Euro 2019 en petit bassin: Trois ans après, le grand retour de Florent Manaudou en équipe de France

NATATION A sept mois des Jeux de Tokyo, le grand revenant va savoir où il en est

N.C. avec AFP

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Florent Manaudou à l'entraînement avant les championnats d'Europe petit bassin, à Glasgow, le 3 décembre 2019.
Florent Manaudou à l'entraînement avant les championnats d'Europe petit bassin, à Glasgow, le 3 décembre 2019. — : Insidefoto/Sipa USA/SIPA

Plus de trois ans après, et à sept mois des JO 2020 où il rêve de reconquérir l’or du 50m, Florent Manaudou renfile son maillot bleu aux Championnats d’Europe de natation en petit bassin, de mercredi à dimanche à Glasgow. La dernière apparition en équipe de France de Manaudou, qui vient de fêter ses 29 ans, remonte à août 2016, quand il s’était incliné en finale olympique du 50m à Rio, pour un centième, au profit de l’Américain Anthony Ervin (21''41 contre 21''40).

« C’est cool de retrouver un bonnet avec le drapeau français et mon nom dessus, c’est sympa », souriait-il mardi. Entre-temps, le champion olympique 2012 de l’aller simple a d’abord délaissé les bassins, pendant deux ans et demi, notamment pour s'adonner au handball. Avant d’en reprendre le chemin il y a huit mois, début avril, et d'impressionner pour sa seule compétition en grand bassin depuis, fin juin à Rome, en bouclant le 50m en 21''72 avec seulement dix semaines d’entraînement dans les bras et les jambes.

En individuel, il faudra patienter jusqu’à vendredi pour le voir plonger, sur 50m, sa course fétiche, dont il détient le record du monde en bassin de 25 m depuis 2014 (20''26). Puis il prendra le départ du 50m papillon le lendemain, et est également inscrit sur 50m dos, programmé dimanche. Avant ça, il nagera en relais, mais pas mercredi, le 4x50 m messieurs tricolore n’étant pas engagé.

« Tu commences à redevenir un poisson »

Quels objectifs a-t-il en tête, huit mois après avoir repris l’entraînement entre Antalya, en Turquie, où est basé James Gibson, l’entraîneur britannique qui l’a conduit jusqu’à l’or olympique en 2012, et Marseille, où le supervise Julien Jacquier ? « Essayer de prendre beaucoup de plaisir, et j’espère nager vite, et de plus en plus vite. Je vais essayer d’améliorer mon meilleur temps de la saison », répond Manaudou, qui multiplie les courses cet automne.

Quelques heures plus tard devant la presse française, il avoue même « penser » à son record du monde. Pour l’instant, son meilleur chrono de l’année sur 50m en petit bassin est de 20''57, réalisées il y a une dizaine de jours à Londres. Ce qui fait de Manaudou, dont les sensations dans l’eau « reviennent » progressivement, le meilleur performeur mondial de la saison.

« Il y a quelques jours à Marseille, Julien (Jacquier) m’a dit : "Ça y est, tu commences à redevenir un poisson", racontait-il à l’AFP début octobre. C’est une petite phrase qui m’a fait plaisir parce que (jusque-là) j’étais très dense, très lourd dans l’eau. Pas très souple. Je ne l’ai jamais été, mais je l’étais encore moins… »

« Quand j’ai repris, je mettais trop de force, parce que c’est là où je suis bon, mais je n’avais pas encore le feeling et les sensations que j’avais avant. Maintenant, j’ai plus de ressentis », décrivait-il, en estimant avoir gagné en « souplesse de tout, des épaules, des chevilles, du bassin… ».