HBC Nantes : Gaël Pelletier « n’imagine pas une seconde une élimination » en Coupe d'Europe

HANDBALL Le HBC Nantes joue sa survie en Coupe d’Europe (EHF), dimanche, à 17h, en Norvège

David Phelippeau
— 
Le président du HBC Nantes Gaël Pelletier.
Le président du HBC Nantes Gaël Pelletier. — F. Elsner / 20minutes
  • Victorieux d’un petit but (30-29) dimanche dernier en match aller du 3e tour de l’EHF contre Arendal, le HBC Nantes n’a aucune marge avant le retour, dimanche, à 17h en Norvège.
  • Le président nantais Gaël Pelletier confie ne pas imaginer « une seule seconde » une élimination.
  • En cas d’échec, cela serait « très préjudiciable » selon le président du « H ».

Plus de Coupe d'Europe fin novembre pour le HBC Nantes ? Cela ferait clairement désordre pour le finaliste de la Ligue des Champions d’il y a deux ans. Dimanche (17h), les handballeurs nantais jouent le match retour du 3e tour de la Coupe EHF à Arendal en Norvège. Alors que beaucoup d’observateurs pensaient que le « H » allait s’envoler dès le match aller à la H Arena dimanche dernier, les hommes d' Alberto Entrerrios ont ramé pour l’emporter d'un petit but (30-29).

Deuxième à égalité de points avec trois autres équipes en championnat, le HBC Nantes ne dégage pas une grande sérénité en ce début de saison. En atteste la défaite (26-34) contre Toulouse à la H Arena, le 16 octobre. A quelques jours d’un match capital, le président Gaël Pelletier se confie longuement sur la situation de sa formation pour finir sur la sienne.

Une élimination serait-elle un accident industriel pour le club ?

Pas un accident industriel mais très préjudiciable pour le club. Déjà, il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire en Coupe d’Europe. Si la Norvège est capable d’avoir une équipe nationale à un tel niveau et si elle est capable de sortir des joueurs comme Sagosen [joueur du PSG] ou d’autres, c’est aussi parce qu’ils ont une formation de très haut niveau. Il ne faut donc pas sous estimer cette équipe d’Arendal et ne pas être surpris si elle est capable de faire une très belle performance. Tous les observateurs se disaient que la qualif' était acquise pour Nantes… Non, ce n’est jamais fait en Coupe d’Europe.

Qu’entendez-vous par préjudiciable ?

Très préjudiciable financièrement déjà car on aurait moins de matchs à jouer [une phase de poules est prévue après ce 3e tour]. Et cela remettrait forcément en cause notre candidature pour le Final Four [Nantes était candidat à l’organisation, mais on a appris vendredi que c'est Berlin qui organisera l'événement en mai 2020]. Ça serait préjudiciable aussi sportivement car cette expérience et ce vécu commun qu’on souhaite acquérir à travers la Coupe d’Europe, on ne l’aura pas si on est éliminé. Ça serait très ennuyeux mais je ne l’imagine pas une seule seconde. En ayant gagné d’un but, ce n’est pas beaucoup certes, mais au moins tu y vas avec moins de certitudes. Tu te fais un peu moins surprendre.

Dimanche, le coach Alberto Entrerrios a parlé d’un match « inadmissible » tandis que le capitaine Rock Feliho a expliqué que « tout le monde [devait] bien avoir en tête que ce n’est pas parce qu’on a le maillot du HBCN que tout va se dérouler aussi facilement ». On ne sent pas une grande sérénité...

C’est plutôt une grande exigence. Certes, on peut gagner d’un but mais ça ne suffit pas. Il faut que les joueurs affichent une autre volonté que celle affichée sur ce match de dimanche. Notre progression passera par plus d’exigence. Le HBC Nantes n’est pas en crise. Il faut trouver les réglages avec une équipe qui a beaucoup évolué cet été. On ne va pas se cacher non plus derrière les blessures… Néanmoins, on a été un peu perturbé par tous ces changements et toutes les blessures.

Ce n’est pas un peu une année de transition avec un rajeunissement de l’effectif (arrivées de Minne, Nielsen, Cavalcanti, Augustinussen etc.) et un changement de coach (départ de Thierry Anti remplacé par Albertio Entrerrios) ?

Je n’aime pas qu’on dise ça. Année de transition ? Ça veut dire qu’on va travailler mais le résultat ne compte pas. Ce n’est pas vrai. On attend des résultats tout aussi bons que ceux obtenus précédemment. On attend d’être européen à la fin de la saison avec comme objectif la Ligue des champions.

Vous aviez mesuré ce risque de repartir avec autant de nouveautés ?

Il faut savoir que normalement la transition se faisait l’année d’après. Je rappelle que Thierry Anti devait partir dans un an [il a rompu son contrat à l’amiable un an avant la fin]. On a pris l’entraîneur [Entrerrios] qui était prévu dans notre tête et on est allé chercher des joueurs de talent aux capacités financières qui sont les nôtres. Après, ce n’est pas parce qu’on rappelle aux joueurs notre exigence qu’il y a le feu à la maison ou une grande insatisfaction par rapport aux résultats. J’ai pris la parole après Nîmes [défaite 26-25, le 7 novembre] pour rappeler cette exigence. Il ne faudra pas beaucoup d’erreurs si tu veux être 2e à la fin de la saison.

Avez-vous l’impression d’être en première ligne si la saison n’était pas conforme aux attentes ?

Vous voulez savoir si je vais démissionner ou non ? (rires) Depuis toujours, il y a ceux qui apprécient le HBC Nantes et sa progression depuis plus de 20 ans à laquelle il me semble j’ai grandement participé, et puis il y a ceux qui ne nous apprécient pas, ceux-là souhaitent qu’on ne réussisse pas. Or, cela fait plus de 20 ans qu’on arrive à les décevoir sur le sujet. J’ai bien conscience qu’un jour – surtout avec des objectifs de plus en plus ambitieux – on n’y arrivera pas et qu’on va les satisfaire. J’ai toujours dit qu’on deviendra un bon club quand on sera en capacités à encaisser l’échec.

Il y a quelques mois, c’est vous qui avez pris la décision de ne pas prolonger Thierry Anti. En cas d’échec, vous serez visé…

Suis-je en première ligne ? Oui, j’y suis à partir du moment où j’ai pris des décisions. Après, certaines personnes au comptoir de leur ordinateur – car ce n’est plus d’un bar – aiment à critiquer n’en ayant pas du tout connaissance des tenants et aboutissants des dossiers. C’est le jeu. Mais qui peut savoir la réalité d’un vestiaire s’il n’y est pas ? Qui peut connaître la réalité d’une réunion s’il n’y a pas participé ? La communication qui en est faite a posteriori par les intéressés n’est pas nécessairement la réalité de ce qu’il s’est passé.