TFC-OM : Les Marseillais sont-ils armés pour rester sur le podium de Ligue 1 ?

FOOTBALL L'OM est deuxième de Ligue 1 avant son déplacement à Toulouse, dimanche. Marseille et son effectif riquiqui ont-ils les moyens de rester sur le podium du championnat ?

Jean Saint-Marc

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L'OM a des arguments pour partir à l'assaut de la deuxième place.
L'OM a des arguments pour partir à l'assaut de la deuxième place. — S. Thomas / AFP + Montage 20 Minutes
  • L’OM est très affaibli par un effectif limité et présente de nombreuses lacunes dans le jeu.
  • Mais avec son coach André Villas-Boas et, surtout, un état d’esprit retrouvé, Marseille a quelques arguments pour rester sur le podium jusqu’à la fin de saison.

A jamais les premiers, même quand ils sont deuxièmes. Avant de se déplacer à Toulouse (dimanche, 21 h), Marseille a conquis la deuxième place de la Ligue 1 tout en ayant une différence de but négative (-1). Selon le statisticien Opta, c’est une première dans l’histoire du championnat. Avec une défense qui a déjà encaissé 17 buts en 13 matchs, l'OM a-t-il les armes pour rester sur le podium, qualificatif pour la Ligue des champions ?

« C’est une question difficile, pose l’ancien olympien Jean-Philippe Durand. Je pense que l’OM a un onze titulaire de qualité, supérieur au reste de la Ligue 1, mais l’effectif complet reste très limité. L’avenir dépendra beaucoup des blessures et des suspensions, car l’OM a très peu de réserve sur le banc. Mais on a déjà vu des équipes s’en sortir avec 14 joueurs… »

Le mercato a été perturbé par le fair-play financier, si bien que Marseille se retrouve régulièrement avec le banc d’une équipe de National 2. Face à Rennes, par exemple, André Villas-Boas n’avait aucun défenseur sur son banc de touche. Et ses joueurs de champ remplaçants avaient 21 ans de moyenne d’âge. « C’est difficile, reconnaît l’entraîneur olympien. Mais c’est un challenge pour un coach. »

« Certains de ces jeunes n’auraient pas eu leur chance une année classique, estime Azir Saïd Mohamed Cheik, supporter de l’OM et excellent connaisseur du centre de formation olympien. Lucas Perrin, qui sera titulaire en défense centrale à Toulouse (en l’absence d’Alvaro et de Caleta-Car), n’a selon moi pas le niveau pour jouer en Ligue 1, en tout cas pas à l’OM. »

« L’état d’esprit, ça suffit pour gagner en Ligue 1 ! »

Bonne nouvelle, toutefois, pour des fans olympiens : Marseille est sur le podium malgré une avalanche de suspensions et de blessures. Et en ayant affronté tous les « cadors » programmés lors de cette phase aller. « Techniquement, c’est très moyen, euphémise l’ancien milieu olympien Marcel Dib. Mais l’état d’esprit que l’on a vu contre Lyon est bon… Et l’état d’esprit, ça suffit pour gagner en Ligue 1 ! » Le championnat est en effet plus homogène – et plus médiocre – que jamais : hors Paris, les équipes marquent en moyenne 1,1 but par match (et en encaissent 1,2). Il n’y a que six points d’écart entre le deuxième et le quinzième.

« Je crois qu’on a la capacité de rester en haut : la faiblesse générale de la Ligue 1 est rassurante, estime Thierry Audibert, supporter marseillais depuis plusieurs décennies (on ne précisera pas combien, par respect). Même en cas de contre-performance comme face à Reims, Dijon ou Amiens, tu n’es pas largué. » Comme le dit Marcel Dib, « tout est possible en Ligue 1, quand tu vois que Saint-Etienne était dernier quand Claude Puel est arrivé, et qu’ils sont désormais quatrièmes (à un point de l’OM)… »

Des faiblesses dans tous les secteurs…

Marseille est-il un dauphin au rabais ? « Quand t’es second, tu le dois qu’à toi-même, rétorque Bouna Sarr. On n’a pas volé cette seconde place, on a su gagner contre la plupart des gros hormis Paris. On va faire en sorte de la conserver. » Mais mis à part « l’état d’esprit » évoqué par Marcel Dib (la fameuse « grinta »), l’OM ne semble pas avoir énormément d’arguments :

  • Dimitri Payet a fait un match énorme face à Lyon mais il est connu pour son irrégularité ;
  • Après un excellent début de saison, Dario Benedetto est dans le dur (un seul but en huit matchs) ;
  • Les latéraux sont toujours très limités, malgré de vrais progrès de la part d’Amavi ;
  • Malgré un bon Mandanda, la défense encaisse énormément de buts, souvent après des erreurs individuelles.

« Je fais partie des optimistes qui pensent que ce match contre Lyon va faire péter le plafond de verre et les libérer tous, lance Thierry Audibert. S’ils remettent à chaque fois, et même contre les “petites équipes”, les ingrédients mis contre Lyon, ils ont les armes pour rester devant, d’autant qu’ils n’auront pas de compétition parasite dans les pattes. » Sans Coupe d'Europe, pas d’excuse pour les hommes de Villas-Boas.

Mais un coach en plein état de grâce

Le coach olympien semble d’ailleurs être un des principaux atouts de l’OM dans sa lutte pour une place qualificative pour la Ligue des champions. Depuis son arrivée à Marseille, il n’a fait que très peu d’erreurs (sa com' avant le Classico étant son seul impair) et a su se remettre en question, avec un surprenant 4-1-4-1 face à Lyon ou la reconversion de Kamara en sentinelle.

« Villas-Boas est très rassurant, juge Azir Saïd Mohamed Cheik. Il a une vraie vision, des idées fortes mais il réajuste ses principes au contexte. » Il devra encore bricoler face à Toulouse, avec les absences de Thauvin (qui n’a toujours pas repris la course), Alvaro (suspendu deux matchs), Amavi et Caleta-Car (un match). Et comme le dit Thierry Audibert, « si l’OM perd à Toulouse, tout ce qu’on vient de dire sur le podium sera remis en question. »