Vendée Globe : Bestaven (re)prend le large… Grosse bagarre dans le peloton… Le journal de la course

VOILE Si les positions n’ont pas bougé en tête de la course du Vendée Globe, c’est derrière que les choses pourraient vite évoluer

A.L.G.

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Yannick Bestaven a de nouveau creusé l'écart avec ses deux poursuivants, Charlie Dalin et Thomas Ruyant.
Yannick Bestaven a de nouveau creusé l'écart avec ses deux poursuivants, Charlie Dalin et Thomas Ruyant. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Après avoir assisté ces dernières semaines à un jeu de yo-yo en tête du Vendée Globe 2020, il semblerait que les positions soient en train de se figer et les leaders ont surtout à l’esprit de manier au mieux les conditions météo et les stratégies afin de ne pas se faire bloquer dans des zones sans vent. On fait le point.

Le classement à 9 heures

1. Yannick Bestaven (Maître CoQ IV), à 10 190 milles nautiques de l’arrivée
2. Charlie Dalin (Apivia), à 92 milles du leader
3. Thomas Ruyant (LinkedOut), à 179 milles nautiques du leader
4. Boris Herrmann (SeaExplorer – Yacht Club de Monaco), à 301 milles nautiques du leader
5. Benjamin Dutreux (Omia – Water Family), à 343 milles nautiques du leader
6. Jean Le Cam (Yes We Cam !), à 354 milles nautiques du leader

Bestaven reprend le large

Aux dernières nouvelles, le leader surprise Yannick Bestaven se faisait un peu de mouron en sentant le souffle de Charlie Dalin dans son dos, mais la nuit de mardi à mercredi lui a été bénéfique. Il y a quelques heures encore, l’écart entre le leader et son poursuivant se réduisait dangereusement pour le skippeur Maître CoQ IV jusqu’à atteindre 72 milles nautiques mais celui-ci a finalement repris le large et ce sont désormais presque 100 milles nautiques qui séparent Bestaven de Dalin.

Les leaders manquent de vent

Lancés au beau milieu de l’océan Pacifique, les bateaux de tête abordent un moment stratégique de la course, bloqués dans une zone de haute pression qu’ils n’ont pu éviter par mesure de sécurité. En effet, les organisateurs de cette neuvième édition du Vendée Globe ont imposé aux concurrents une ligne virtuelle à ne pas franchir, le long de la barrière des glaces (ZEA), afin de limiter la rencontre des IMOCA avec les icebergs et les growlers. Il faut donc habillement manœuvrer pour trouver les bons vents et, comme nous vous le relations un peu plus haut, à ce petit jeu il semblerait que Yannick Bestaven a réussi à mieux tirer son épingle du jeu.

Ça va revenir fort derrière

Cette zone de vents faibles ne concernant que les six bateaux de tête, derrière le reste de la flotte aiguise ses couteaux et s’apprête à livrer une belle bataille qui pourrait donner lieu à un véritable regroupement. Un constat qui ne réjouit pas forcément Damien Seguin, actuel sixième de la course. « Ça va revenir fort par derrière, c’est un peu énervant, mais c’est le jeu » confiait-il mardi. A l’inverse, juste derrière lui, Damien Seguin est chaud comme jamais. « J’ai l’opportunité de revenir. Je suis prêt à batailler. J’attends le bon moment », a-t-il prévenu mercredi matin.

Isabelle Joschke, une novice « à la hauteur du challenge »

Seule dans les zones les plus retirées et les plus effrayantes de la planète, Isabelle Joschke réalise jusqu’ici une course remarquable pour son premier Vendée Globe. Actuellement en huitième position, la navigatrice franco-allemande a partagé son ressenti à l’AFP. Et visiblement cette première expérience hors du commun lui procure énormément de bonheur.

« Je trouve ça incroyable de voir combien ça me faisait peur de traverser ces mers du sud – ça me faisait frissonner rien que d’y penser – et maintenant que j’y suis, le plaisir que j’ai… De la Nouvelle-Zélande au cap Horn, je vais traverser le bout du bout du monde, c’est-à-dire le point Nemo, cet endroit le plus éloigné de toute terre, j’y vais et je m’en réjouis, a-t-elle expliqué. Je trouve ça magique, je vois que mes peurs se sont calmées ou en tout cas que j’ai réussi à les transformer. Aujourd’hui je me sens parfaitement à la hauteur du challenge. Plus ça va, plus je me suis installée dans cette course, plus j’en prends la mesure, plus je m’y sens à ma place ».