PSG-Atalanta : Après la Juve contre l'OL, faut-il s'attendre à des Italiens cramés physiquement contre Paris?

FOOTBALL Après le manque de jus de la Juventus contre l'OL, doit-on forcément s'attendre à voir l'Atalanta en petite forme contre le PSG?

William Pereira, à Lisbonne

— 

Papu Gomez aura-t-il les cannes des beaux jours?
Papu Gomez aura-t-il les cannes des beaux jours? — UK Sports Pics/SIPA

De notre envoyé spécial à Lisbonne,

Il est encore trop tôt pour crier au miracle, mais Kylian Mbappé a été revu avec un ballon de foot au pied en début de semaine alors que le Paris Saint-Germain se prépare à affronter l’Atalanta en ouverture du Final 8 à Lisbonne. Thomas Tuchel, lui, devra encore attendre avant de se remettre de son entorse à la cheville avec fracture du cinquième métatarsien. Quant à Verratti, on risque de ne pas le voir de la compétition. Mais que les mauvais perdants se gardent de brandir les blessures comme excuse en cas d’élimination prématurée. La « Dea » compte aussi deux absents de marque. Le gardien titulaire Pierluigi Gollini et le buteur Josip Ilicic. Match nul à l’infirmerie, reste maintenant à savoir qui en a plus dans le moteur : l’équipe qui a deux finales dans les pattes ou celle qui s’est farci 13 matchs entre le 21 juin et le 1er août ?

Interrogé dans l'Equipe sur l’état de forme de ses joueurs, le coach Gian Piero Gasperini ne se cache pas. « C’est vrai, on est fatigués. » Pas un aveu de faiblesse. Car l’inconnue de l’équation réside dans le fait de savoir s’il vaut mieux avoir les jambes un peu lourdes mais avec du rythme ou bien les guibolles légères mais un peu rouillées. « Les conséquences physiques sont assez similaires dans les deux cas de figure, nous dit le préparateur physique Xavier Frezza. A savoir que le risque de blessures est accru. » « La vérité, poursuit Gasperini, on la verra sur le terrain. Pour l’instant, je ne la connais pas. On peut dire tout et son contraire, les deux théories sont valables. » Le 8e de finale retour entre la Juventus et l’OL a quand même placé le curseur du côté français. La Vieille Dame a gagné au prix d’une patate de l’espace de Cristiano Ronaldo, mais a semblé rarement capable d’imprimer un rythme digne d'un grand match de C1. De là à dire que Bergame arrivera cramée à la Luz mercredi soir, il y a un fossé que nous n’oserons franchir. Pour plusieurs raisons.

Les indicateurs sont meilleurs pour l’Atalanta

La fin de saison de la Juve aura été une longue descente aux enfers. Sur les 8 dernières journées, le champion d’Italie perd quatre fois, concède deux nuls et gagne deux matchs. D’aucuns y voyaient un ralentissement pour mieux rebondir en Ligue des champions. La vérité, c’est que les voyants indiquaient le naufrage d’une équipe. Une tendance que l’on ne retrouve pas chez le futur adversaire du PSG. Certes, son apogée – le feu d’artifice contre Brescia le 14 juillet – est derrière et le dernier match contre l’Inter est inquiétant, mais le tableau paraît moins dramatique avec quatre victoires, trois nuls et une défaite sur les huit dernières rencontres.

Plus de repos que la Juve

La décision d’aller au bout du 8e de finale Atalanta-Valence au mois de février aura été dramatique d’un point de vue sanitaire (bonjour le cluster). Elle offre aujourd’hui quelques jours de repos supplémentaires à la Dea, dont on imagine facilement qu’elle se serait bien passée de cet avantage qui la distingue là encore de la Juve. Pour Xavier Frezza, c’est loin d’être un détail. « Quatre ou cinq jours de récupération en plus, c’est vraiment pas mal. Leur objectif, c’était d’assurer leur qualif en C1. Ils l’ont fait deux, trois matchs avant la fin de la Serie A. Donc j’imagine qu’en plus ils ont pu relâcher un peu, charger un peu moins les séances physiquement et psychologiquement. Ça permet d’avoir 10-15 jours pour préparer l’objectif et regagner un peu de fraîcheur. » Le techicien bergamasque compte en plus sur l’aspect transcendantal de l’événement : « Face à Paris, la motivation sera telle que nous pourrons dépasser tout le reste. »

Le PSG est moins avancé que l’OL dans sa préparation

D’abord souverain en amical, Paris transpire moins la sérénité après deux finales accrochées et un dernier match de préparation anecdotique contre Sochaux. Les hommes de Thomas Tuchel pâtissent d’un manque de rythme qu’ont peut-être mieux su combler les Lyonnais en reprenant l’entraînement début juin (ils pouvaient se le permettre), leur permettant ainsi de résister à la Juventus. « Le PSG arrive sans vraie référence, croit savoir le préparateur physique. D’un autre côté, on sait que la Ligue des champions est la grosse échéance que s’est fixée le club et donc ils ont dû bien préparer les choses pour arriver en forme. Mais la question du rythme est importante, car elle pose aussi celles des automatismes techniques et tactiques. L’Atalanta va avoir plus de repères sur le terrain, le PSG moins de fatigue et plus d’expérience. »

On peut aussi rappeler, à travers l’exemple de l’Inter en Ligue Europa, qu’on peut être un club italien et avoir la pêche au mois d’août. La vérité de la Juve n’est pas forcément celle de l’Atalanta.