Florent Manaudou aux Europe
Florent Manaudou aux Europe — SIPA

NATATION

Championnats d’Europe : Huit mois après son retour, Florent Manaudou se contente d’une médaille d’argent sur 50m

Une bonne performance, même si le champion est « partagé »

Huit mois après son retour dans les bassins et à sept mois des JO 2020, Florent Manaudou a été rattrapé par la tension et battu par le Russe Vladimir Morozov en finale du 50 m aux Championnats d'Europe en petit bassin, vendredi à Glasgow (Ecosse). Arrivé avec le meilleur chrono mondial de la saison en bassin de 25 m (20.57), Manaudou ressort du bassin écossais avec « seulement » la médaille d'argent, en 20 sec 66, à 26 centièmes de Morozov (20.40).

« J'ai des crampes à la fin qui ne sont pas dues à l'effort physique mais plus à la tension, et ça ne me plaît pas trop parce que je ressens ce genre de choses depuis le début de la saison. C'est comme si mon corps n'avait pas envie de faire des choses parfois... », avoue-t-il, en reconnaissant s'être senti « tendu toute la journée ». Pas étranger sans doute au fait qu'avant la compétition européenne, la dernière apparition en équipe de France de Manaudou (29 ans) remontait à août 2016, quand il s'était incliné en finale olympique du 50 m à Rio, pour un centième, au profit de l'Américain Anthony Ervin (21.41 contre 21.40).

Le petit frère de Laure avait ensuite délaissé les bassins pendant deux ans et demi pour s'adonner au handball notamment. Il n'a replongé qu'en avril, avec l'ambition de reconquérir l'or olympique du 50 m l'été prochain à Tokyo, lui qui avait été sacré sur l'aller simple en 2012 à Londres.

Manaudou « partagé »

« Ce 50 m est compliqué parce que je sais que tout le monde m'attend et moi aussi je veux nager vite », résume le quadruple champion du monde, qui s'entraîne entre Antalya, en Turquie, sous la direction du Britannique James Gibson, et Marseille, où Julien Jacquier le supervise. Dans ces conditions, Manaudou est « partagé » entre plusieurs sentiments.

Côté verre à moitié plein : « 20 sec 60, ce n'est pas négligeable, c'est mon deuxième (meilleur) temps de la saison. Je n'ai pas nagé ce temps-là à chaque compétition non plus. Et je suis content de remonter sur un podium », commence-t-il.

Côté verre à moitié vide : « Mais ça m'énerve d'être à quatre dixièmes de mon meilleur temps (20.26, record du monde depuis 2014) et ça reste une deuxième place, j'aurais bien aimé entendre la Marseillaise... », oscille-t-il, façonné par son esprit de «compétiteur» qui lui fait « limite oublier » ses deux ans et demi sans natation.

Gibson, lui, les a bien en tête. « On ne va pas pleurer sur une médaille d'argent même si on voulait mieux. Il ne faut pas oublier que ça ne fait que huit mois qu'il est de retour dans l'eau», souligne l'entraîneur, qui met en avant l'importance de cette compétition « pour se remettre dans le bain des grands championnats, gérer les tours et la tension ».

Manaudou doit encore nager le 50 m papillon samedi, plus deux relais, mais semble avoir fait une croix sur le 50 m dos.