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A Marseille, la ferveur pour l’OM s’exprime même aux enterrements

OM : Cendres dispersées au Vélodrome, survêts aux enterrements… A Marseille, la ferveur jusque dans la tombe

TOUSSAINTIl n'est pas rare qu'un supporter de l'OM demande à se faire enterrer avec un maillot. Certains fans veulent même que leurs cendres soient dispersées au Vélodrome (ce qui est illégal)
Jean Saint-Marc

Jean Saint-Marc

L'essentiel

  • A l’occasion de la Toussaint, « 20 Minutes » s’est penché sur les demandes – parfois originales – des supporters de l’OM, au moment de leur enterrement.
  • Le foot s’était aussi invité aux funérailles de Robert Louis-Dreyfus, ancien patron du club marseillais.

Une touche de bleu et de blanc dans une marée noire. Ce 8 juillet 2009, les huiles du foot français ont sorti leurs costumes les plus austères pour un dernier hommage à Robert Louis-Dreyfus, actionnaire principal de l’OM. Steve Mandanda, Lorik Cana et Mamadou Niang débarquent au crématorium de Davos en survêtement de l’OM et aimantent tous les regards. « C’est pas une tenue de d’enterrement », se dit d’abord Jean-Pierre Foucault, alors président de l’association OM et « naturellement en costard noir. » Puis il réalise :

« C’était surtout très émouvant. C’était la meilleure façon de lui rendre hommage. Il a autant aimé l’OM que l’OM l’a fait souffrir. Peut-être que pour les joueurs, c’était une tentative d’effacer toutes les déceptions que Robert avait vécues. » »

La scène a étonné les « VIP », dirigeants de clubs et autres banquiers d’affaires présents pour les funérailles du Suisse « RLD ». C’est plus commun à Marseille. « Je fais souvent référence à l’OM dans mes célébrations, explique le père Michel Roux. Que ce soit le football ou l’art lyrique, toutes les passions du défunt sont évoqués – tant que ça ne va pas à l’encontre de la Foi ou des bonnes mœurs. » Le foot n’est pas blasphématoire, surtout à Marseille. Rémi Matalon, ancien responsable d’une entreprise de pompes funèbres à Marseille, confirme avoir « souvent vu des proches en maillot de l’OM aux enterrements, en référence au fanatisme du défunt ».

« Jump » ou des chants de supporters au crématorium

Grégory et Romain n’avaient pas osé pour l’enterrement de leur oncle Sauveur, à Septèmes-les-Vallons : « J’avais opté pour du classique, j’ai peut-être eu peur de passer pour un idiot, raconte Romain. Le cousin qui a porté son maillot n’a eu aucun commentaire négatif et je regrette de ne pas l’avoir fait, car l’hommage aurait été encore plus beau si nous avions tous osé. » Sauveur avait « littéralement l’OM dans la peau » et s’est fait enterrer avec son écharpe. We are the champions a résonné dans l’Eglise.

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« J’ai déjà diffusé Jump de Van Halen pendant la cérémonie, embraye Bruno Borakovski, directeur du crématorium d’Aubagne. Des chants de supporters des virages du Vélodrome, aussi. » Il n’est pas rare, non plus, de voir dans les cimetières de Marseille des bouquets aux couleurs de l’OM ou des compositions florales en forme de stade de foot. « Il m’est arrivé plusieurs fois de mettre des capitons bleu et blanc à l’intérieur du cercueil », poursuit Rémi Matalon – qui a aussi mis « des bouteilles de pastis dans des cercueils » d’alcooliques, soit dit en passant.

Mais l’anecdote la plus dingue nous a été rapportée par Bruno de Chateauvieux, responsable du Service catholique des funérailles à Marseille. Il s’est d’abord demandé « s’il devait [nous] raconter ça », nous a précisé que c’était « glauquissime » et « évidemment interdit par la loi », avant de lâcher le morceau : « A deux reprises, des personnes m’ont avoué qu’elles allaient disperser les cendres du défunt sur la pelouse du stade Vélodrome. »