TFC : Pauvreté du jeu, défense aux abois, fracture avec les supporters… Pourquoi ça sent vraiment mauvais pour l’avant-dernier de Ligue 1

FOOTBALL Habitués à flirter avec la relégation depuis le milieu de la décennie, les Toulousains, avant-derniers de Ligue 1, pourraient bien ne pas y échapper cette saison

Nicolas Stival
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Quentin Boisgard et Ibrahim Sangaré accusent le coup après la quatrième défaite d'affilée du TFC en Ligue 1, contre l'Olympique de Marseille (0-2), le 24 novembre 2019 au Stadium de Toulouse.
Quentin Boisgard et Ibrahim Sangaré accusent le coup après la quatrième défaite d'affilée du TFC en Ligue 1, contre l'Olympique de Marseille (0-2), le 24 novembre 2019 au Stadium de Toulouse. — Pascal Pavani / AFP
  • Après quatre défaites d’affilée en Ligue 1, tous les clignotants sont au rouge pour le TFC, battu dimanche soir par Marseille au Stadium (0-2).
  • Les discours combatifs des joueurs ne s’accordent pas vraiment à la fameuse réalité du terrain.

Une quatrième défaite de rang en Ligue 1 dans un Stadium largement acquis à la cause marseillaise, un joueur (Steven Moreira) expulsé dès la 41e minute, des supporters mécontents qui réclament des comptes en fin de match… Le match contre l’OM (0-2) a marqué une nouvelle étape dans la dégringolade du TFC, avant-dernier du championnat après 14 journées. Habitué aux abysses du championnat depuis cinq ans, Toulouse a chaque fois réussi à se sauver. Mais à force de tituber près du gouffre, on finit souvent par tomber.

Une défense aux abois

Le constat est le même chaque week-end. Le TFC est trop poreux. La plus mauvaise arrière-garde de L1 (27 buts encaissés) a plié 11 fois lors des quatre derniers matchs. Rédhibitoire pour espérer survivre dans l’élite. « Je cherche encore ma défense », a avoué dimanche soir Antoine Kombouaré, interrogé sur le choix de préférer Moreira au taulier Kelvin Amian côté droit.

Toujours privé des axiaux Gen Shoji et Bafodé Diakité, l’entraîneur a salué le retour d’Agustin Rogel après trois mois et demi d’absence. Volontaire mais limité techniquement, le jeune Uruguayen a pourtant souvent défendu en reculant, comme sur le deuxième but marseillais où Radonjic s’est joué de lui pour marquer son premier but en 27 matchs de L1…

Un jeu très pauvre

Envolées les promesses de l’aube de l’ère Kombouaré, lorsqu’un TFC plutôt séduisant avait disposé de Lille (2-1, le 19 octobre). Loin d’être ridicules lors des défaites à Rennes (3-2) puis devant Lyon (2-3), les Violets ont ensuite sombré à Montpellier (3-0) avant ce triste match contre l’OM.

Pas de fluidité dans le jeu, des cadres en dedans (le capitaine Max-Alain Gradel notamment), une seule grosse occasion (tête d'Ibrahim Sangaré repoussée par Steve Mandanda, 71e)… Pourtant, le jeune milieu Quentin Boisgard a vu « de l’envie et de l’engagement » et Kombouaré a « aimé l’attitude et les comportements de [ses] joueurs », « même à dix ».

Le fusible a déjà sauté

Alain Casanova remplacé par Dominique Arribagé en mars 2015, Arribagé par Pascal Dupraz en mars 2016, Dupraz par Michaël Debève en janvier 2018… Lorsque le TFC s’est retrouvé en danger ces dernières saisons, le président Olivier Sadran a remplacé son coach et Toulouse a fini par se sauver (avant de galérer de nouveau). Cette saison, Casanova (revenu à l’été 2018) a « sauté » dès la mi-octobre.

Et l’effet Kombouaré n’a donc pas duré. « Le danger qui nous guette, c’est de baisser les bras, de se dire que c’est trop dur pour nous et d’abandonner », avertit le technicien néo-calédonien. « On sait qu’on a les qualités, ça va venir, veut croire Boisgard, cité par Kombouaré comme l’une des satisfactions du match face à Marseille, avec Sangaré et Rogel. J’espère une victoire à Nantes [dimanche] pour passer à autre chose. »

La rupture avec les supporters

Les fans du TFC eux aussi aimeraient « passer à autre chose ». Remontés depuis des mois contre la direction de leur club, nombre d’entre eux en veulent aussi désormais à la plupart des joueurs. « Ils expriment leur mécontentement, il n’y a aucun souci avec ça, glisse Kombouaré. Quand on en est là [au classement], on accepte les critiques. Ils ont raison. »

En février 2016, les ultras des Indians Tolosa, notamment, avaient « fêté » la descente en Ligue 2, avant l’arrivée de Dupraz et la fameuse remontada, seule éclaircie des sombres dernières années. Mais aujourd’hui, plus que la colère, le principal adversaire du club reste l’indifférence qui gagne les supporters, de moins en moins enclins à remplir un Stadium souvent aussi joyeux qu’un dimanche pluvieux de Toussaint.

« Quand on voit le classement, c’est vraiment serré, analysait Gradel dimanche soir sur Canal+. Cela se joue à deux-trois victoires pour être douzième ou treizième [le TFC est six poits derrière]. Rien n’est perdu. » C’est juste mal barré.