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Le XV de France a cru au miracle contre l’Irlande, mais en vain

France – Irlande : « On a pris les pénalités pour le goal-average »… Les Bleus ont cru au miracle mais ça n’a pas suffi

RUGBYLe XV de France a gagné avec le bonus offensif mais ça ne suffisait pas pour gagner le Tournoi
William Pereira

William Pereira

Au Stade de France,

Pour remporter le tournoi des 6 Nations samedi soir, la France se devait d’être immensément forte, ou de compter sur une Angleterre​ juste moyenne en Italie. Manque de pot, les Bleus n’ont été « que » très bons et le XV de la Rose n’y a pas mis du sien. C’est donc assommés par le succès bonifié des Anglais (34-5) en fin d’après-midi que nous nous sommes dirigés vers le Stade de France. Ce qui prouve bien qu’en plus de n’avoir pas le physique, nous n’avons pas le mental pour jouer dans l’équipe de Fabien Galthié, autrement plus déterminée à l’heure de se farcir les Irlandais.

7e minute : Gaël Fickou mystifie deux Irlandais avec des appuis de pur ailier et décale Antoine Dupont, décidément là au bon endroit, au bon moment. Essai transformé par Ntamack. 7-0, bam ! On est à peu près sûr d’avoir senti les Anglais trembler chez eux depuis notre siège en tribune presse. Bon, le truc, c’est que ça n’a pas vraiment duré longtemps. Les Français ont reculé, tenu bon, fait des fautes, encore reculé, fait n’importe quoi à l’image du geste désespéré d’Anthony Bouthier synonyme de carton jaune, résisté à 14 puis fini par craquer à la 19e. Donc à une minute du retour de l’arrière sur le terrain.

Botter les pénalités pour gratter des points

C’est aussi con qu’admirable, finalement. Car les Irlandais en ont passé du temps, à tenter de franchir cette foutue ligne d’en-but. Charles Ollivon : « On prend un carton rapidement, donc on a essayé de serrer la vis tout de suite. On a essayé de tenir pendant dix minutes. On a été hyper efficaces. Je crois qu’on a fait preuve de solidarité pendant ces dix minutes, on est restés dans le cadre, on a toujours été dedans. »

Le cadre, c’était comme toujours de mettre de l’intensité, de monter très rapidement sur le porteur du ballon et de plaquer si possible correctement pour ne pas se faire démonter par Shaun Edwards au débrief vidéo du match. Avec un seul but en tête : mettre une rouste aux Irlandais pour aller descendre les Anglais de leur piédestal. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’à 25-13, Ollivon choisit les trois points plutôt que de chercher l’essai à tout prix. La confiance était totale à ce moment du match. « En prenant les trois points à 25-13 on voulait se rapprocher. On savait que les quatre essais, on avait le temps de les mettre et on a pris souvent les trois points justement pour le goal-average, il fallait prendre les points tout au long du match, c’était notre stratégie. »

Premiers ex aequo, pas deuxièmes

A 28-13, il ne manque aux hommes de Galthié « que » 15 points à marquer (sans en prendre) pour déloger l’Angleterre. Les Irlandais donnent l’impression de tirer la langue devant l’insoutenable pression tricolore mais ne rompent pas. Bien leur en a pris. Impeccables en défense lors des dix premières minutes de la seconde période, les Français ont aidé leurs adversaires à se refaire la cerise à coups d’indiscipline et de plaquages ratés – trois sur l’essai d’Henshaw à la 60e, rien que ça. Et là, il n’y avait plus rien à faire. Le plan a échoué, mais seulement à moitié. Comme le capitaine l’avait prévu, l’essai de la bonification a fini par arriver (71e). Médium.

C’est comme ça, perdre de peu. A défaut de pouvoir brandir le trophée, on s’accroche à une ou deux branches de mauvaise foi pour ne pas tomber dans la déprime. Par exemple : la France a battu les meilleurs donc c’est elle la plus forte. Fabien Galthié, boomer : « on est satisfaits parce qu’on finit à égalité de points avec l’Angleterre. Mais on est aussi un peu déçus parce qu’à notre époque ; on aurait gagné le tournoi parce que c’était le goal-average particulier qui primait. Mais ça a changé entre-temps. » On notera par ailleurs que dans la sémantique, le sélectionneur ne reconnaît qu’à moitié la victoire anglaise en qualifiant son équipe de « première ex aequo » avec une Angleterre qui « gagne le tournoi au goal-average ». Avoir la défaite mauvaise, oui, mais toujours en finesse.