Dakar 2020 :« Etre à l’arrivée aurait déjà été une victoire, alors, faire cette performance face à des pilotes officiels, on peut parler d’exploit », confie le Lillois Axel Allétru

RALLYE Pour sa première participation, le Nordiste Axel Allétru est loin de n’avoir fait que de la figuration

Propos recueillis par Vincent Billet

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Axel Alletru célèbre sa victoire sur le Dakar 2020.
Axel Alletru célèbre sa victoire sur le Dakar 2020. — Alex Alletru
  • Le pilote nordiste Axel Alletru remporte le Dakar dans sa catégorie.
  • Il s’agissait de sa première participation au mythique rallye-raid.
  • Un exploit pour ce sportif accompli, devenu paraplégique à 20 ans.

Axel Allétru a lâché son buggy. Le conférencier a regagné Lille, tôt ce dimanche. « Fatigué » par son premier Dakar, terminé à la septième place du général. Et presque « surpris » d’avoir remporté la catégorie standard (limité à 120 km/h). Un nouvel exploit pour le pilote, compétiteur né, passé par le BMX et le motocross. Il est aussi devenu multiple champion de France de natation handisport après un accident l’ayant rendu paraplégique il y a bientôt dix ans, alors qu’il n’avait que 20 ans. Il revient avec 20 Minutes sur ce nouvel exploit.

Axel, comment allez-vous ?

Je suis fatigué… Il y a eu beaucoup de contraintes sur le Dakar : on est coupés du monde pendant vingt jours, on mange mal, très peu, on dort mal au bivouac, avec des bruits de mécanique toute la nuit, et on a froid…

Cela valait le coup, non, avec ce titre inattendu ?

Etre à l’arrivée aurait déjà été une victoire, alors, faire cette performance face à des pilotes officiels… On peut parler d’exploit, Déjà, pour un valide, c’est bien de finir, alors pour un handicapé, c’est une performance extraordinaire. Quand on est dans le rallye, on n’y pense pas trop. Dans la voiture, on est comme les autres et on oublie, même s’il y a quelques contraintes…

Et vous étiez désavantagé…

En standard, on ne peut pas dépasser 120 km/h alors qu’en officiel c’est 130 km/h. Sur les 8.000 kilomètres d’un Dakar roulant, ça fait beaucoup. Il y a un peu de frustration car on aurait pu jouer le podium [général des SSV, avec un véhicule officiel], mais c’est déjà beau ! Nous avions une équipe (#jepeux2020) avec des moyens limités.

Vous êtes-vous surpris ?

En partant, je ne pensais jamais réaliser ça. J’ai fait 8.000 km en crevant deux fois seulement et en ne cassant rien, en montrant de l’intelligence et de la maturité. Je pensais que j’étais un bon pilote mais je n’avais pas eu l’occasion de le prouver aux autres. C’est une victoire et un nouveau défi réussi. Je m’en fous d’être une star, mais si mon histoire donne envie à une seule personne de se battre, d’y croire, ça me va.

Et cela vous encourage aussi à persévérer…

Le but, c’était de sacrifier beaucoup de choses pour se faire repérer. Si deux ou trois partenaires nous rejoignent, on pourrait aller chercher la victoire [au général]. J’en ai la capacité. Il y a par exemple la team Redbull qui forme des jeunes en SSV pour passer en voiture. J’espère qu’il y aura des opportunités… L’objectif, c’est d’aller briller au-dessus !