TFC-Losc : Victoire, spectacle et bain de foule… Puissant, cet effet Antoine Kombouaré !

FOOTBALL Pour son premier match à la tête du TFC, Antoine Kombouaré a mené son équipe à la victoire contre Lille, samedi (2-1). Toulouse restait sur cinq matchs sans succès

Nicolas Stival

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Première réussie pour Antoine Kombouaré comme entraîneur du TFC, le 19 octobre 2019 contre Lille en Ligue 1.
Première réussie pour Antoine Kombouaré comme entraîneur du TFC, le 19 octobre 2019 contre Lille en Ligue 1. — Rémy Gabalda / AFP
  • Le TFC a dominé Lille bien plus largement que ne l’indique le score (2-1).
  • Antoine Kombouaré a réussi sa première sur le banc toulousain, avec un schéma tactique en 4-4-2 assez inédit au Stadium.

On ne sait pas si Alain Casanova a regardé ce TFC – Lille, samedi soir (2-1). Si oui, le désormais ex-entraîneur toulousain a dû se frotter les yeux très fort devant la jolie prestation toulousaine, deux semaines après l’infâme brouet servi contre Bordeaux (1-3), qui a précipité sa chute. Pourtant, entre les deux rencontres, seuls deux titulaires (Diakité pour Moreira et Dossevi pour Makengo) avaient bougé. Mais Antoine Kombouaré a pris place sur le banc et visiblement, ça a changé pas mal de choses.

Le successeur n’a d’ailleurs pas oublié son collègue et ami dans son discours d’après-match : « Les joueurs ont pris conscience du fait que si Alain n’est plus au club, ils en sont les premiers responsables. » « Il faut rendre hommage au coach Casanova, a quant à lui affirmé le milieu William Vainqueur. Il a tout fait pour nous mettre dans de bonnes conditions. C’est notre faute, on est désolés pour lui. »

Une fois les violons rangés, il faut bien constater que les Violets, qui restaient sur cinq rencontres sans succès, ont signé leur meilleure prestation de la saison aux dépens d’une équipe européenne assez méconnaissable. Le peuple violet (plusieurs dizaines de personnes pour être exact), pas habitué à dire « tu » au bonheur, a d’ailleurs réservé un bain de foule à Kombouaré sur le parvis du Stadium, longtemps après le coup de sifflet final. Pour l’occasion, on avait même apporté le drapeau kanak.

Trois tirs sur le poteau et deux blessés en première mi-temps

« Je suis plus que satisfait, j’ai remercié les joueurs, a lâché le natif de Nouméa, plus en réussite pour sa première que Rudi Garcia à Lyon. Très honnêtement, je les voyais capables de gagner, mais pas de réussir une si grande performance… » Avant de marquer deux fois en huit minutes par Yaya Sanogo puis Max-Alain Gradel sur penalty (58e et 66e), le TFC, plein d’envie, avait touché à trois reprises les montants de Mike Maignan en première période, sur un superbe retourné de Sanogo, puis une mine de Gradel et enfin un tir de Vainqueur. Il avait aussi dompté l’adversité, après avoir perdu très tôt sur blessure Wesley Saïd (cheville, 15e) puis Bafodé Diakité (ischios, 25e).

Mais qu’est-ce que Kombouaré (55 ans), qui a dirigé son premier entraînement mardi et a seulement récupéré ses derniers internationaux jeudi, a pu changer en si peu de temps ? « On ne peut pas dire qu’on a bossé énormément de choses, confesse l’ailier droit Matthieu Dossevi, sans doute l’homme du match. Il a mis l’accent sur l’aspect défensif. Après, quand un nouveau coach arrive, cela se passe souvent comme ça, avec un nouveau discours, un autre système… »

On sent bien toutefois que le Néo-Calédonien, qui avait décrété une mise au vert vendredi, a envie de décoller l’étiquette de « bétonneur » qu’il trimballe de banc en banc. Il a d’ailleurs insisté sur les quatre attaquants alignés dans un 4-4-2, que l’on n’avait plus revu au coup d’envoi sur l’île du Ramier depuis la fin de l'ère Dominique Baudis au Capitole.

Gradel, un penalty mais pas deux

Les axiaux Koulouris et Gradel étaient encadrés en début de rencontre par Dossevi et Saïd. Avant que la blessure de ce dernier ne contraigne son ancien entraîneur à Dijon à lancer le revenant Sanogo, placé en pointe pendant que Gradel reprenait son flanc gauche…

Très remuant, l’Ivoirien, maintenu capitaine, aurait pu plier le match. Seulement, il a complètement raté son deuxième penalty (82e), obtenu comme le premier après recours au VAR sur une main de (Jérémy) Pied, mais expédié dans les tribunes au bout d’une incompréhensible course d’élan. Trop tardif, le but lillois de José Fonte (90e+3) n’aura finalement rien changé.

Et maintenant ? Le TFC n’a pas forcément un chemin pavé de roses tracé devant lui, avec un déplacement à Montpellier, dimanche, six jours avant la réception de Lyon. « Il faudra juger sur le long terme », prévient Dossevi (31 ans), à qui on ne la fait plus. « J’ai dit aux joueurs qu’ils m’avaient fait un beau cadeau d’arrivée, lance Kombouaré. Ils ont d’énormes qualités, mais ils doivent être conscients que ce genre de performances, il ne faut pas les faire qu’une fois. »

Sinon, les bains de foule risquent de n’être qu’une parenthèse enchantée, au milieu des appels à la démission encore et toujours lancés par les Indians, sous des formes plus ou moins polies, à l’adresse de Jean-François Soucasse, le président délégué du TFC.