XV de France: Buffet très gourmand, martyr et soucis de réseau... On a suivi les premiers pas de Fabien Galthié à Montgesty

REPORTAGE Fabien Galthié était en terrain conquis ce mercredi dans le fief familial lotois de Montgesty (335 habitants), où il a inauguré son mandat de sélectionneur

Nicolas Stival

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Fabien Galthié dans la salle communale de Montgesty, dans le Lot, le 13 novembre 2019.
Fabien Galthié dans la salle communale de Montgesty, dans le Lot, le 13 novembre 2019. — Nicolas Stival / 20 Minutes
  • Fabien Galthié a rencontré la presse ce mercredi à Montgesty, son fief familial dans le Lot.
  • Ce petit village de 335 habitants a comme maire Jean-Noël Galthié, le père du nouveau sélectionneur du XV de France.

Il pleuvait mardi sur Montgesty, et ça devrait retomber jeudi. Mais en cette fin de matinée de mercredi, le village lotois de 335 habitants est baigné par un soleil pré-hivernal, comme pour saluer Fabien Galthié, l’enfant du pays. Depuis dimanche soir, le nouveau sélectionneur du XV de France était réuni en séminaire dans la ferme familiale avec le premier cercle de son staff, dans une version studieuse du Cœur des Hommes, où le Quercy aurait remplacé le Luberon.

Le travail terminé, une conférence de presse a été organisée dans la salle communale, le long de la rue principale, en face du monument aux morts où 25 noms sont couchés. Plus de 60 journalistes ont répondu à l’appel bucolique de l’ancien capitaine des Bleus, ainsi que des dizaines d’autres habitants des environs.

Le bâtiment, dont l’aspect défraîchi tranche avec la beauté des maisons en pierres blanches environnantes, a été prêté par Jean-Noël Galthié, le maire, et le père de Fabien. « C’est un événement qui sort des sentiers battus, juge l’édile de 73 ans qui, béret sur la tête, enchaîne les interviews. Cela donne un coup de projecteur sur le village et sur le Lot. Et puis, les rugbymen sont issus du terroir, pas seulement des centres-villes. »

Un saint et un sélectionneur

S’il a déménagé en famille à Tournefeuille, en banlieue toulousaine, alors qu’il n’avait que deux ans, le futur demi de mêlée columérin n’a jamais coupé le fil avec le village qui vit naître Saint Jean-Gabriel Perboyre (1802-1840), prêtre étranglé sur un gibet en forme de croix au centre de la Chine et canonisé en 1996. La statue du martyr trône devant la splendide église Notre-Dame-de-l'Assomption, à quelques pas de la salle communale où Galthié, accompagné du manager général Raphaël Ibañez, étrenne un mandat qui, pour certains de ses prédécesseurs, s’est transformé en chemin de croix.

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption à Montgesty, dans le Lot.
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption à Montgesty, dans le Lot. - Nicolas Stival / 20 Minutes

L’ambiance est détendue, quelques curieux regardent la scène depuis la rue à travers les vitres. Volontiers taquin avec les journalistes de sa connaissance, l’ancien coach du Stade Français, Montpellier et Toulon plaisante sur la couverture téléphonique plus qu’aléatoire. « Pendant le séminaire, on pouvait garder nos portables allumés, ils ne sonnaient pas ! »

Pendant la conférence, les tables crissent, les verres tintent

Puis, par groupes de trois, les membres du staff, assis sur la petite scène de la salle, viennent discuter avec les médias, debout en contrebas. Pendant que l’ancien manitou de la défense galloise Shaun Edwards répond avec application en français aux questions que la presse lui pose en anglais, les tables crissent, les verres tintent et certains confrères grincent.

Le traiteur et son équipe installent le « buffet très gourmand », annoncé par Galthié dans son invitation aux médias. Promesse tenue, entre gigot d’agneau, magret de canard sur canapé, cabécou, rouleau de printemps au foie gras arrosé de Cahors. Tout est lotois, sauf (forcément) les huîtres. Quelques mignardises et un peu de champagne plus tard, la foule s’éclaircit.

Un buffet lotois de bon aloi.
Un buffet lotois de bon aloi. - Nicolas Stival / 20 Minutes

L’après-midi commence. Les journalistes partent chercher du réseau pour envoyer leurs papiers, leurs sons ou leurs images tandis que Galthié et son staff rejoignent Cahors, à une vingtaine de kilomètres, où les attendent les U12 de l’école de rugby pour un entraînement forcément spécial.

Jean-Marie et son jeune fils ont eu le temps de faire quelques photos avec le héros des lieux et ses lieutenants. « Cela fait plaisir de voir quelqu’un du coin, sourit le sexagénaire, venu avec d’autres anciens du rugby de Frayssinet-le-Gélat, un village voisin. Quand Fabien était jeune, il s’entraînait parfois avec nous et il nous mettait de ses valises… Et puis les gars avec lui sont agréables, comme [William] Servat. Ils sont abordables, ils n’ont pas pris la grosse tronche. »

Jean-Noël Galthié lui, n’espère plus qu’une chose : le retour de son fils auréolé de gloire avec la Coupe du monde, dans quatre ans. En attendant, l’édile range les dernières chaises avant de fermer à clé la salle communale. Au revoir Montgesty et son menhir de Courtis, théâtre de sacrifices humains, selon une légende locale qui vaut ce qu’elle vaut. Lieu du prochain rendez-vous avec la presse, début décembre ? Toujours pas le centre national de Marcoussis, dans l’Essonne, mais un coin des Landes entre Dax et la côte, au pays de Raphaël Ibañez.