Handball : « Tout le monde va plus se méfier de nous », lance Luc Steins, symbole de la renaissance du Fenix Toulouse

INTERVIEW Toulouse reçoit Montpellier ce mercredi, dans un duel entre dauphins de Paris en Starligue. Auteur d’un extraordinaire début de saison, le Néerlandais Luc Steins évoque la forme du Fenix, mais aussi sa trajectoire et… sa passion pour le cyclisme

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Luc Steins, le Hollandais volant du Fenix Toulouse Handball.
Luc Steins, le Hollandais volant du Fenix Toulouse Handball. — Fenix Toulouse
  • Le demi-centre Luc Steins sera encore l’un des principaux atouts du Fenix handball, qui accueille Montpellier ce mercredi dans un duel au sommet de Starligue.
  • Arrivé cet été à Toulouse, le « petit » Néerlandais de 24 ans est déjà l’un des symboles du club et du handball masculin de son pays, qualifié pour le premier Euro de son histoire.

Dans le handball, Montpellier a l’habitude de regarder de haut son « voisin » toulousain. Pas cette saison. Avant les retrouvailles ce mercredi dans un Palais des sports à guichets fermés, le Fenix et le MHB partagent le canapé de dauphins de l’intouchable leader parisien, accompagnés de Nîmes et de  Nantes. Lancée sur une série de cinq victoires en Starligue, l’équipe de Philippe Gardent peut compter sur l’incroyable demi-centre Luc Steins (24 ans), arrivé cet été de Tremblay.

Un gabarit atypique (1,73 m, 69 kg), une nationalité qui ne l’est pas moins dans le hand masculin de haut niveau… Le Néerlandais, élu joueur du mois d’octobre, est l’un des atouts toulousains majeurs avec son taux de réussite stratosphérique : 88 %, soit 44 buts sur 50 tirs tentés. Et pour ne rien gâter, cet enfant de la balle qui colle parle un français parfait…

Retrouver le Fenix à cette place, c’est une surprise ?

Nous sommes troisièmes, on n’aurait peut-être pas pensé à cela avant. Mais avec la qualité de notre équipe, nous sommes capables de faire de bonnes choses. Nous nous retrouvons ex aequo avec Montpellier et ce match est super important pour nous comme pour eux, afin de rester en haut de tableau.

Montpellier sera-t-il favori ?

Oui, au vu de son effectif, mais on ne sait jamais… On joue chez nous, où nous sommes invaincus, dans un Palais des sports complet (4.400 places)…

Quel est l’objectif de Toulouse à présent ? Une qualification européenne ?

Difficile à dire, car la saison est encore longue. On a joué et gagné de grands matchs mais lors de la phase retour, tout le monde va plus se méfier de nous. Ce sera plus dur.

Comment expliquez-vous cette excellente saison, après des années moins fastes ?

Dans cette équipe, tout le monde est gentil avec tout le monde, tout le monde parle à tout le monde, de hand mais aussi d’autres choses. On est tous super contents d’être ensemble.

Sur le plan personnel, l’adaptation à Toulouse s’est parfaitement bien passée…

J’ai habité trois ans en région parisienne (il a joué à Massy puis deux saisons à Tremblay) et j’aime beaucoup plus la vie ici. Là-bas, j’étais tout seul, car ma copine faisait ses études aux Pays-Bas. Maintenant, nous vivons ensemble. A Toulouse, tu peux tout faire à vélo, et ça j’aime bien en tant que Néerlandais.

On vous l’a déjà fait remarquer 1.000 fois, mais votre gabarit n’est pas commun dans le handball…

C’est vrai. Je suis plus petit, mais c’est comme ça, je ne peux pas changer. J’essaie de faire du mieux possible avec mes qualités, en jouant plus vite et plus intelligemment que les autres.

Parents, tante, grand-père… Vous êtes issus d’une lignée de handballeurs…

Oui. J’ai commencé à quatre ans. J’ai fait un peu de tennis aussi, mais pas longtemps… J’ai joué avec mon frère (Ivo, 27 ans, également international). Maintenant, il évolue comme pivot avec nos cousins dans l’un des meilleurs clubs des Pays-Bas (OCI Lions, à Sittard-Geleen) : Martin Kleijkers est également pivot et Bram Kleijkers, gardien. Peut-être qu’on va se retrouver à quatre de la même famille en équipe nationale ? Je rigole, mais ce serait super bien.

Vous vous êtes qualifiés pour le premier Euro de l’histoire de la sélection masculine.

On se retrouve dans le groupe de l’Allemagne, de l’Espagne et de la Lettonie (l’Euro a lieu du 10 au 26 janvier 2020 en Suède, Autriche et Norvège). C’est difficile, mais c’est déjà bien d’être qualifiés. On fera de notre mieux… Chez nous, il y a davantage de joueuses de hand que de joueurs (la sélection féminine compte deux médailles mondiales et deux médailles européennes depuis 2015). Cette qualification pour l’Euro, c’est une très bonne chose mais nous restons un petit sport aux Pays-Bas.

Et en dehors du hand, quels sont vos loisirs ?

Cet été, je suis allé faire du vélo pour la première fois dans les Pyrénées, autour de Saint-Lary. J’ai notamment monté les cols de Portet et d’Aspin. Plus jeune, je partais toujours en vacances dans les Alpes. Avec mon frère, on a dû faire presque tous les cols là-bas… Pendant ce temps, mes parents préféraient les randos.