Dopage: Le nageur chinois Sun Yang risque jusqu'à 8 ans de suspension devant le TAS

NATATION L'affaire de l'échantillon détruit par le triple champion olympique chinois pourrit l'ambiance au sein de la natation mondiale depuis plus d'un an

N.C. avec AFP

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Sun Yang est au coeur de polémiques lors des Mondiaux 2019 de natation de Gwangju.
Sun Yang est au coeur de polémiques lors des Mondiaux 2019 de natation de Gwangju. — Mark Schiefelbein/AP/SIPA

Des mois que cette histoire traîne et pourrit l’ambiance au sein de la natation mondiale. Le Chinois Sun Yang, soupçonné de dopage et qui avait détruit son échantillon avec un marteau lors d’un contrôle inopiné en septembre 2018, va connaître son sort vendredi devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). L’homme aux trois titres olympiques ( Londres 2012 et Rio 2016) et onze titres mondiaux entre 2011 et 2019 risque de deux à huit ans de suspension.

Sun Yang « sera présent » à l’audience à Montreux (Suisse) et « il est prévu qu’il s’exprime », a indiqué à l’AFP Mathhieu Reeb, secrétaire général du TAS. C’est l’Agence mondiale antidopage (AMA) avait interjeté appel devant ce tribunal après que la Fédération internationale de natation (Fina) avait blanchi le nageur sur un vice de forme. Cette décision avait permis à ce dernier de participer aux Mondiaux de Gwangju, fin juillet, au cours desquels plusieurs nageurs avaient manifesté leur mécontentement et créé de grosses polémiques, comme avant eux Camille Lacourt en 2016.

L’AMA estime que le nageur a « volontairement refusé de se soumettre à un prélèvement ». L’audience qui s’ouvrira à 08h00 GMT pour se conclure vers 19h30, sera exceptionnelle à plus d’un titre. Pour la deuxième fois seulement dans l’histoire du TAS, et « à la demande de Sun Yang », a précisé le TAS, l’audience sera en effet publique et donc ouverte aux médias, alors qu’en général les affaires sont traitées à huis clos.

Les débats en direct sur Internet

De plus, les débats entre les trois juges-arbitres et les avocats de Sun, de la Fina et de l’AMA, seront retransmis en direct en streaming sur le site internet du TAS, totalement ou en partie. Enfin, pour faire face à l’afflux de médias, le tribunal a dû quitter son siège de Lausanne pour s’installer provisoirement dans un grand hôtel de Montreux. La seule et unique audience publique du TAS à ce jour concerna la nageuse irlandaise Michelle Smith de Bruin, en 1999, déjà pour une affaire de dopage.

Fin août, après avoir remporté deux nouveaux titres mondiaux à Gwangju, le nageur chinois avait qualifié d'« intolérable » la rumeur qui l’entoure depuis son contrôle antidopage. « L’opinion publique, mal informée, a dénaturé les faits », s’était-il défendu sur les réseaux sociaux. Véritable héros pour le peuple chinois, Sun avait ajouté avoir hâte de donner sa version des faits.

« Il y a quelque chose que je ne peux pas dire, je ne peux pas rendre la vérité publique. Mais heureusement, les caméras de surveillance ont tout enregistré, sinon je ne pourrais pas me défendre contre des accusations irresponsables », avait-il assuré. Vendredi, le nageur aura toute la journée pour révéler « la vérité » et tenter de convaincre de son innocence.