Natation: Florent Manaudou peut-il être champion olympique à Tokyo, après trois ans d'arrêt?

NATATION Le champion olympique du 50 mètres nage libre 2012 replonge. Florent Manaudou espère être performant en 2020 à Tokyo, malgré près de trois ans d'arrêt

Jean Saint-Marc

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Florent Manaudou est resté frustré par sa deuxième place à Rio.
Florent Manaudou est resté frustré par sa deuxième place à Rio. — Lee Jin-man/AP/SIPA

« Je vais me faire beaucoup battre au début. Je vais prendre des branlées. » Florent Manaudou est lucide : son passage des parquets aux bassins risque d’être difficile. Au début, en tout cas. « Il va redevenir très performant très rapidement, j’en suis intimement convaincu », assure pourtant Frédérick Bousquet, son ancien partenaire d’entraînement au Cercle des nageurs de Marseille. « Je pense qu’il nagera très très bien », enchaîne Yannick Agnel. Les deux anciens nageurs français sont enthousiastes – et très optimistes pour Florent Manaudou, qu’ils pensent capable de lever les bras à Tokyo, dans un peu plus d’un an.

« Entre un et trois mois, on peut nager (un 50 mètres) en moins de 22 secondes. J’ai envie d’aller plus vite que ça », a poursuivi Florent Manaudou, qui a détaillé son retour en conférence de presse, ce lundi. Un discours ambitieux qui enthousiasme Fred Bousquet : « Je le connais bien, il n’aurait jamais pris cette décision de revenir sans être certain de ses capacités à être très rapidement dans le Top 8 mondial. »

Plus musclé des jambes grâce au hand

Son énorme performance lors des Interclubs, en novembre dernier, a clairement rassuré Manaudou. 20.62 secondes sur 50 mètres, même en partant lancé, c’est spectaculaire. « Et dire qu’il était là pour s’amuser, qu’il était décontracté… » soupirait Mehdy Metella après la course. Romain Barnier, l’ancien entraîneur de Manaudou, avait alors compris que le potentiel de son poulain était resté intact : « S’il voulait redevenir performant, il le serait forcément. Il reviendrait avec de nouvelles armes, car il a progressé sur les jambes avec le handball. Il pousse plus fort sur le plot, dans le virage et fait des ondulations plus puissantes », notait alors le manager du Cercle des nageurs de Marseille.

Vous passez la déclaration du conditionnel au futur et vous avez une bonne idée de ce que pense Romain Barnier du retour de Manaudou. Face à son silence médiatique ces derniers jours, on a sollicité une autre tête pensante de la natation française : Denis Auguin, patron du Cercle des nageurs d’Antibes. Lui aussi pense que Manaudou a de vraies chances de médaille sur le 50 mètres nage libre des JO de Tokyo :

Je crois que c’est possible. S’il y en a bien un qui peut le faire, c’est lui : c’est un garçon qui a des qualités physiques et techniques exceptionnelles. Il est très haut dessus du lot ! Surtout qu’il a continué à s’entraîner physiquement en jouant au handball, il n’a pas arrêté le sport. »

Sa pratique en quatrième division n’a toutefois rien de comparable avec le rythme d’un potentiel champion olympique de natation. Ni son hygiène de vie d'ailleurs. « En partant en Turquie, il aura moins de tentations, moins de sollicitations médiatiques et du grand public, aussi », apprécie Frédérick Bousquet. « Il retrouve surtout James Gibson, avec qui il a été champion olympique en 2012 », rappelle Denis Auguin. Tout est réuni pour que Florent Manaudou soit de nouveau performant. « Ce qui va faire la différence, pronostique Auguin, c’est qu’il a une envie extraordinaire de redevenir champion. C’est ça qui compte ! »