Tottenham-Royal Antwerp : « Le championnat belge est sous coté », estime le défenseur Jérémy Gélin

INTERVIEW Prêté par le Stade Rennais, le Français se déplace à Tottenham ce jeudi soir pour une finale de groupe en Ligue Europa

Propos recueillis par Camille Allain
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Le défenseur d'Anvers Jérémy Gélin ici à la lutte avec Erik Lamela et Harry Kane, va retrouver Tottenham en Ligue Europa.
Le défenseur d'Anvers Jérémy Gélin ici à la lutte avec Erik Lamela et Harry Kane, va retrouver Tottenham en Ligue Europa. — Francois Walschaerts/SIPA
  • Le défenseur du Stade Rennais Jérémy Gélin a été prêté à Anvers cette saison pour acquérir du temps de jeu.
  • Le Rennais découvre le championnat belge et estime qu’il « est sous coté ».
  • Son club sera ce jeudi à Tottenham pour son dernier match de poule en Ligue Europa. A l’aller, les Belges s’étaient imposés.

Il avait tout juste 20 ans quand il constituait avec Joris Gnagnon l’une des charnières centrales les plus solides de Ligue 1. Plébiscité par Sabri Lamouchi, Jérémy Gélin impressionnait alors par son sens du déplacement et sa qualité de relance. Joris Gnagnon s’occupait d’imposer son physique pour porter Rennes à la cinquième place du championnat et une qualification en Ligue Europa. Le destin des deux hommes a depuis été bien différent. Transféré au FC Séville pour une coquette somme, Gnagnon a disparu de la circulation. Jérémy Gélin est lui resté dans son club formateur mais n’a que très peu joué depuis l’arrivée de Julien Stéphan il y a deux ans.

Le natif de Quimper a quitté Rennes en fin de mercato à l’automne pour embrasser un prêt payant d’un an à Anvers. Brillant au cœur d’une défense à trois, celui qui peut aussi jouer milieu relayeur semble porter son club, qui se déplace ce soir à Tottenham pour son dernier match de poule. A l’aller, les Belges l’avaient emporté 1-0 face aux hommes de José Mourinho et sont déjà qualifiés pour les 16e de finale. Ce qui fait dire au défenseur que « le championnat belge est sous coté ». Entretien.

Vous vous attendiez à arriver en position de force pour ce dernier match à Tottenham ?

Peut-être pas. Mais pourquoi ne pas aller gagner chez eux ? A l’aller, on avait été bons. Le coach avait mis un truc carré en place et ça a marché. C’était une réponse tactique incroyable. Je ne peux pas dire qu’on le savait mais dans la semaine, on sentait qu’on était concernés. Il y avait quelque chose. Cette victoire prouve que le championnat belge est sous-coté. En France, on a des a priori dessus mais ils sont faux. C’est différent de la Ligue 1 mais il ne faut pas le négliger. C’est un championnat très physique qui a de très bons joueurs. Ça demande beaucoup d’intelligence dans la tactique. Le Club Bruges jouait la Ligue des champions et ils ne marchent pas sur le championnat. C’est la preuve qu’il y a de la qualité partout.

Pourquoi avoir décidé de quitter Rennes ?

Ça faisait un petit moment que je n’avais pas joué. Il fallait que je prenne du temps de jeu. C’était un choix personnel. C’était à la fois dur de quitter Rennes, mon club formateur, parce que quand tu pars, tu ne sais pas ce que tu retrouves derrière. Mais il fallait prendre le risque d’aller trouver du temps de jeu ailleurs. C’était le bon moment. Je suis jeune et je voulais absolument jouer. J’ai mis un peu de temps à me décider. Anvers me voulait par rapport à ma qualité de relance mais aussi parce qu’ils jouent en 3-5-2. C’est un système que j’apprécie, qui va très bien avec mes caractéristiques. Je suis content parce que je m’y retrouve, je me sens bien ici. Je me sens comme un joueur qui a de l’importance, qui apporte quelque chose. Ça donne de la confiance, c’est gratifiant.

Ce prêt, c’est une manière de prouver votre valeur aux nouveaux dirigeants rennais ?

Non pas du tout. Il y a des gens qui s’occupent du mercato. Mon objectif, c’était de jouer. J’ai eu cette opportunité, je ne regarde pas derrière. Je suis venu ici pour m’aguerrir, jouer, prendre de l’expérience mais aussi pour montrer ce que je savais faire parce que certains l’avaient un peu oublié.

Quelle relation entreteniez-vous avec Julien Stéphan ?

C’est un entraîneur que j’ai connu chez les jeunes. La relation a été correcte, une relation normale coach joueur. Toute basique. Il n’y avait pas beaucoup de communication. Rien de spécifique. Il m’entraînait en U19 et en CFA. J’ai eu des discussions avec lui avant de partir, c’était sain, il n’y a pas eu de soucis.

Vous êtes quatrièmes de Jupiler Pro League. Quelles sont vos ambitions ?

On reste dans les positions qui nous permettent de regarder le haut de tableau. On construit notre saison petit à petit. Il y aura sans doute des hauts et des bas, la saison sera longue. On veut terminer le plus haut possible pour jouer les playoffs. Après, il faudra essayer d’être champion. Le club a fait un recrutement cohérent, il est dans l’attente de résultats, ce qui est normal. Antwerp doit viser le haut du tableau. On aimerait aller plus loin en Ligue Europa. Cette compétition, elle est cool à jouer. Ça rajoute un piment, tu joues le jeudi.

Vous vous voyez revenir jouer à Rennes à l’issue de votre prêt ?

Je veux d’abord faire une grosse saison, c’est clair et net. Et après ? Revenir à Rennes ? De toute façon, je suis sous contrat (jusqu’en 2022) donc il faudra que je revienne. Mais derrière, il y aura plein de possibilités. L’opportunité de Rennes peut me plaire si elle m’apporte du temps de jeu. Ça restera une option mais il y en aura d’autres j’espère. On posera tout ça sur une table quand la saison sera terminée.