Cyclisme : Enfin un protocole pour les commotions cérébrales dans le vélo après le cas Bardet

SANTE Ce sera une détection par étapes, permettant de sortir rapidement de la course les coureurs les plus touchés, sans pénaliser ceux qui tenteront de recoller au peloton.

J.L. avec AFP

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Romain Bardet, blessé, à l'arrivée de la 13e étape du Tour de France, le 11 septembre 2020.
Romain Bardet, blessé, à l'arrivée de la 13e étape du Tour de France, le 11 septembre 2020. — Stuart Franklin / POOL / AFP

L’Union cycliste internationale (UCI) a adopté jeudi son premier protocole de prise en charge des commotions cérébrales, un chantier engagé il y a plus d’un an et relancé par l'accident de Romain Bardet sur le Tour de France. Projeté au sol à 65 km/h en descente, visiblement sonné, le coureur était remonté sur son vélo pour parcourir les 90 derniers kilomètres de la 13e étape, avant d’abandonner le soir une fois examiné à l’hôpital.

La mauvaise gestion du cas Bardet sur le Tour a tout accéléré

Son cas illustre la « difficulté de gérer les suspicions de commotions dans un sport au rythme effréné », où il est impossible d’arrêter la course pour évaluer un concurrent touché à la tête, relève jeudi l’Union cycliste internationale (UCI) dans son document.

D’où l’idée d’une détection par étapes, permettant de sortir rapidement de la course les coureurs les plus touchés, sans pénaliser ceux qui tenteront de recoller au peloton. Les sept experts réunis depuis septembre 2019 par l’UCI ont donc énuméré des signes de « retrait immédiat », repérables sans formation médicale par les premières personnes arrivées sur les lieux d’une chute.

Des « Drapeaux rouge » détectables rapidement pour ne pas influer sur la course

Convulsions, vomissements, regard absent, blessure au visage, désorientation, douleur dans la nuque, maux de tête, vision double… Autant de « drapeaux rouges » synonymes d’abandon imposé. Si le coureur semble lucide mais que le choc a été violent ou que son casque est fendu, le premier médecin présent sur les lieux peut lui faire passer une évaluation accélérée, inspirée de celles en vigueur dans les sports collectifs.

« Dans quelle course sommes-nous ? Qui a gagné hier ? Combien de kilomètres reste-t-il ? » : pendant que les secondes défilent, s’enchaîneront questions type, tests d’équilibre, mots à retenir et chiffres à répéter à l’envers. L’UCI prévoit deux autres examens, cette fois plus complets, le soir même et le lendemain, « pour détecter les signes qui se manifestent tardivement ». En cas de commotion, une reprise progressive de l’activité est prévue, mais les coureurs seront interdits de compétition au moins sept jours après la disparition des symptômes (quatorze chez les juniors).