OM-Strasbourg : Bouna Sarr raconte son « beau but », sans trancher son avenir international

FOOTBALL Le milieu de terrain de l'OM, auteur d'un but splendide face à Strasbourg, ce mercredi en Coupe de France, est courtisé par la Guinée et le Sénégal, mais refuse pour l'instant de trancher

Jean Saint-Marc

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Bouna Sarr explose de joie après un but magnifique contre Strasbourg, le 29 janvier 2020.
Bouna Sarr explose de joie après un but magnifique contre Strasbourg, le 29 janvier 2020. — G. Julien / AFP
  • Le but magnifique de Bouna Sarr occupe une bonne partie des débats qui suivent OM-Strasbourg en Coupe de France (3-1).
  • L'ancien ailier, désormais latéral droit, préfère « se concentrer sur son club », plutôt que d’évoquer le choix qu’il doit faire entre ses trois nationalités : française, guinéenne et sénégalaise.

Les pizzas marseillaises sont-elles meilleures que celles de Marrakech ? La question nous a traversé l’esprit quelques secondes, en voyant les deux potes Bouna Sarr, euphorique, et Kenny Lala, rassasié, en train de débriefer  OM-Strasbourg (3-1). Deux latéraux/ailiers qui passent des vacances ensemble mais qui ont connu deux destins bien différents, ce mercredi soir : l’Alsacien a signé un match sans relief ; le Marseillais une performance qui fera longuement parler. Sa magistrale ouverture du score a facilité la qualification de l’OM pour les quarts de finale de la Coupe de France.

« Il a marqué un but magnifique », lance son coéquipier Maxime Lopez. Boubacar Kamara avoue que le vestiaire a longuement chambré le latéral, pas vraiment connu pour être un tueur face aux gardiens : il n’a marqué que deux buts en 24 matchs, cette saison.

Kamara a eu « peur sur la finition »

« J’ai eu peur sur la finition, mais finalement, il met une bonne frappe pied gauche, à mi-hauteur, imparable », se marre « Bouba » Kamara. Avant ce tir, Bouna Sarr avait réalisé un joli contrôle orienté, sprinté depuis la ligne médiane, offert un double contact soyeux aux 30.000 supporters du Vélodrome et déposé sur place la défense strasbourgeoise.

« C’est un beau but, ça fait plaisir et ça montre que je suis capable de faire ce genre d’actions », s’enorgueillit-il. Mais aussi, plus modeste :

Ça se joue en une fraction de seconde, au départ, je ne sais pas ce que je veux faire. Mais plus j’avance, plus je me dis que je peux aller au bout. Je me sers bien de l’appel de Valère Germain qui me crée un espace, qui fait que l’adversaire a hésité. »

L’adversaire, en la personne de Thierry Laurey, salue un « slalom magnifique. » Un coup de bol, diront les mauvaises langues. Puisque Bouna Sarr a aussi habitué les supporters de l’OM a de nombreuses imprécisions et maladresses – qui figuraient aussi sur la copie, ce mercredi soir. Mais les enthousiastes saluent un but brésilien, un but à la Cafu ou à la Marcelo. Comme son ancien coéquipier Bafétimbi Gomis, qui s’enflamme avec un magnifique : « Bouna Sarrinho. »

Nous sommes partis de Marrakech, nous voilà au Brésil… À nous demander quel sera le destin international de Bouna Sarr. Le jeune homme, qui fêtera vendredi ses 28 ans, a plusieurs cartes en main. L’équipe nationale de Guinée lui fait du gringue depuis ses années messines. Le Sénégal, le pays d’origine de ses grands-parents paternels, aurait aussi aimé l’emmener en Russie pour la Coupe du Monde 2018. Mais cette fois, c’est la Guinée qui le relance : le sélectionneur Didier Six a discuté avec lui, samedi, en marge d’OM-Angers.

Pas de réponse à l’offre de la Guinée

« Cet intérêt est flatteur, c’est sûr, mais je préfère ne pas en parler pour l’instant, répond Bouna Sarr. Je vois que ça fait énormément parler… Je préfère me concentrer sur mon club. » Ou rêver, malgré ses lacunes défensives, à une convocation par Didier Deschamps pour l’Euro 2020 ?

En octobre 2018, le franco-guinéo-sénégalais avait reçu une pré-sélection en équipe de France. Et depuis, rien. Cela n’empêche pas de se lancer dans d’improbables conjectures, surtout entre camarades de vestiaire. « Ouh, c’est une question piège », soupire Maxime Lopez quand on l’interroge sur la possibilité de voir Bouna Sarr en équipe de France : « S’il mérite d’y être, il y sera… » Lopez reste vague, puis précise : « Mais je pense que Payet y sera. » Un pronostic moins audacieux.