Losc-Sparta Prague : « J’avais jamais vu autant de piles tomber sur un stade », se souvient Rio Mavuba, ex-joueur des deux clubs

INTERVIEW L’ancien milieu de terrain a passé neuf saisons à Lille et une année au Sparta Prague, deux clubs qui s’affrontent ce jeudi (18h55) en Ligue Europa au stade Pierre-Mauroy

Francois Launay

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Rio Mavuba a passé neuf saisons au Losc
Rio Mavuba a passé neuf saisons au Losc — M.Libert/20 Minutes
  • Lille peut se qualifier pour les seizièmes de finale de la Ligue Europa en cas de victoire à domicile ce jeudi (18h55) face au Sparta Prague.
  • Ancien joueur des deux clubs, Rio Mavuba parle des deux équipes et revient sur ses grands souvenirs européens.

Rio Mavuba est sans doute la personne la mieux placée pour parler du Losc et du Sparta Prague qui s’affrontent ce jeudi (18h55) au stade Pierre-Mauroy pour le compte de la 5e journée de Ligue Europa. Capitaine emblématique de Lille pendant neuf saisons (2008-2017), l’ancien milieu de terrain a aussi joué une saison dans le club tchèque (2017-2018) avant de mettre un terme à sa carrière. Celui qui est aujourd’hui entraineur adjoint de la réserve des Girondins de Bordeaux nous parle du match, de ses deux anciens clubs mais aussi de ses bons et mauvais souvenirs européens.

Que pensez-vous du parcours européen du Losc qui peut se qualifier en seizièmes de finale en cas de victoire ce jeudi ?

Ils ont une belle opportunité à saisir. Ils font un très beau parcours pour le moment (1er avec 8 points) avec notamment cette victoire retentissante sur la pelouse de l'AC Milan (0-3). Maintenant, il faut confirmer. Mais il faudra se méfier du Sparta qui n’est plus la même équipe que lors du match aller. A l’époque, le club n’avait pas joué depuis trois semaines. Mais ils se sont relevés et ont repris confiance.

Le Sparta Prague, qui est aussi en course pour la qualification, vous surprend-il ?

Oui. Je suis plus surpris par le Sparta que par le Losc. Après leur nette défaite à domicile contre Lille (1-4), je me suis dit que ça allait être compliqué pour eux. Mais leur double confrontation victorieuse contre le Celtic les a relancés (3e avec 6 points). Ça reste une belle performance.

Que vaut vraiment le Sparta par rapport à Lille ?

Le Losc est favori mais attention car le Sparta Prague reste une belle équipe. En France, on a souvent tendance à sous estimer ce genre de championnat. Oui, la France a un championnat de meilleur niveau. Mais en République Tchèque, il y a deux ou trois équipes qui pourraient facilement être classées entre la 5e et la 10e place de Ligue 1. Quand on voit le Slavia Praque qui s’est imposé à Nice la semaine dernière (1-3), ça prouve qu’il faut respecter ce genre d’équipe.

Cela fait 14 matchs et 8 ans que Lille n’a plus remporté une rencontre de Coupe d’Europe à domicile. Que vous inspire cette statistique en tant qu’ex-capitaine du Losc ?

Je pense que j’ai participé à quelques-uns de ces matchs (rires). Je ne suis pas fier de cette série. C’est surprenant. Mais c’est sans doute la faute du calendrier et des grosses équipes (rires). Plus sérieusement, je n’arrive pas à expliquer cette incroyable statistique. Parce qu’il n’y a pas eu d’appréhension particulière, pas de peur de mal faire. On a fait de mauvais matchs comme celui perdu en Ligue des champions contre le Bate Borisov (1-3 en 2012). Je pense et j’espère que cette mauvaise série va s’arrêter dès ce jeudi.

A l’inverse, quels sont vos meilleurs souvenirs européens avec Lille ?

Il y a eu le match contre Copenhague qui nous qualifie en Ligue des champions (2-0 en 2012), un autre contre Liverpool en Ligue Europa (1-0 en 2010). Mais si je dois en garder un seul, c'est celui qu'on a joué sur la pelouse de Fenerbahce (16e de finale retour de Ligue Europa 2010). J’avais kiffé ce match. On gagne l’aller chez nous (2-1) et on est mené (1-0) au retour jusqu’à 3 minutes de la fin où Rami égalise et nous qualifie (1-1). Il y avait une ambiance terrible. Nos supporters étaient dans un coin du stade donc on est allé les saluer à la fin. Et là, on s’est pris une pluie de piles. J’avais jamais vu autant de piles tomber sur un stade (rires). On a fait demi-tour tout de suite.

Lille est-il mieux armé désormais en Coupe d’Europe que par le passé ?

Oui. Je pense qu’il y a un effectif qui est plus conséquent. A notre époque, on s’appuyait sur beaucoup de joueurs du centre de formation. Maintenant, il y a toujours des jeunes mais ils ne viennent pas du centre de formation. Ils ont été identifiés ailleurs comme ayant un gros potentiel. Et puis, ils sont désormais en mesure de garder des joueurs même en cas d’offre conséquente. Ce qui n’était pas le cas à notre époque. Le club a l’air plus costaud pour garder certains joueurs.

Quels rapports gardez-vous aujourd’hui avec le Losc ?

Il y a toujours un lien particulier avec les supporters du Losc, notamment à travers les réseaux sociaux. Au club, je connais de moins en moins de personnes mais j’ai toujours une pensée particulière pour certaines personnes comme Aurélien Fournier (team manager) qui œuvre dans l’ombre depuis très longtemps. C’est toujours avec grand plaisir que je retourne à Lille qui restera toujours une ville et un club à part.

Pourquoi ?

J’y ai passé neuf ans. Mes deux derniers enfants sont nés à Lille. Et puis sportivement il y a ce fameux doublé en 2011 qui restera quelque chose de fort. Certains supporters attendaient depuis plus de 50 ans de revoir le Losc gagner des titres. Voir tout ce peuple lillois dans les rues restera un moment fort gravé à jamais. Tout comme le lien qui nous unissait dans l’équipe. On est nombreux à être encore en contact aujourd’hui.