Tour de France : Bardet estime que son cas « demande de repenser les protocoles » concernant les commotions

CYCLISME Le Français était reparti après avoir lourdement chuté lors de la 13e étape, alors qu'il souffrait d'une commotion 

N.C. avec AFP

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Romain Bardet à l'arrivée de la 4e étape du Tour de France à Orcieres-Merlette, le 1er septembre 2020.
Romain Bardet à l'arrivée de la 4e étape du Tour de France à Orcieres-Merlette, le 1er septembre 2020. — jeep.vidon/SIPA

Romain Bardet, qui a quitté le Tour de France vendredi dernier en raison d’une commotion cérébrale, s’est prononcé pour un protocole différent dans ce type d’accident, avec une décision prise par des personnes extérieures. « Le début de la convalescence se passe bien », a annoncé mercredi l’Auvergnat de l’équipe AG2R La Mondiale qui espère pouvoir recourir avant la fin de saison « même si ce n’est pas sûr du tout ».

Bardet a dédouané tant les médecins qui l’ont laissé continuer la course après sa chute que les responsables de son équipe. « Les médecins ne sont pas à blâmer », a-t-il insisté lors d’une visio-conférence tenue en marge de l’étape du Tour de France. « C’est moi qui ai pris la décision de repartir. En forçant le trait, il aurait fallu que l’on me mette des menottes pour que je ne reparte pas ».

« Cela demande de repenser les protocoles, a-t-il estimé. Dans le feu de l’action, je ne suis pas en mesure de prendre les bonnes décisions. Ni les coureurs, ni les directeurs sportifs ne sont à blâmer. Ils ne sont pas en mesure de juger les éventuels dommages causés par une chute. Il faut que ce soit des personnes extérieures, impartiales. »

Le Français a souligné toutefois la difficulté d’établir un protocole : « On ne peut pas perdre 30 secondes de plus sur un arrêt, chaque seconde perdue peut mettre en péril la stratégie d’une équipe. Mais on peut se référer à un faisceau d’indices pour ne pas arriver à mettre en danger la santé des coureurs. »

Pas la première fois que cela lui arrive

Bardet, qui est suivi dans sa convalescence par des spécialistes habitués aux commotions cérébrales dans le rugby, notamment à l’ASM, a détaillé son proche avenir : « Le retour progressif à la normale va s’étendre sur plusieurs semaines, un mois complet, pour voir si je déclenche des symptômes. C’est le seul indicateur pour voir s’il est utopiste ou réaliste de raccrocher un dossard (avant la fin de saison). J’ai eu quatre jours très difficiles après la chute. Mais depuis 24 heures ça va nettement mieux. Je sens que je vais pouvoir reprendre la rééducation. »

« Ce n’est pas la première commotion que je fais sur le vélo », a-t-il ajouté en faisant référence à une chute survenue par le passé au Tour de Catalogne. « Le choc était aussi violent, j’étais resté groggy. Mais on en a moins parlé que sur le Tour ». Bardet, 30 ans, quittera en fin de saison sa formation de toujours, AG2R La Mondiale, pour l’équipe allemande Sunweb.