Vendée Globe: Thomas Ruyant répare à 28 mètres de haut... Beyou philosophe sur ses mésaventures... Le journal de la course

VOILE Charlie Dulin est passé devant Thomas Ruyant ce lundi matin, mais ça se joue à rien entre les deux skippeurs, qui possèdent en revanche une belle avance sur le reste de la flotte

N.C.

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Thomas Ruyant mène la flotte du Vendée Globe en direction du Cap de Bonne-Espérance, le 23 novembre 2020.
Thomas Ruyant mène la flotte du Vendée Globe en direction du Cap de Bonne-Espérance, le 23 novembre 2020. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Alex Thomson au ralenti, un duo commence à se détacher en tête du Vendée Globe. Thomas Ruyant, après avoir effectué une opération délicate et spectaculaire tout en haut de son mât, s’est fait dépasser par Charlie Dalin tôt ce lundi matin. Les deux marins, dans un mouchoir de poche, ont plus de 260 milles (480 kilomètres) d’avance sur le reste de la flotte, qui traverse l’Atlantique dans le sens de la largeur vers le Cap de Bonne-Espérance.

Le classement

1. Charlie Dalin (Apivia)

2. Thomas Ruyant (LinkedOut) à 18 milles du premier

3. Jean Le Cam (Yes we Cam !) à 262 milles du premier

4. Kevin Escoffier (PRB) à 274 milles du premier

5. Alex Thomson (Hugo Boss) à 294 milles du premier

Ruyant l’alpiniste

Thomas Ruyant a fait très fort, dimanche. Victime dès le départ d’un problème de cordes servant utiliser ses grandes voiles d’avant, le skippeur a profité d’une mer un peu plus calme au petit matin pour grimper en haut de son mât de 28 mètres et effectuer des réparations.

Une manœuvre qui lui a peut-être coûté la place de leader, cédée à Charlie Dulin lundi matin, mais le voilà désormais bien armé pour attaquer les mers du sud et défendre chèrement sa peau.

Thomson le stoïque

Contraint à d’importantes réparations sur une poutre longitudinale, située à l’avant du bateau, Gallois est passé en mode bricoleur. Lui qui menait la course il y a encore un peu plus d’un jour va devoir naviguer au ralenti quelque temps. Un coup dur pour celui qui espère enfin l’emporter, après deux podiums lors des deux dernières éditions. Mais Thomson essaie de prendre les choses du mieux possible.

« Je suis déçu évidemment, mais c’est le Vendée Globe. C’est ce qu’il implique. Il faut être capable de gérer ce genre de choses, a-t-il raconté au PC course. Dans ces situations, je suis habituellement en colère, triste et émotif, mais ce n’est pas le cas cette fois-ci. J’ai juste besoin de faire avec. Je suis sûr qu’à un moment donné, les émotions peuvent remonter mais, pour l’instant, il n’y a qu’une seule priorité : faire le travail du mieux que je peux. Je ferai tout ce qu’il faut pour rester dans la course. »

Beyou le philosophe

Reparti après un retour forcé aux Sables, le grand favori initial de ce Vendée file à toute allure le long des côtes africaines. « J’ai trouvé cette nuit un bon couloir de vent, et j’en ai plus que prévu. Alors je laisse parler le bateau, qui est magique. Là, je ne suis jamais en dessous des 20 nœuds, c’est royal », a-t-il expliqué à la vacation de 5h lundi matin. Encore très loin derrière, bien sûr, il peut toutefois rêver à une belle remontée. En attendant, il profite de son infortune et des innombrables messages de soutien reçus pour prendre un peu de recul sur ce que représente son aventure.

« Je ne suis pas formaté pour l’aventure, pour ce que je vis actuellement, mais je me rends compte que ce qui apparaît d’abord comme une aventure technique, ce n’est finalement que de l’humain. Les gens sont passionnés par ça, et c’est légitime. Je me rends aussi compte que c’est dingue de connaître aussi peu un sport que j’ai pratiqué toute ma vie. J’ai fait de la voile toute ma vie et je ne connais pas : je découvre une facette plus empreinte d’humain que je l’imaginais. » Amen.