OM-OL : Auteur d'un match quasi parfait, Dimitri Payet va-t-il enfin faire preuve de régularité ?

FOOTBALL Dimitri Payet a été étincelant en première mi-temps d'OM-OL, dimanche au Vélodrome. Il a marqué un doublé dans un contexte difficile. Peut-il faire une saison entière à ce niveau ?

Jean Saint-Marc

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Dimitri Payet a brillé face à l'OL de Rudi Garcia, le 10 novembre 2019 au Vélodrome.
Dimitri Payet a brillé face à l'OL de Rudi Garcia, le 10 novembre 2019 au Vélodrome. — AFP
  • Dimitri Payet a inscrit un doublé face à Lyon.
  • Il a habitué les fans de l'OM à de grandes prestations sans lendemain.
  • La perspective de l'Euro, en fin de saison, laisse toutefois penser que Dimitri Payet se donnera à fond cette année.

Il était enragé. Presque effrayant. Après son second but, face au virage Nord, Dimitri Payet a livré une célébration virile et gueularde. D’abord des hurlements vers le virage (« c’est moi, c’est moi ! »). Ensuite un geste viril en direction de ses attributs masculins. Enfin un retour vers le rond central, façon Musclor, biceps bandés.

« Je me suis libéré avec ce second but, et je voulais juste dire aux supporters qu’ici, on était chez nous et qu’on allait le montrer », a-t-il confié après coup. Avec un doublé (dont un penalty) et un match globalement parfait, Payet a porté l’OM, dimanche, pour lui offrir sa première victoire depuis plus de cinq ans face à l’OL en Ligue 1.

Aussi pour montrer aux supporters qu’il était bel et bien de retour, après une saison 2018-19 en demi-teinte, de longs passages sur le banc et une suspension bête en début d’année ? Après s’être illustré face aux micros, en critiquant son ancien coach Rudi Garcia, Dimitri Payet s’est exprimé sur le terrain.

« Grosse pression »

« Payet était très motivé, il a réussi un très bon match, j’espère qu’il va continuer », lance son coach André Villas-Boas. « Dimitri avait une grosse pression par rapport à ce qu’il a dit avant le match (sur Rudi Garcia), glisse Maxime Lopez. Je disais tout à l’heure que notre meilleur joueur, Flo (rian Thauvin) était absent. Il y a Dim’, aussi, et dans les grands matchs, les grands joueurs répondent présent. » Dommage que, dans le cas de Dimitri Payet, cela soit à ce point intermittent. Car quand il est au top, c’est un footballeur magnifique.

La dernière fois qu’on l’avait vu à ce niveau-là, c’était face à Leipzig, en Coupe d’Europe. Comme à l’époque, Dimitri Payet a réussi quasiment tout ce qu’il tentait ce dimanche. Son penalty, après six minutes d’atermoiements, est une réalisation parfaite, quasi innarêtable. Son second but est encore plus beau : un tacle rageur, un extérieur du pied pour lancer Lopez, un beau contrôle sur une passe puissante, deux dribbles, une frappe bien croisée.

« Dimitri a mis deux buts, mais il a aussi fait les efforts défensifs, a gardé les ballons et a fait jouer l’équipe », analyse Steve Mandanda. Pour Dario Benedetto, « c’était le meilleur joueur sur la pelouse avec Lopez, ce dimanche. » Jordan Amavi estime qu’il « fait du bien devant » et qu’il sublime toute l’équipe. Comme le dit Steve Mandanda, en guise de conclusion : « Quand on a un Dim’ comme ça, on ne peut qu’être performant. »

L’Euro comme objectif ?

Le problème, c’est que ce « Dim’ » là se fait rare. Et qu’il peut disparaître après un bon match, comme ça a souvent été le cas dans sa carrière. Sa forme physique est toujours incertaine : il semble encore afficher quelques kilos en trop. Il est sorti perclus de crampes, ce dimanche, en fin de rencontre. « C’était plus émotionnel que de la fatigue, je pense », tente-t-il de se rassurer. Dimitri Payet aura toute la trêve pour parfaire sa condition physique : il n’est pas convoqué avec les Bleus.

Pour les supporters de l’OM, l’échéance internationale qu’est l’Euro 2020, au printemps, est un motif d’espoir. Dans sa carrière, Dimitri Payet a toujours été plus motivé (et donc meilleur) quand il fallait gratter du temps de jeu en équipe nationale. Il en est sevré en ce moment : il n’a disputé aucune minute en bleu en 2019, et seulement 23 en 2018, contre 220 en 2017.

Mais Payet sait que l’adjoint de Didier Deschamps Guy Stephan vient régulièrement en observation au Vélodrome. Il croit donc en ses chances. Et il a bien raison. Car qui d’autre que Payet himself pouvait penser que cet audacieux extérieur du pied finirait dans la lucarne de Leipzig, un soir d’avril 2018 ?