Deux députés appellent à autoriser les fumigènes dans les stades

LIBERTE POUR LES ULTRAS Les fumigènes autorisés et pas les supporters, avouez que ça serait cocasse

W.P, avec AFP

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Un supporter parisien tient dans sa main un fumigène
Un supporter parisien tient dans sa main un fumigène — UGO AMEZ/SIPA

Parler fumigènes à l’heure où aucun supporter ne peut mettre les pieds dans un stade, c’est un concept en soi. Mais on prend. Dans un rapport examiné au Parlement​ mercredi, deux députés appellent à plus de souplesse vis-à-vis des supporters et des ultras. Selon les deux députés, la politique actuelle d’interdiction des fumigènes est inefficace (2.000 à 3.000 usages d’engins pyrotechniques par saison) et « hypocrite ».

Cette mission d’information, menée par l’ancienne ministre des Sports Marie-George Buffet (PCF) et Sacha Houlié (LREM), avait été lancée plusieurs mois avant l’irruption du Covid-19, qui a mis à l’arrêt plusieurs championnats européens de football et oblige les ligues à envisager la reprise à huis clos, sans tifos ni chants depuis les tribunes.

Encadrer l’utilisation de fumigènes dans les stades

Reprenant une revendication phare des groupes de supporters, les députés appellent à mettre fin aux « sanctions collectives », comme les fermetures de tribune décrétées par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), qui posent selon eux un « grave problème juridique […] en aboutissant à punir des supporters n’ayant commis aucune faute », et ont des effets pervers.

Ainsi, face à l’impossibilité d’empêcher l’introduction de fumigènes dans les stades - certains engins se dissimulant très facilement – les clubs finissent par négocier avec leurs groupes de supporters et d’ultras le nombre de fumigènes qu’ils vont craquer sur un match, en espérant écoper seulement d’une amende et non d’un huis clos.

Une zone fumis en tribune ?

Les deux parlementaires appellent à une phase d’expérimentation pour un « usage encadré des engins pyrotechniques », en privilégiant « une zone dédiée en tribune » et « la poursuite des études sur les fumigènes dits "froids" ». Selon eux, le danger des fumigènes résulte justement « de leur interdiction qui conduit les supporters à les allumer en se dissimulant, notamment sous des bâches qui ne sont pas ignifugées ».

Les deux députés plaident pour un meilleur dialogue entre les autorités et les groupes de supporters, à qui ils veulent accorder plus de confiance et de responsabilités. Parmi leurs propositions, ils demandent aussi de « redonner aux arrêtés d’encadrement et d’interdiction » de déplacements des supporters « leur caractère exceptionnel » et de mieux encadrer les « interdictions administratives de stade » (IAS), un « outil utile » mais trop utilisé et dévoyé selon eux.