VIDEO. OM: Contre Leipzig, la prestation stratosphérique de Dimitri Payet (ceci n'est pas une exagération marseillaise)

LIGUE EUROPA Dimitri Payet a été directement impliqué sur quatre des cinq réalisations de l'OM, et a marqué un but incroyable...

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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«Effectivement, force est de constater, cher ami, que j'ai signé une excellente performance ce jeudi. »
«Effectivement, force est de constater, cher ami, que j'ai signé une excellente performance ce jeudi. » — C. Paris / AP / SIPA
  • L'OM se qualifie pour les demi-finales de Ligue Europa après une victoire 5-2 face au RB Leipzig. 
  • Le capitaine marseillais, recrue la plus chère de l'histoire du club, a été à la hauteur de ce rendez-vous européen. 

Ce n’est pas toujours rassurant de voir un attaquant prolonger l’échauffement. Alors que tous les Marseillais étaient rentrés aux vestiaires, on a vu Dimitri Payet enchaîner les frappes des 30 mètres, sans jamais tromper Florian Escales. On s’est dit que le meneur de jeu Olympien manquait peut-être de confiance. Surtout qu’il sortait d’un non-match face à Montpellier. On s’est dit tout ça, et on l’a vite oublié.

Car Dimitri Payet a livré une prestation stratosphérique, ce jeudi. Il a éliminé quasiment à lui seul Leipzig (5-2). Sur le « à lui seul », on exagère évidemment. Thauvin (un but, une passe D) et Gustavo (100% de passes réussies) comptent aussi parmi les grands acteurs de cette soirée. Par contre, quand on écrit « stratosphérique », aucun début d’exagération.

Oh l’étincelle, oh la foudre (oh la célébration avortée)

Payet avait haussé le ton lors de la double confrontation contre Bilbao, avait rendu une copie très satisfaisante contre Dijon. Mais jamais, depuis son retour à l’OM, n’avait-on vu le Réunionnais à un tel niveau. C’était le Dimitri Payet international, celui du début de l’Euro 2016. D’ailleurs, il a bien cru marquer le même but que contre la Roumanie. Le fameux « oh la foudre, oh l’étincelle. »

Une frappe du gauche armée sèchement de l’entrée droite de la surface, en plein petit filet. Le Vélodrome explose, Payet court vers le banc et célèbre son but dans les bras de ses coéquipiers, Ocampos en première ligne. Dans son dos, l’arbitre a sifflé une faute de Mitroglou. Payet ne le voit pas, par contre, il apercevra d’un coin de l’œil le geste cruel de l’entraîneur Allemand Ralph Hasenhüttl, un petit « non » avec le doigt qui a bien cassé l’ambiance.

From sifflé au Vélodrome to titulaire à la Coupe du Monde real quick ?

Pas bien longtemps, d’ailleurs, car ce Payet-là n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. C’était de toute façon déjà lui qui avait donné la balle de l’égalisation sur corner (but contre son camp d’Ilsanker, 1-1). Lui aussi qui avait lancé la contre-attaque du second but d’une transversale délicieuse, qui a cassé les lignes avant que Sanson et Sarr (2-1) ne cassent les reins des défenseurs allemands. Et qui a adressé la passe décisive à Florian Thauvin (3-1) ? Payet, évidemment, d'un coup franc situé à peu près dans la zone d’où il s’était si longuement exercé à l’entraînement. Geste classique pour Payet, contrairement à ce but d’exception (4-2), qui a scellé la qualification marseillaise, cinq minutes après le but d’Augustin (et sa célébration arrogante face au virage).

Ce but, bon sang !!! On ne se lasse pas de regarder la vidéo. Le une-deux avec Thauvin est parfait, l’accélération de Payet impressionnante, son passement de jambes sous le nez d’Ilsanker royal. Et cet extérieur du pied dans la lucarne ? Indescriptible. « C’était le grand meneur de son équipe », résume sobrement Rudi Garcia, qui a cité Payet en premier, dans une longue énumération façon bulletin de notes. Il n’avait corrigé que des bonnes copies, de toute façon, ce jeudi.

Récapitulons, tout de même, celle de Payet :

  • Un but merveilleux.
  • Un but tout aussi délicieux, refusé.
  • Une passe D.
  • Une implication directe sur deux autres buts.
  • Même ses replis défensifs étaient impeccables, ce qui est suffisamment rare pour être signalé.

Forcément, cette hagiographie ne peut se terminer sans une projection : s’il finit la saison à ce rythme, Payet va composter sans souci son billet pour la Coupe du Monde en Russie. Y pense-t-il en se rasant ? « Je ne répondrai plus à cette question », nous a-t-il lâché. Un point langue de bois pour Dimitri. Un point poncif du football pour nous : il n’a pas tort, Payet. C’est sur le terrain qu’il faut s’exprimer.