France-Ukraine : « Si je reste sur la même cadence... », après Platini, Giroud part à la chasse de Titi Henry

FOOTBALL L’attaquant tricolore a dépassé Michel Platini et s’installe à la deuxième place du classement des meilleurs buteurs de l’histoire de l’équipe de France

Julien Laloye

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Olivier Giroud, le 7 octobre 2020 au Stade de France.
Olivier Giroud, le 7 octobre 2020 au Stade de France. — Francois Mori/AP/SIPA
  • Olivier Giroud a inscrit un doublé face à l'Ukraine et totalise désormais 42 buts en équipe de France.
  • L'attaquant de Chelsea dépasse Michel Platini, désormais à la troisième place des meilleurs buteurs de l'histoire tricolore.
  • Il ne reste plus que Thierry Henry devant lui, avec 51 buts, un chiffre tout à fait dans ses cordes.

Au Stade de France,

Il y a des articles qu’on pourrait écrire en fermant les yeux, et d’ailleurs, il se fait tard mercredi soir, pendant qu’on attend Olivier Giroud dans un des sous-sols de SDF. Figurez-vous que l’avant-centre des Bleus est en train de prendre une photo souvenir avec « Sheva », sélectionneur de l’Ukraine et l’un des très grands attaquants du début des années 2000, pour ceux qui ont encore l’âge d’aller choper le Covid en soirée (arrêtez de faire les cons tant qu’on y pense). Shevchenko, une idole de notre Giroud national lorsqu’il était ado, à qui il a déjà demandé de lui dédicacer un maillot quand l’ancien joueur des Blues passe faire un tour à Stamford Bridge pour revoir les copains.

Le record d’Henry dans le viseur

On n’a pas eu le temps de demander au boss des Jovto-Blakytni si lui-même était fan du deuxième meilleur buteur des Bleus. Oui, deuxième, puisqu’il a dépassé le grand Michel Platini (42 buts contre 41), après avoir déjà fait la peau à Trezeguet, Djorkaeff, ou Zidane. Une frappe exceptionnelle du gauche et une tête plongeante, c’était réglé à la demi-heure de jeu. Le Grenoblois d’origine, qui avait marqué son premier but en pro contre Mandanda, lui aussi sur le terrain mercredi, a réussi à nous surprendre au micro après le match. Bien sûr, il a évoqué son immense fierté : « j’étais très ému d’avoir le brassard ce soir, très honoré, le coach m’a fait un joli cadeau et forcément cette soirée s’est passée comme j’aurais pu le rêver », fort bien.

Mais Giroud restant Giroud, il ajoute toujours le petit détail qui va combler le plumitif : mercredi, c’était nous sortir qu’il s’en voulait « d’avoir raté sa tête sur le but de Camavinga, mais comme les attaquants le disent parfois, je la prends trop bien. Heureusement, je suis resté concentré et j’ai pris ma chance ensuite ». Petit aparté qui dit beaucoup de choses, et d’abord que Giroud sait penser à lui, bien qu’il s’en défende. Contre l’Ukraine, un adversaire qu’il savait diminué, il s’était fixé de dépasser Platini coûte que coûte, quitte à oublier un peu les copains, sinon il se serait contenté de dire qu’il était content pour le gamin rennais, encore épatant au milieu.

« Si je reste sur la même cadence, je suis optimiste »

N’allez pas lire ce qu’on n’a pas écrit. L’attaquant des Bleus n’a pas été perso, loin de là, on a même été étonnés de sa bonne entente « naturelle » avec Martial sur un ou deux échanges en première mi-temps, mais voilà, sous ses airs du type qui est là pour rendre service, Giroud est un monstre d’ambition pour lui-même. Il peut vous citer tous ses buts depuis ses 12 ans, et il a dû compter comme nous que la France peut potentiellement disputer 20 matchs d’ici juillet 2021 si elle va en finale de l’Euro. Cela lui laisse un peu de marge pour rattraper Henry et ses 51 buts sans se forcer.

« Vous me connaissez, ce n’est pas du tout moi qui vais dire que je vais dépasser une autre légende du foot qu’est Titi ». Il le dit quand même. « Bien sûr, si je reste sur la même cadence, 10 buts sur les 13 dernières sélections je crois, je suis optimiste pour me rapprocher le plus possible du record. On parle de 9 buts à marquer encore. » C’est beaucoup quand on passe après le jardinier et le mec de la photocopieuse à Chelsea, mais il faut savoir se résigner, parfois : Giroud plane au-dessus des basses contingences humaines, et il rajeunit comme Benjamin Button à chaque fois qu’on le met dans l’avion pour Clairefontaine.

« Il a toujours cette volonté, bravo à lui »

Deschamps : « Je suis très content pour Olivier, au-delà de sa 100e sélection. Il n’a pas marqué des buts à chaque fois mais il a toujours été très important pour cette équipe de France. Il fait partie des joueurs qui ont commencé l’aventure en 2012 avec moi. Il a toujours cette envie, cette volonté, ce caractère, donc bravo à lui. C’est pour ça aussi que je lui ai octroyé le brassard ce soir, c’est peut-être symbolique mais je sais que c’est important pour lui. Je ne vais pas lui faire de cadeau, à lui ou à d’autres, il le sait bien. » On sait aussi que Giroud n’en a pas besoin, depuis le temps. Tremble, Titi.