de sa vie.

Euro et JO dans des stades vides

On a beau s’y habituer, on ne s’y fera jamais. Ça va bientôt faire un an, avec quelques intermittences, qu’on fait du sport dans des stades vides. Et à moins que les campagnes de vaccination s’accélèrent drastiquement, on est parti pour encore un moment. Jusqu’à quand ? Difficile d’imaginer qu’on n’aille pas jusqu’au printemps comme ça. Et pour la suite, c’est plus flou, mais rien n’indique que le public puisse être présent à l’Euro (11 juin – 11 juillet) puis aux JO de Tokyo (23 juillet – 7 août).

En octobre, le boss de l’UEFA Aleksander Ceferin assurait que le public serait présent dans les 12 stades qui recevront l’Euro. « Pour le moment, nous planifions l’Euro exactement comme nous le souhaitions. Nous pourrions faire différentes choses. Nous réfléchissons à des solutions sans fans, ou avec 30 %, 50 %, 70 %. »

Côté JO ? « Combien y aura-t-il de spectateurs et dans quelles conditions ? Cela dépendra beaucoup des développements futurs de la situation sanitaire » ne s’était pas avancé le boss du CIO Thomas Bach en novembre. Même si du côté de l’organisation, on semble plutôt confiant sur la présence des spectateurs, mais avec des conditions très restrictives, dont par exemple l’interdiction de crier.

Teddy Riner qui perd pour de vrai

Il y a des choses qu’on tient pour acquises dans la vie. La galette à la frangipane le 1er janvier, la canicule en juillet, et la première otite du petit en novembre. Le 3e titre olympique de Teddy Riner est à ranger quelque part parmi toutes ces certitudes. Ce n’est quand même pas une petite défaite face au dernier Japonais venu, la première en 154 combats, contre un type même pas retenu pour les JO version 2020, qui va nous faire trembloter du menton ?

On fera pourtant moins les malins début août à Tokyo quand le dénommé Kokoro Kageura, finalement repêché en 2021, poussera notre obélisque Riner en mort subite en quarts de finale. On sera même au fond du gouffre quand le Français sera déclaré perdant sur une moulinette scandaleuse au pays du judo. Riner ne digère pas et annonce sa retraite dans la foulée, tel un Lionel Jospin blessé dans son orgueil en 2002. Adieu Paris, adieu Teddy.

Federer forcé de prendre sa retraite

« Il aurait été facile de prendre ma retraite maintenant, mais je veux me donner une chance de profiter encore du tennis. » Si les dernières interventions médiatiques de l’homme aux 20 Grands Chelems se veulent rassurantes, son forfait à l’Open d’Australie, qu’il ratera pour la première fois de sa carrière, est une manière de se préparer au pire. Reverra-t-on un jour le Suisse sur le circuit, après deux arthroscopies au genou qui n’ont visiblement pas donné les résultats escomptés ?

Pour ce qui est de Roland-Garros, c’est définitivement cuit. Federer se battra pour disputer un dernier Wimbledon et les JO, sans doute, mais quel intérêt si ce n’est pas pour aller chercher la gagne ? Un retour à la Murray ferait peine à voir, franchement, et à 39 ans, le risque est grand d’abîmer sa légende. Le tennis est en passe de perdre son icône absolue, et Nadal ne tardera pas à suivre : la nuit s’apprête à tomber pour les fans de tennis.