Ligue des champions : L’ambiance, les stades, les gens… A quoi va ressembler ce Final 8 ?

FOOTBALL Quelques touristes, de rares supporters et beaucoup de journalistes... Le public de cette phase finale ne ressemble à aucun autre.

William Pereira

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La statue d'Eusébio
La statue d'Eusébio — W.P

De notre envoyé spécial, à Lisbonne

Des masques sur les visages, des rues moins densément peuplées qu’à l’accoutumée à la même période. Et, de temps en temps, un maillot du PSG. C’est dans l’anonymat le plus total que s’apprête à démarrer le Final 8 à Lisbonne, où le football, d’habitude si présent, semble avoir déserté les lieux. La fin de saison morose de Benfica (absent de la fête) y est un peu pour quelque chose, mais toujours moins que ce contexte sanitaire hyper restrictif qui donnera à cette compétition un goût amer.

Pas d’ultras, des bars qui ferment tôt

Crise du coronavirus oblige, les rassemblements de supporters sont interdits et le CUP, pourtant fort de son expérience réussie aux abords du Parc contre Dortmund, a décidé de ne rien entreprendre dans la capitale portugaise mercredi soir à l’occasion du quart de finale contre l’Atalanta. De ce qu’on a pu entendre de bouts de conversations de supporters parisiens interceptées mardi au pied de la statue d’Eusébio, lieu de pèlerinage face au Estadio da Luz, certains d’entre eux comptent venir crier aux abords de l’arène écarlate pour donner de la force à Neymar & co.

Pas dit qu’à plusieurs dizaines, ils réussissent à se faire entendre. Ils étaient des milliers à faire craquer des fumigènes et pétards en février pour atteindre l’oreille des joueurs. Et si, las de s’époumoner, ils décidaient de se replier devant la télé d’un bar, là encore pas sûr qu’ils arrivent à leur fin : la plupart ferment à 20h pour éviter la propagation du virus. La déprime. On compte quand même sur nos amis anglais pour aller dénicher le seul pub de la ville ouvert jusquà 2h du mat.

Le car du PSG, bien caché derrière les palmiers
Le car du PSG, bien caché derrière les palmiers - W.P

L’hôtel du PSG attire les curieux

Parmi les plus enthousiastes, les immigrés et Luso-descendants en vacances sur leurs terres d’origine profitent des circonstances pour camper devant l’hôtel parisien, un colosse d’on ne sait combien de mètres à quelques encablures du pont Vasco da Gama, encore plus grand. Devant nous, un père de famille se tire les cheveux d’avoir proposé au fiston de camper devant la bâtisse pour apercevoir Kylian Mbappé. « Je veux juste voir sa tête, même un bout de ses cheveux », supplie le gosse, convaincu d’avoir vu des joueurs dans le réfectoire à travers la baie vitrée. Les locaux s’amusent de ce petit spectacle sur le terrain de leurs joggings matinaux, s’arrêtent, se retournent, repartent puis reviennent. Mais ils ne sont jamais plus de quatre ou cinq. A distance. Le reste ? Que des journalistes.

Là-Haut.
Là-Haut. - W.P

Peu de journalistes en tribune

Il faut dire que le périmètre autour des hôtels des équipes ainsi que les terrains d’entraînement sont les seuls endroits où certains envoyés spéciaux pourront entrer en contact visuel avec l’équipe et le staff. Les places à l’intérieur du stade sont chères, aussi bien pour les conférences de presse que pour les matchs, et la plupart des demandes d’accréditations n’aboutissent pas. Les médias locaux et des pays concernés par les équipes ainsi que les détenteurs de droits TV sont privilégiés. Autant vous dire que par exemple, Leipzig-Atlético, c’est déjà mort pour nous. 

Des journalistes en train de faire du journalisme hors du stade
Des journalistes en train de faire du journalisme hors du stade - W.P

Peu de journalistes, peu de supporters, et l'ambiance fake de la sono seulement pour les téléspectateurs. Les Parisiens et les autres ne pourront donc compter que deux eux-mêmes pour se faire violence sur le terrain. Mais cela reste quand même une Ligue des champions à gagner, à la fin. 

Des équipes éparpillées aux quatre coins de la ville

Lisbonne, la ville aux sept collines, en compte en réalité 8. Si on n’avait pas voulu s’emmerder, on en aurait casé une sur chaque cime. Au lieu de ça, il a fallu que les équipes et les organisateurs compliquent tout. Et ça nous fait plus de travail pour vous dire qui crèche et joue où dans la ville (et en périphérie).

PSG : Hôtel Myriad, centre d’entraînement du Sporting

OL : Cascais Miragem, Estadio do Restelo

Barça : Sheraton Cascais, Estadio do Jamor

Bayern : Penha Longa Resort, Mafra Stadium

Leipzig : Palacio Estoril, stade d’Estoril

Atalanta : Hôtel Corinthia, Casa Pia

Manchester City : Sheraton Lisboa, Cidade do futebol

Atlético de Madrid : Hôtel Epic Sana, centre d’entraînement de Benfica